Prof. KABUTU   BIRIAGE  Secrétaire Général Académique
De l’Université  Libre des Pays des Grands Lacs « ULPGL »
Goma – Nord-Kivu/RDCongo
B.P. : 468 Gisenyi –Rwanda
Tél : +250 085 199 72
E-mail : sgac_ulpgl@yahoo.fr

 

CONFLITS  ET RECONSTRUCTION  EN AFRIQUE : Cas de la région des Grands Lacs

L’Afrique noire, et en particulier la Région des Grands Lacs(1) traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Personne ne cherche plus à cacher ce qui est devenu une évidence collective et une vérité de la vie quotidienne dans notre Région : l’insécurité grandissante due à la guerre interminable, la crise socio -économique et politique, culturelle et religieuse.

Ce qui nous échappe souvent, c’est la capitulation régulière de notre  population devant  les structures d’oppression, d’exclusion, de suppression d’opinion, de violence  et du statu quo socio-économique, politique, culturel et religieux. Devant la face  du monde , nous sommes devenus  des peuples désarticulés qui n’ont plus  aucune consistance. Les relations de nos peuples sont aujourd’hui les relations de façades. Elles  doivent être bien rétablies et reconstruites pour une véritable paix d’ensemble et la paix durable qui autorise et favorise la reconstruction de notre Région des Grands Lacs. C’est dans ce contexte que notre réflexion sur les « conflits et la reconstruction   en Afrique : Cas de la Région des Grands Lacs » est proposée dans cette 10ème Assemblée Générale du Conseil  pour le Développement de la Recherche en Sciences sociales en Afrique (CODERSIA).

Nous comptons articuler notre réflexion  et déployer notre problématique  en trois temps : 

Ø       Dans un premier temps , nous circonscrirons toutes les révendications de la  Région qui sont à la base des guerres qui consument nos populations.

Ø       Dans un deuxième  temps, nous nous attarderons sur cette analyse aux démarches des résolutions des conflits dans la Région et des actions de reconstruction ici et là !

Ø       Enfin, dans un troisième temps , nous serons à l’écoute de la pédagogie de « Groupe d’Action Positive » comme une porte de reconstruction. 

I. Ies revendications qui sont à la base des guerres dans la Région des Grands Lacs. 

Quelle que soit la cause et l’origine, toute guerre est la résultante d’un conflit c’est à dire d’une frustration, d’une revendication non résolue .Lorsque la résolution, la réconciliation, la prévention d’un conflit est impossible, il y a ipso facto l’éclatement d’un conflit, d’une guerre.  Pour ce qui concerne la République Démocratique du Congo , quelles sont les causes réelles des guerres qu’elle connaît ?  Partons  respectivement des analyses faites  par les participants de la «  Consultation nationale initiée par les chefs des confessions religieuses et tenue à Kinshasa du 24 Février au 11 mars 2000  et le séminaire- atelier sur la promotion de la culture de la paix, la bonne Gouvernance et le Développement socio-économique dans la Région des Grands Lacs d’Afrique organisé  par l’UNESCO/PEER à Nairobi, au Kenya  du 29 au 31 janvier 2001 , Nous retenons  deux catégories de causes qui engagent les guerres au Congo : endogènes ou internes et exogènes ou externes

1.       1. Les causes endogènes

Sans  vouloir être exhaustif, nous énumérons les causes endogènes  suivantes  qui constituent  la revendication des belligérants :

-          L’absence d’un Etat de droit et le refus d’ouverture politique et démocratique ;

-          Le non respect des textes constitutionnels légaux et réglementaires, ainsi que les manipulations idéologiques et la main mise totalitaire sur la population ;

-          Le manque des projets de société visant le renforcement de la cohésion nationale ainsi que la prédominance de la conscience tribale ethnique et Régionale sur la conscience nationale ;

-          La politisation et la tribalisation de l’armée ainsi que des forces de sécurité.

Ø       L’émergence d’une culture de violence et le  recours aux armes comme  moyens de conquête, d’exercice et de conservation du pouvoir.

-          L’absence de justice distributive et la réclamation de la nationalité des Banyamulenge et autres Rwandais Congolais.

-           Les violations systématiques flagrantes et graves des droits de l’homme (violation touchant les libertés, l’éducation, la santé, l’alimentation etc.,

-          L’assujettissement de certains Leaders Congolais aux intérêts étrangers, le pillage systématique des richesses  naturelles du Pays et les vols et les détournements des deniers publics.

-          Le bradage de l’identité et des intérêts  nationaux.

-          La clochardisation des fonctionnaires de l’état  et de toute la population .

-          Le problème de surpeuplement  et les conflits terriens au Sud et Nord Kivu.

