SOMMAIRE
Introduction
1-Méthodologie
2-Définition des concepts
3-Evolution de la politique socio sanitaire au Mali
4-Facteurs socioéconomiques et démographiques
5-Facteurs socio culturels
6-Limites et insuffisances de la médecine conventionnelle.
7-Cadre législatif , institutionnel et organisationnel des herboristes et tradipraticiens de santé
8-Maladies traitées par les femmes herboristes
9-Plantes proposées pour la guérison des maladies
10-Liens entre les femmes herboristes et le malade
11-Perceptions des enquêtés sur la médecine traditionnelle et la médecine moderne
12-Pharmacopée tradtionnelle et mondialisation
Conclusion
Bibliographie
RESUME :
En Afrique, le recours à la médecine et à la pharmacopée traditionelle est une pratique très courante dans les campagnes et même dans les villes. Au Mali plus de 80% de la population font recours à la médecine et la pharmacopée tradtionnelles dans les soins de santé primaire. Cette situation pourrait s’expliquer par la pauvreté des populations, l’insuffisance d’infrastructures et de personnel socio-sanitaire en médecine moderne, les considérations religieuses ou superstitieuses , etc.
En dépit des progrès réalisés dans le domaine de la médecine occidentale (formation de personnel, construction et équipement d’infrastructure), peu de gens ont pris du recul vis à vis de la médecine traditionnelle. Bamako, la capitale du Mali qui concentre le maximum de centres de santé et de pharmacies des plus petits aux plus grands n’échappe pas cette règle.
Toutes les catégories socio-professionnelles y sont concernées (hommes, femmes, jeunes, vieux, riches, pauvres analphabètes, intellectuels).
Pour illustrer le phénomène, le cas des femmes herboristes sert d’exemple. Les femmes herboristes offrent des produits à base de plantes médicinales destinées aux clients (malades, tradipraticiens de santé et autres usagers)
Elles connaissent l’utilité médicinale des plantes et font aussi le traitement des malades. Leur clientèle ne cesse de croître dans un monde en pleine mutation en faveur du modernisme.Il s’agit, dans cette communication, d’observer et d’analyser les raisons d’une telle situationUne enquête opérée auprès des Femmes Herboristes a permis de récolter les informations dans les différents marchés des six (6) communes du District de Bamako./-
Introduction
En vue d’une satisfaction des populations en matière de santé , l’Etat malien a consenti des efforts pour le renforcement et l’amélioration de sa politique de médicament sur l’ensemble du territoire national aux plans structurel et conjoncturel.
Tout cela se passe dans un contexte de démocratisation, de décentralisation et de libération en renovant l’administration la gestion , par une participation plus accrue des communautés.
Entre autres , il faut citer la création des centres de santé communautaires, la promotion des produits génériques sous forme de DCI ( Denomination Commune Internationale ) dont le coût est moindre, le recouvrement des coûts de santé, la promotion des médicaments traditionnels améliorés.
Le District de Bamako se retrouve aujourd’hui avec un CESCOM par quartier ou par groupement de quartier plus trois hôpitaux nationaux et des cabinets de soins privés. Le nombre de pharmacie dépasse la centaine ; La réduction des taxes fiscales, l’information, éducation, communication sur les médicaments, la formation des agents de santé sont des mesures d’accompagnements du secteur pharmaceutique et de la politique socio sanitaire.
En dépit de ces investissements multiples, l’automédication, la vente des médicaments par terre sont loin d’être maîtrisées. Le recours à la médecine et la pharmacopée traditionnelles africaines est loin d’un recul en villecomme dans la campagne.
Bamako le plus grand centre urbain du pays n’échappe à cette règle
Dans cette communication il s’agit de savoir pourquoi les gens malgré le dévéloppement de la médecine moderne ou conventionnelle font recours à la pharmacopée traditionnelle en général et aux plantes médicinals en particulier.
Le cas des femmes herbonistes du District de Bamako permet d’illustrer cette situation.
Quelles sont les maladies qu’elles guérissent ? quelles sont les plantes utilisées pour guerir ces maladies ?
Une enquête opérée auprès des femmes herboristes dans les differents marchés des six communes du District de Bamako édifie à ce sujet.
1-Méthodologie
Pour la mise en œuvre de cette étude 150 femmes herboristes installées dans les differents marchés du District ont été enquêtées.
Les rapports femme herboriste client, l’état des étalages et des produits (nature , conservation) a fait l'objet d'observation.
Le recueil de témoignage de certains clients et la lecture documentaire complètent les différentes informations.
2- Définition des concepts.
2 .1-La médecine traditionnelle définie par un groupe d’experts de l’OMS en 1976 à Brazzaville (Congo) est l’ensemble de toutes les connaissances, de toutes les pratiques explicables ou non , utilisées pour diagnostiquer, prévenir ou éliminer un deséquilibre physique, mental ou social en s’appuyant sur l’experience vecue et l’observation transmise de génération en génération, oralement ou par écrit.