-          Enfin l’héritage du règne de Mobutu ,les congolais assistaient encore à l’opposé de développement   du sous-développement légué à la RDC par la Belgique. Le départ de Mobutu de la scène politique a encore inauguré l’installation et l’institutionnalisation du chaos en RDC où plusieurs acteurs locaux et étrangers cherchent à maximiser leurs profils issus de « nouvelles opportunités », certes, la richesse naturelle a attiré des sociétés  multinationales  et leurs pays d’origine qui profitent cupidement de l’absence d’une autorité fonctionnelle et viable de l’état  pouvant assurer  au peuple un leadership averti (1).

1.2.             Les causes exogènes

Quelques causes externes nous sont connues ,elle sont attestées  et confirmées par nos populations :

-          La présence massive des réfugiés rwandais et burundais au Congo  (Kivu).

-          Les visées expansionnistes des certains pays voisins de la République Démocratique du Congo en l’occurrence, le Rwanda et l’Ouganda ainsi que la volonté hégémonique du  projet de l’Empire Hima-Tutsi au quel le président Museveni ne croit pas

-          Le refus d’ouverture  politique et démocratique au Rwanda, au Burundi et en Ouganda.

-          Les commerces clandestins et planifiés des armes dans les pays de Grands Lacs par des Pays industrialisés et spécialisés  que les chefs des églises appellent  «industrie de la mort »([1])

-          Les implications des intérêts économiques et géographiques vitaux des belligérants.

-          Bref, les problèmes des voisins (immédiats et distants) ont été exportés vers la République Démocratique du Congo( ces voisins sont le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, l’Angola, le Zimbabwe, la Namibie, l’Afrique du Sud,… (2)

Quelles sont enfin les causes  spécifiques aux conflits armés qui sévissent au Rwanda, au Burundi et en Ouganda ? Comme nous venons de l’indiquer pour la RDC, les pays voisins semblent partager  les mêmes causes  et d’une manière personnel, parlons d’abord du Rwanda :

-          L’absence d’un état de droit et le refus d’ouverture politique et démocratique. Ici nous reprenons à moitié l’historique du Rwanda  en précisant que les Tutsi  avaient fui le pays suite aux événements sanglants de la révolte Hutu (1959-1962) contre le régime féodal de ces premiers ils ont été empêchés de rentrer sous la présidence du Général HABYARIMANA  qui promet un régime  dictatorial raciste, contre le quel a combattu, dès 1990,l’armée de libération du front patriotique Rwandais . sous pression international, les Rwandais parvirent en Août1993, au tour d’une table de négociation en Tanzanie, à un compromis, les accords d’Arusha. Mais le Général Habyarimana, avec ses  partisans inconditionnels , refusa de fait d’appliquer ces accords .Il périt en 1994 lors d’un attentat perpétré contre son avion . Les partisans du Général réagirent en exécutant un génocide. Dès juillet  1994, un gouvernement d’union nationale avec un projet d’établir un régime démocratique, sans pour autant permettre pour le moment aux partis politiques de se développer librement.

-          L’édification d’une démocratie « ethnique »

-          Désormais, la guerre Rwandaise est faite à l’intérieur et à l’extérieur (au Congo)  au nom de la recherche  de la paix. La présence des interahamwe  au Congo est le motif de sa présence au Congo. Ace dernier motif, les intérêts  économiques et géopolitiques vitaux s’ajoutent et endurcissent la position militaire rwandais au Congo.

-          Le chaumage grandissant au Rwanda comme au Congo a rendu l’armée et les jeunes vulnérables et aisément disponibles à répondre à l’appel de l’élite dirigeant .

-          La guerre Rwandais au Congo est une affaire des « Gentlemen » avides qui essaient d’augmenter par l’agression , leur part déjà  disproportion née des biens terrestres.

-          L’inféodation et l’éthnisation du pouvoir local comme une source qui 

     jailli cycle de violence .

-          La persistance d’une crise meurtrière à répétition . Il suffit de penser successivement  aux crises de Novembre  1959, celle de 1963-64 de 1966- 1967 et les massacres de 1973,1990,1994,…

-           Enfin le Rwanda avec  l’appui des grandes puissances, semble devenir une puissance militaire, et à ce niveau, il demeure une menace perpétuelle des autre états. C’est ainsi qu’il est tantôt au Congo , tantôt au Burundi, tantôt en Ouganda avec des motifs  variés.

Que dire alors du BURUNDI et de l’OUGANDA avec leurs conflits meurtrières internes ? 