2 .2 -Le tradipraticien de santé ou thérapeute traditionnel ou guérisseur est la personne reconnue par la collectivité dans laquelle elle vit comme compétente pour dispenser des soins grâce à l’emploi des substances d’origine végétale, animale ou minerale et / ou des pratiques basées sur un fondement socioculturel ou religieux.
2 .3 – L’herboriste est une personne ayant une connaissance approfondie des propriétés curatives des plantes qui vit de la vente de celles-ci et qui est généralement installée dans un marché urbain où il amenage son étalage à la manière des rayons d’une officine de pharmacie.
En afrique coexistent toujours très fortement la médecine traditionnelle et la medecine moderne .La médecine moderne est acceptée, réglementée. Son enseignement est ouvert .La médecine traditionnelle est tolerée .Sa transmission est initiatique.
2 .4 - Une pharmacopée est en fait un ouvrage où ne trouvent codifiées les formules de préparation des médicaments, les techniques d’analyses, de caracterisation et d’identification des substances pharmaceutiques . ( P.6 ) de la revue de médecine traditionnnelle au Mali du Professeur KONARE 1979.
3-Evolution de la politique socio sanitaire au Mali
La nouvelle option de démocratisation et de décentralisation offre au système sanitaire malien de grandes opportunités de changements qualitatifs et quantitatifs dont le problème crucial de l’accès de toute la population aux soins de santé primaire et aux medicaments de bonne qualité.
Le stratégie de dévéloppement sanitaire est parti du concept de soins de santé primaire adopté par la conférence mondiale d’Alma – ATA en 1978 . Elle consiste au renforcement de la participation communautaire à la gestion du système, la poursuite des principes de l’initiative de Bamako adopté dépuis 1987, le création et la gestion des centres de santé communautaire:
(CESCOM) . Le CESCOM composé d’un dispensaire, d’une maternité et d’un dépôt pharmaceutique doit méner le paquet minimum de santé.
Les coûts des consultations, des ordonnances reviennent moins chers, la politique pharmaceutique basée sur les médicament en DCI (denominination commune internationale) , le recouvrement des coûts de prestation et des medicaments permet de pérenniser le système.
Le programme de développement sanitaire et social ( PRODESS ) en cours dépuis 1998 est conçu apporter des solutions rapides et efficaces aux problèmes sanitaires et sociaux qui affectent des maliens les investissements déjà réalisés et futurs sont très considerables (infrastructures, équipement sanitaire, approvisionnement en médicaments, developpement des ressources humaines, l’information éducation communication pour des pratiques médicales modernes ou conventionnelles.
A la lumière de ces réalisations et parallèlement à elles , se développent d’autres formes de médecine plus ou moins incontrôlées dans le marché des prestations et des médicaments (l’automédication , la vente des médicaments par terre , la médecine et la pharmacopée traditionnelles comme réponse à une crise de santé . Cette situation se précise davantage si l’on considère la fréquentation accrue des femmes herboristes par les differentes catégories sociales en occurrence les femmes avec leurs enfants.
Pourquoi les gens font recours à la pharmacopée traditionnelle africaine ?
Les raisons sont d’ordre socioéconomique, démographique et socioculturel .
La médecine traditionnelle suscite un engouement auprès de la population à tous les niveaux du fait qu’elle est la sécretion même de notre milieu socio-culturel.
4- -Les facteurs socio économiques et démographiques :
Les africains quelque soit leur rang social quelque soit leur niveau d’instruction restent attachés à leur tradition et ont souvent recours à elle à chaque fois que la nécessité s’impose. Au Mali 80% de la population font recours à la médecine traditionnelle dans les soins de santé primaire .
Les femmes herboristes sont spécialistes de la pédiatrie dans le secteur traditionnel , de la santé de la mère et de l’accouchement.
Les femmes et les enfants constituent les couches les plus fragiles et les plus nombreuses de la population ce qui les confére une clientèle assez nombreuse. Elles sont sollicitées pour la prévention et le traitement des maladies et approvisionnent la population et d’autres groupes de thérapeutes ( guérisseur, chasseur, charlatan voyant …) en plantes medicinales.
Le coût du traitement est moins cher. Un traitement de 200F peut atteindre 6000 à 10 000F francs dans une clinique. Le frais de consultation est compris dans le tarif global du traitement ou de la vente des plantes. La remunération des prestations est symbolique peut se faire en nature ou en espèce. Le malade après guérisson peut faire un cadeau en guise de reconnaissance.
L’accessibilité économique, le court circuit de traitement constitue un facteur déterminant dans une société en proie à la pauvreté ( salaire très bas, sous- emploi , chômage , mauvaise récolte …)
La programme d’ajustement structurel, l’entrée du Mali en zone FCFA, la dévaluation , la liberation des prix ont contribué à la dégradation des conditions socioéconomiques et du pouvoir d’achat des maliens et à la montée flambante des prix de médicaments et des produits importées en général. Les aléas climatiques repetés ont aussi frappé tout le pays, le monde rural en particulier qui constitue 80% de la population. L’exode vers les centres urbains à Bamako en particulier, du monde rural en charge aux populations citadines joua un impact négatif sur le niveau de vie des familles d’accueil et la configuration démographique de la ville.
Il s’en suit aussi un transfert des habitudes villageoises de consommation et de pratique sanitaire (recours aux plantes médicinales) dans le milieu urbain.
5-Les Facteurs socioculturels
Le Mali est un pays riche de son histoire, de sa tradition de sa culture. Bamako la capitale est le lieu de rencontre de toutes les éthnies et catégories socio professionnelles . A l’instar des autres villes africaines bon nombre de familles à Bamako selon le milieu d’origine et l’expérience vécue détiennent un minimum de connaissances éthnobotanistes et une tradition d’automédication en payant la plante chez un herboriste en cas de maladie.
Les perceptions cosmogoniques du mal , les croyances religieuses ou supertitieuses l’analphabétisme de la majeure partie de la population renforcent cette tendance.
Le diagnostic d’une maladie peut se faire souvent chez un voyant ou un charlatan de même que chez un herboriste.
Les plantes sont utilisées pour soigner un deséquilibre, mais aussi la protection des sujets en bonne santé contre les ennemis, les sorciers, les esprits malveillants.
La préparation des produits aphrodisiaques à base végétale constitue d’autres recettes de la pharmacopée africaine.
Au de là de la santé physique ou mentale, les plantes sont utilisées à des fins de promotion , de réussite ou de chance.
Face à ces convictions et besoins multiples d’une clientèle nombreuse et hétérogène les femmes herboristes sont beaucoup sollicitées ce qui rend leur reconversion difficile. Elles sont soucieuses de la sauvegarde de leur patrimoine culturel et les liens sociaux .
La profession des femmes herboristes au Mali est encore à l’abri du mercantilisme contrairement à d’autres marchands de santé dans les differents types de médecine.
6- Les limites de la médecine conventionnelle.
Les femmes herboristes, les thérapeutes traditionnels reçoivent des malades déçus de la médecine moderne. Sans opposer à elle , la médecine traditionnelle est une alternative à la médecine moderne ou conventionnelle. Après un échec dans les grandes centres hospitaliers le malade peut regagner sa santé de façon souvent miraculeuse et peu onereuse à l’issue d’un traitement traditionnel. Les femmes herborites sont aussi beaucoup sollicitées dans les cas d’accouchements compliqués.
Le faible équipement des centres de santé, les insuffisances liées au personnel (formation, la corruption, la discrimination, l’absentéisme, l’arrogance des agents ---) le coût élévé des prestations et des médicaments et leur mauvaise qualité (manque de contrôle systématique et d’un conditionnement adéquat) le long circuit du traitement (consultation, analyse, ordonances, transport et déplacement).
Le constat est que le pari de la politique sectorielle de santé
<< santé pour tous en l’an 2000 >> est loin d’être une réalité pour le citoyen malien de surcroît dans le plus grand centre urbain qu’ est Bamako.
7- Cadre législatif , institutionnel et organisationnel des herboristes et tradipraticiens de santé
Le recours à la médecine et à la pharmacopée traditionnelles africaines en occurrence l’utilisation des plantes médicinales au Mali, de part l’importance de sa place dans les soins de santé primaire, bénéficie d’une certaine légitimité et d’une légalité par le gouvernement malien. L’exercice du métier est réglementé par les autorités. Il existe un département de médecine traditionnelle (DMT) rattaché à l’institut de recherche en santé publique (INRSP) à Bamako. Ce département collabore avec les tradipraticiens de santé et herboristes. Ceux-ci pour la plupart sont organisés au sein des associations mixtes à l’intérieur du pays et à Bamako. Parmi ces associations on peut citer l’association des thérapeutes traditionnels et herboristes de Bamako- (ATTHDB).
Il existe une fédération nationale des thérapeutes traditionnels y compris les herboristes, qui regroupe les differentes associations locales.
A Bamako les femmes herboristes sont installées dans les différents marchés où elles exposent leurs produits et font aussi le traitement des malades.
Il existe une collaboration entre la médecine moderne et la médecine traditionnnelle.
L’Etat malien œuvre à la promotion des médicaments traditionnels améliorés dans sa politique de renforcement pharmaceutique.
Certains médicaments traditionnels sont en vente dans les officines de pharmacie.
8-Les maladies traitées par les femmes herboristes
Il s’agit des maladies infantiles ( fièvre , paludisme , maux de tête, maux de ventre , poussée de dents ,diarrhées , maladies respiratoires , ORL , conjonctivite , etc ) et de la mère ( les maux de ventre , les maladies urogénitales , les maux de sein , courbatures, les soins pré et post natals et les accouchements etc ).
Quelques exemples de remède à base de plantes :
Nom scientifique ( N S ) : Combretum micrantum. Nom Bambara ( N B): N’golobè
Utilisation : boire une décoction de cette plante , on traite ainsi le paludisme (sumaya)
N S : Combretum glutinosum . N B : cangarableni
Utilisation : Une décoction de ces feuilles ou rameaux feuillés bue traite la dysenterie (tokotokoni)
N S : Nelsonia canescens Lam N B : Kononi ka dulo
Utilisation :faire boire et laver le nouveau –né avec une décoction de cette plante est le traitement d’une maladie mortelle chez l’enfant dont les vaisseaux sanguins s’affaissent et noircissent d’ou le nom « fils noirs » des nouveaux nés (en Bambara)
N S : Tamarindus indica N B : N’tomi
Utilisation : Une toilette des yeux durant trois à quatre jours avec décoction de feuilles et d’écorce de cette plante traite efficacement les conjonctivites. Le jus du fruit pris à jeûn le matin avant de manger guérit la constipation (konoja)
N S : Zizyphus mauritiana N B : N’tomono
Utilisation : Une consommation de la poudre des racines ou de leur décocté traite les maux de ventre (konodimi)
N S : Ximenia americana N B : N’tonkè
Utilisation : La poudre ou la décoction des feuilles ou de l’écorce servent à traiter les infections de la langue chez les bébés.
Un proverbe Bambara dit : « l’arbre ne ment pas, c’est l’homme qui peut se tromper. » Celà atteste toute la confiance des populations à la vertu des plantes médicinales.
Le rôle des plantes est très important dans le traitement des différentes maladies. Les espèces floristiques utilisées par les populations dans le cadre de la médecine traditionnelle sont consignées dans le tableau ci-après :
Espèces végétales utilisées dans la médecine traditionelle
Nom scientifique
Nom Malinké
Famille
Maladies
1. Afrormosia laxiflora – (Benth) Harms
Koulikouli
Papilionacées
Gastro-entérites, fièvre, dysentéris, toux, fatigue générale, asthénie sexuelle, entorses, mal de coeur, maux de rein, hernies, douleur poste parfum
2. Butyrospermum partii- (Gaernt) Kotschy
Sié
sapotacées
Gastro- entérites, céphalées, diarrhée, paludisme, toux, vomissement, asthénie physique, rhumatisme, onclocercose, angine, panaries, hémorroïdes, luxation, plaies
3.Cassia alata – Linn.
Kô ntaba
caesalpiniées
Constipation
4.Cassia siberiana – DC
Sinjan
caesalpiniacées
Fièvre, paludisme, toux courbature, rhumatisme, vertiges, maux de rein, inflammationdes seins
5.
6. Cochlospermun tinctorium- N.Rich
Triba ou Troumba
cochlospernacées
Gastro- entérites, paludisme, ictère, constipation, carie dentaire, mal de dos
Acacia seyal – Del.
Zadié
Mimosacées
Lépré
8. Acacia macrostachya – Rech. Ex Benth
Wandidinma
warassa
Mimosacées
Dysenterie, carie dentaire,
9. Anogeissus leicarpus-
(DC) Guil-Per
Kéré ou kérékété
Combretacées
Gastro –entérites cephalées, paludisme, dysenterie, ictère.
10. Bombax constatum- Pell.Et Vuill.
Bounboun
Bombacacées
Carie dentaire, céphalées
11. Cordyla pinnata – (lepr.) Milne-Redh
Dougoura
Papilionacées
Gastro –entérites, fiévre, paludisme, rhumatisme
12. Crossopteryx fébrifuga- ( Afr) Benth
Balembo
Rubiacées
Gastro –entérites, toux, asthénie physique, conjontivite.
13. Daniella oliverti (Rolfe) hut
Sandan
Caesalpiniacées
Gastro-entérites, céphalées, ictère, asthénie physique, asthénie sexuelle, stérilité masculine
14. Detarium microcapum-Gill et perr.
Tamba ou Tambo
Caesalpiniaceées
Gastro-entérites, diarrhée et dysenterie, paludisme, constipation, plaies, maux de rein, panaris, luxation, rhumatisme
15. Fagara xanthoxyloïdes - Lam
Wo ou Wu
Rutacées
Gastro-entérites, carie dentaire, dermatoses, parasitoses intestinales
16. Ficus gnaphalocarpa – (Mig) Steud
Toro ou Sititoro
Moracées
Flatulence, délivrance, épilepsie
17. Ficus iteophylla - Mig
Siéko
Moracées
Dermatoses
18. Gardenia ternifolia – K.Schum
Nbourentiè
Rubiacées
Ictère, stérilité masculine, palpitation
19. Guierra sénégalensis- J.F. Gmel
Kakanlan
Combretacées
Fièvre, asthénie physique, rhumatisame, gonococcie, dermatoses
20. Lannea acida- A.Rich
Fégouningulèn
Anacardiacées
Diarrhée, plaies
21. Lannea velutina – A.Rich
Fégouganiè
Anacardiacées
Céphalées, conjonctivites
22. Mitragina incermis-(Wil) O.Kze.
Jun
Rubiacées
Fièvre, mal de poitrine, paludisme
23. Naucléa latifolia- Sm
Badi ou Baro
Rubiacées
Gastro- entérites, fièvre, paludisme, ictère, toux, vomissement, délivrance, poussée dentaire, rhume, dermatoses, otites, hernies, impuissance sexuelle
24. Opilia celtidifolia-G. et P.
Kôrongoyi
Opiliacées
Gastro- entéries, céphalées, constipation, flatulence, mal de poitrine, insuffisance urinaire
25. Piliostigma thonningii-Milne-Redh
Fara ou Niama
Caesalpiniacées
Fièvre, toux, fatigue générale, rhume, Palu, onchocercose, mal du cou, poussée dentaire,
26. Prosopis africana – G. et P.
Guélendin
Guélé
Minosacées
Gastro-entérites céphalées, toux, asthénie sexuelle, stérilité masculine .
27. Pterocarpus erinaceus – P.
Guénou
Papillonacées
Gastro-entérites, fièvre, paludisme, asthénie physique, palpitation, impuissance sexuelle, plaie, gonococcie, démangeaison, mal de genou
28. Saba senegalensiss – A.DC
Saban
Apocynacées
Gastro-entérites, dysenterie, toux, conjonctivite, paralysie des enfants, hernies
29. Sclerocarya birrea – A.R.H
Kountan ,N’Guna
Anacardiacées
Mal de poitrine, gonococcie
30. Nelsonia canescens - Preng
Kônodinladôlô
Composées
Gastro-entérites, fièvre, paludisme Hémorroïdes
31. Sterculia setigera - Del
Koungo sita
Hémorrïdes
32. Stereospermum kunthiamum - G
Môgoyiri
Sterculiacées
Gastro-entérites, fièvre, impuissance sexuelle, épilepsie
33. Tamarindus indica - L
Tombi ou Tomi
Caesalpiniacées
Fièvre, paludisme, asthénie sexuelle, plaies, constipation
34. Vepris heterophylla –R.Let .
Kinkéliba
Rutacées
Gastro-entérites, constipation
35. Walteria indica –L.
Dabada
Sterculiacées
Carie dentaire
36. Ximenia americana-L.
Siènè , N’Tongué
Oliacées
Toux, absence ou retard des règles, carie dentaire, conjonctivite, angine, plaies
37. Ziziphus mauritiana - Lam
Tomboron
Rhamnacées
Gastro-entérites, diarrhée, toux, hernies, dysenterie
38. Securidaga longepedunculata – Fres
Dioro , dioutou
Rhamnacées
Céphalées, flatulence, courbature, asthénie physique, gonococcie, morsure de serpent, douleur de la colonne
39. Annona seneglensis – Pers .
Sounsoundiè
Annonacées
Gastro-entérites, céphalées, constipation, vertige, carie dentaire, flatulence, rhume, dysenterie, conjonctivite
40. Cordia mixa- Linn.
Darama
Boraginacées
Paludisme, vulvo-vaginite de la femme enceinte
41. Khaya senegalensis – Jus
Diala ou Dialo
Méliacées
Gastro-entérites, impuissance sexuelle, dermatose, anémies, onchocercose, rhume, asthme
42. Vieux madiensis – Oliv.
Koutoudin
Verbenacées
Gastro-entérite, diarrhée, épilepsie
43. Citrus aurantifolia -
Lemouroucoumouni
Rutacées
rhume
44. Carica papaya – Linn
Papayé
Caricacées
Ictère, céphalées
45. Mangifera indica – Linn.
Mangoro
Anacardiaceées
Céphalées., toux
46. Spondias mombin – Linn.
minkon
Anacardiacées
Onchocercose
47. Parkia biglobosa – (Jacq)
Nétè , Nèrè
Mimosacées
Fièvre, ictère, toux, mal de thorax
48. Strychnos spinosa- Lam
Kéra
Loganiacées
Fièvre, gonococcie,
49. Adansonia digitata – Linn.
Sita , Sira
Bombacacées
Gastro-entérites, céphalées, toux, anémie des enfants
50. Diospyros mespiliformis-
Diomba ou
Ebénacées
Œdème de la femme enceinte, délivrance,
Hoscht.
Sounsounfin
Onchocercose, hernie
51. Cymbopogon giganteus – Chiov
Kogniorè ou tièkala
Graminées
Gastro-entérite, paludisme, courbature, carie dentaire, délivrance, douleur de la colonne vertébrale, hernie, gencives, ictère céphalées, constipation, douleure post partum
52. Terminalia macroptera – G. et Perr.
Wôlô ou wôrô
Combretacées
Dysenterie, toux, absence ou retard des règles
53. Andropogon gayanus – Kunth..
Wago
Graminées
Douleur post parfum
54. Oxytenanthera abyssinica – Muro
Bô
Graminées
Gastro-entérites
55. Entata africana – Guill. Et perr.
Djibidjabi
Mimosacées
Vomissement, vertige, maux de thorax, plaie
56. Pennisetum pedicellatum- Trin
Bara
Graminées
Paludisme, toux, ictère, plaie, conjoctivite, flatulence
57. Dichrostachys glomerata- Chiov
Guiliki
Mimosacées
Céphalées
58. Pteleopsis suberosa – Engl.
Térendin
Combretacées
Gastro-entérites, poussée dentaire, toux, carie dentaire, rougeole, hémorröde
59. Helalobus monopetalus – Engl. Et Diels.
Foyofaya ou Fuganian
Annonacées
Fièvre, céphalée, insufficance urinaire
60. Lannea microcapa – Engl. Et Kr
Fégouba ou Bembé
Anacardiacées
Gastro-entérites, constipation,
61. Ceiba pendandra – Lam
Bantan
Bombacacées
Toux. Stérilité masculine
62. Burkea africana – Hook.f.
Guélemba
Caesalpiniacées
Toux, stérité masculine, rhumatisme, diarrhée
63. Landolphia heudelotii – DC
Sambè ou goï
Apocynacées
Fièvre, toux
64. Acacia polyacantha – (Willd.) Var.
Gorogorin
Mimosacées
Courbature, poussée dentaire, rhume, asthme
65. Psidium guayava – Linn
goyaki
Myrtacées
Toux
66. Ozora insignis – Del.
Kalakati ou Kalakato
Anacardiacées
Toux, fatigue générale
67. Carapa procera – DC.
Kobi
Méliacées
Gastro-entérites, plaies , morsure de serpents, parasitoses intestinales
68. Vernonia colorata-(Will.) Drake
Kossafunè
(Asteracées)
Fièvre, paludisme, rhume
69. Pavette crassipes K.Schum.
Kumuboulou
Rubiacées
Poussée dentaire
70. Afzelia africana – Pers
Lengué
Caesalpiniées
Gastro-entérites, Onchocercose, asthénie physique, hernie
71. Lofira lanceolata – Keay.
Mana ou Manaba
Ochnacées
Kwashiorkor, paludisme, mal du thorax
72. Ochna afzeli – Oliv.
Manakèni
Ochnacées
Poussée dentaire
73. Combretum molle – G. Dom.
Nganianka
Combretacées
Fièvre, dermatoses
74. Cacia occidentalis – Lim
Baranbaran
Caesalpinitées
Fatugue générale, grastro-entérites, constipation, ictère
75. Cola cordifolia R.Br.
Ntaba
Sterculiacées
76. Ficus dicranostyla- Mildbr .
sourou
Moracées
Céphalées
77. Raphia soudanica – A. Chev.
Ban
Cycadacées
Gastro-entérites, gonococcie, dracunculose, bilharziose
78. Terminalia avicennoïdes Guill. Et Perr.
Wôlôtièni
Combretacées
Gastro-entérites,
79. Cussonia arborarea – A. Rich
Bolokoutoun
Araliacées
Gastro-entérites,
80. Imperata cylindrica – Beauv.
Doli
Graminées
Fièvre
81. Tribulus terrestris – L.
Mousokotonidioulo
Fougères
Fièvre, courbature, asthénie physique
82. Bridelia ferruginea – Benth.
Dafin
Euphorbiacées
Céphalées, carie dentaire,
83. Elaesis guineensis – Jacq.
Tén
Cycadacées
Diarrhée, ictère
84. Combretum glutinossum –DC
Diamakatan
Combretacée
Paludisme, gonococcie, mal du thorax
85. Terminalia albida – Sc.Elliot
Wôlôguèni
Combretacées
Flatulence
86. Boscia angustifolia – A. Rich.
Kékotolénkoulo
Capparidacées
Rhume
87. Acacia albida – Del.
Balazan
Mimosacées
Ictère, constipation
88. Indigofera sp
Gara wanda
Ictère
89. Maytenus senegalenis – Exell
Tôrè
Celastracées
Gonococcie, anémie des enfants
90. Holarrhena africana ADC.
Noumoudiou ou dindiakoundiè
Apocynacées
Kwashiorkor
91. Cissus quadrengularis L.
Wouloudiôlôkô
Ampélidacées
Onchocercose.
9-Les liens entre les herboristes et le malade
Les femmes herboristes réservent un accueil très chaleureux pour leurs clients. L’entretien se fait en langue vernaculaire et le message du diagnostic et de la posologie est vite compris par le patient .
Elles sont âgées en général ( de 35 à 72 ans ) humanistes , orthodoxes dans les règles de l’art , créent un climat de sécurité, d’affection et de confidentialité autour du malade.
Par exemple : une herboriste dira à un bébé garçon , mon mari (à l’instar de tous ces petits fils) et à une fille ma coépouse pour plaisanter.
Elle dira à un jeune homme ou à un adulte << mon père >> par respect du masculin.
Le lien de parenté à plaisanterie peut permettre à un malade de bénéficier gratuitement des services ou d'une grande réduction du tarif initial.
La profession des femmes herboristes au Mali est encore à l’abri du mercantilisme contrairement à certains marchands de santé dans les differents types de médecine.
Les femmes herboristes de part leur humanisme et le respect qu’elles accordent aux malades entretiennent des rapports durables avec leur clientèle .
10- Perceptions des enquêtés sur la médecine trationnelle et la médecine conventionnelle
Au cours de leur entretien avec les femmes herboristes, ou causerie débat certains malades ou parents de malade ont donné leur opinion par rapport à l’accessibilité et l’efficacité de pratiques médicales (médecine traditionnelle et médecine moderne).
1- Ménagère (35ans) – Mon enfant souffrait, de fièvre nocturne .
J’ai payé toutes les ordonnances qui lui ont été prescrites mais il n’est pas guéri. Ma belle mère m’a conseillé d’aller chez l’herboriste, la vieille B.W. Elle a administré trois bottes de plantes differentes. Après trois bains suivis de boisson, l’enfant est totalement guéri.
2 -Vieux chauffeur (56 ans) - Le blanc n’a pas de remède pour le paludisme.
Il ne dispose que des calmants. Les meilleurs traitements du paludisme que j’ai subis , sont à base de plantes médicinales.
3 - Professeur d’enseignement supérieur (47 ans) = Les produits chimiques (medicaments) sont plus nocifs que les plantes médicinales. Les agents de santé qui tâtonnent, administrent souvent des antibiotiques aux effets secondaires irréversibles.
Leur toxicité présente un grand danger.
4 - Maraîcher (28 ans) : Je n’arrivais pas à dormir la nuit.Après toutes les analyses rien n’a été détecté. Après trois bains (décoctions) mon mal est fini à jamais.
5 - Vendeuse de condiment (42 ans) : Les enfants lavés aux plantes résistent mieux et sont très peu malades , par contre les enfants traités à la chimie (sirop, vaccination, comprimés) sont très fragiles malgré leur rapide croissance.
6 - Géomancien (52 ans) En Afrique toutes les maladies (celles volontairement provoquées par les personnes mal intentionnées ) ne guérissent à l’hôpital. J’ai traité des gens riches et bien placés dans l’administration à l’aide des plantes. Ils avaient fait le tour des hôpitaux en France, au Japon sans satisfaction .
7 -Lave-garde 28 (ans) Ma femme souffre d’ulcère. Le médecin traitant demande 10 000 Fcfa pour la consultation, sans les ordonnances.
Alors , qu’est ce qu’on va manger après , si tout est lié à un petit salaire. Seuls les thérapeutes traditionnnels restent le dernier recours.
Si ces avis sont favorables à la médecine traditionnelle certains enquêtés soutiennent plutôt la médecine conventionnelle.
1- Lycéenne (17 ans) Les médicaments tradtionnels sont sans dose . Leur excès peut tuer.
2 - Commerçant (34 ans) = Le bon traitement c’est avec les privés (cliniques).
Ces mêmes docteurs travaillant dans le public t’obligent à aller te soigner dans leur propre centre pour un traitement adéquat.
3- Comptable (31 ans) = Avec le docteur, le diagnostic est clair et le traitement est rapide.
NB : si les consultations à la médecine moderne se font de façon ouverte, la fréquentation des thérapeutes traditonnels et herboristes est souvent organisée de façon voilée. En fait,
tous les consommateurs des produits de la pharmacopée ne veulent pas se faire voir au grand jour.
11- Pharmacopée traditionnelle Africaine et Mondialisation
Le Mali à l’instar des autres pays africains est à la croisée de la mondialisation caractérisée par le modernisme ou la suprêmatie des valeurs occidentales. Apportera t-il ses pratiques médicales ancestrales à la civilisation universelle ?
En tant que tel, cela signifierai une promotion des produits et savoirs locaux africains. La collaboration entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne favorise un tel élan par la promotion des médicaments traditionnels améliorés qui enrichissent la gamme des médicaments scientifiquement acceptés ou reconnus par les principes cartésiens.
Sur le plan social , la médecine conventionnelle reste tributaire du savoir être des thérapeutes traditionnels et herboristes en particulier, créant toute une ambiance, une chaleur affective autour du malade. C’est de là que le métissage entre les deux pratiques pourra avoir tout son sens – Les limites et insuffisances de part et d’autre pourra se corriger mutuellement.
Conclusion
Malgré la volonté du gouvernement malien à asseoir une politique sectorielle de santé pour satisfaire les populations, les pratiques médicales ancestrales demeurent dans un contexte de pluralité et de diversité de pratiques médicales en dépit d’une responsabilisation du citoyen pour la prise en charge du système sanitaire et social.
Au bout des politiques et des programmes élaborés et exécutés sur les principes de l’approche participative le consommateur est loin d’être satisfait. Il s’aventure dans l’automédication, la consommation des médicaments par terre ou renoue avec la pharmacopée traditionnelle.
Tout laisse à croire à un malaise qui ne dit pas son nom. Sera t-il un autre type d’éléphants blancs en Afrique ( grands projets de développement après les indépendances.) ?
Pour en venir à ces pionnières de Bamako, les femmes herboristes de part leur savoir faire, leur savoir être et leur proximité mettent à la portée du citoyen des soins plus accessibles aux plans socio économique et culturel. Cette ruée de la population vers les produits de la pharmacopée est l’expression d’une crise complexe et profonde, les insuffisances d’un système de gestion et d’administration de santé face à des conditions critiques et variées. En se réferant aux estimations d’Otto Nowotny ancien Directeur de Hoffman - la Roche, la consommation pharmaceutique aurait pu augmenter entre 1981 et l’an 2000 de 150% .
Le taux de croissance annuelle aurait été 5% et serait reparti comme suit : en gros 3% pour les pays industrialisés et 9% pour les pays en voie de développement. La part globale de ces derniers doublera de 20%. Cependant ces estimations étaient à repenser car les années 1980 furent une décennie perdue pour le développement en Afrique et en Amérique latine.
Pour le cas de l’Afrique subsaharienne entre 1986 et 1991 en dépit de nombreuses reformes engagées selon les avis des organisations internationales les conditions socioéconomiques se sont dégradées ( Edition KARTHALA 1995 Paris , de Cassandra Y . Klimek et Georges Peters. Une politique du medicament pour l’Afrique. Contraintes et choix . page 19, 20 , 26
C’est pour confirmer que la crise socio sanitaire au Mali et à Bamako en particulier, est complexe et porte une dimension internationale. Le cas des herboristes sert de vitrine.
Bibliographie
1-
« Contribution au recensement des tradipraticiens s’occupant des
handicapés moteurs. »
Mémoire
de fin d’études
Présenté par Oumar Camara et Lacine Adama Mallé
Section :Animation
socio –culturelle.Promotion 78-82
Institut National des Arts( INA).
Bamako
2-
Mémoire « Remarques sur quelques plantes utiles vendues sur le marché de
Bamako »
Presenté
par TRAORE Gouansegué
l’ENSUP. 1975-76 Section biologie
3-
Etude de l’activité du « Terenifou » écorce du tronc de
pteleopsis suberosa ENGL et DIELS ( Combretaceae ) dans le traitement des ulcères
gastro duodenaux .
Thèse de Doctorat
Présenté par Moussa MARIKO.
Ecole Nationale de Médecine et de Pharmacie du MALI
Année 1989.
4-
Anthropologie de la santé Bulletin N° 17 APAD
Jean Pierre Olivier de Sardan Juin 1999.
5-
Rapport de suivi Novembre 1996 de l’Associations des thérapeutes
traditionnels et herboristes du District de Bamako ( ATTHDB ).
Par Malick TRAORE Sociologue Consultant.
5-
Etude de faisabilité du projet d’organisation et de formation des femmes
herboristes du District de Bamako Août 2001 .
Par Malick TRAORE Sociologue et B. NIAKATE Ing.Forestier
Avec l’ONG ASIL Bamako
6-
« Centre de santé, un salut pour les pauvres . »
N°00
de la revue Croissance de l’Agence pour le Développement Social
(du Gouvernement Malien) Octobre –Novembre –Décembre 1999.
7-Ministère
de la santé des Personnes Agées et de la solidarité Bamako
Programme de Développement Sanitaire et social ( PRODESS ) 1998-2002.
8-
Jean Marie Abgrall
Les charlatans de la santé
Documents
PAYOT 1998 Edition PAYOT et RIVAGES
106 bd Saint – Germain PARIS VI
9-
Université de Metz
Service Commun d’Education Permanente
Ethnopharmacologie Appliquée et Plantes Medecinales
Documents Pedagogiques Pr
Arouna KEITA.
10-
Une politique du médicament pour l’Afrique
Contraintes et choix
Par Cassandra Y . Klimek
et Georges Peters
Edition KARTHALA 1995
22-24 boulevard Arago
75013 PARIS