Quelles sont  les causes spécifiques à la base ?   Abordons d’abord le BURUNDI en précisant qu’il est un état gravement malade de ses divisions. Les deux composantes  principales, les Hutu et les Tutsi , qui naguère vivaient en symbiose semblent par moment , avoir perdu jusqu’à ce désir de continuer à vivre ensemble qui caractérise une nation . où est l’origine d’une telle situation ? L’inféodation et l’éthnisation du pouvoir avec la tendance  d’édification d’une démocratie ethnique. La lutte pour le pouvoir prend dès lors la dimension dramatique d’une lutte pour la survie (1

L’Ouganda de l’autre côté vit une rébellion    d’opposition au pouvoir  actuel à cause du manque de la démocratisation  réelle du pays. Cette rébellion agirait à partir du territoire congolais, dans le 

Beni-Butembo. Comme l’indique Baharanyi Bya-Dunia il a été signalé à tort ou à raison que les ambitions des pouvoirs de Kambala et de Kigali étaient de créer un certain » Empire Hima » qui engloberait l’Est du Congo ; Cet empire irait au - delà des limites des états et se justifierait,  non pas dans l’annexion des territoires, mais plutôt  par l’installation des pouvoirs alliés sur les terres congolais sous le contrôle  des populations et forces Rwandophones Tutsi (2

 A entendue Baharanyi Bya-Dunia, une de  causes de l’Ouganda a continué  la guerre  au Congo et à son intérieur  contre sa  rébellion est les USA  qui ont choisi le président MUSEVENI pour asseoir leur emprise sur la Région orientale d’Afrique dont la République Démocratique du Congo. Cette Région  est considérée  comme stratégique  pour arrêter l’avancée de l’extrémisme islamique. De plus, elle regorge d’importantes ressources stratégiques (Pétrole, Gaz, minéraux spéciaux ) qu’il faut contrôler grâce  à une assise géopolitique  dans cette zone anglo-saxonne qui doit aller de l’Egypte à l’Afrique du Sud. Désormais, la guerre du Congo est un dossier exclusif du Pentagone et de la CIA  à en croire les affirmations des personnes  avisées et des documents qui auraient circulé dans la Région (3

Terminons ce point en  essayant de conclure qu’en général les revendications de la Région des Pays des Grands Lacs concerne la bonne gouvernance et la démocratie qui doivent favoriser le développement intégral de tous et de partout et alors cesseraient  les conflits qui sont d’ordre politique apparaissant comme étant d’ordre économique, d’ordre social, d’ordre culturel et d’ordre psychologique (1).

Essayons maintenant d’analyser les démarches et initiatives de résolutions des conflits dans la région et des actions de reconstruction qui s’opèrent ici et là.

II . Analyse des démarches et des initiatives de résolutions des conflits dans la Région et des actions de reconstruction

Pour éviter la guerre, il faut inscrire l’homme dans un processus d’éducation à la paix car pour changer la société, il faut transformer l’homme ou le cœur de celui-ci par l’éducation et la formation, remplir sa tête, pétrir son cœur et traîner sa main à transformer les idées en des actes  qui épanouissent et qui recherchent  avant tout le bien du prochain.

L’Etat, l’Eglise et toute la société civile doivent aider tout le peuple, nos peuples à s’investir dans le dialogue et les actions tel que Jean Goss XX  propose ici :

1.       Découvrir la vérité de l’autre, le bien qui est dans l’autre et lui dire. 

2.       Découvrir en soi le mal que fait l’autre, que nous voyons dans l’autre et le lui dire en lui demandant de nous signaler chaque fois qu’il le voit en nous et de nous aider à nous corriger 

3.       Dire la vérité avec respect et amour et montrer l’injustice ; ne jamais en être complice ne serait -ce que par le silence ;

4.       Refuser de participer aux mensonges, à l’injustice

5.       Etre prêt à payer toute les conséquences d’avoir dit la vérité, d’avoir montré l’injustice, d’avoir refusé d’y participer.

Nous reconnaissons que plusieurs semaines et colloques visant la formation à la résolution des conflits et l’éducation à la paix et suscitant le dialogue  ont été multipliés ici et là au Congo, au Rwanda, au Burundi, en Ouganda et au Kenya en faveur des différentes couches de nos populations en guerre.  Pour ce qui concerne les universités nous citons deux exemples : Un colloque et un séminaire-Atelier tenu en faveur des responsables et professeurs d’universités . Il s’agit  notamment de :

1.        Le colloque international de Bujumbura (nous sommes parmi ses initiateurs) qui a réuni du 18 au 22 mai des intellectuels enseignants et chercheurs des universités de la sous-Région des Grands Lacs  africains. Le thème retenu à ce colloque était celui de Démocratie, Bonne Gouvernance et Développement pour une paix durable dans la Région des Grands Lacs.

2.       Le séminaire –atelier sur la promotion  de la culture de la paix, la bonne gouvernance et le développement socio-économique dans la Région des Grands Lacs Africais, a été organisé par l’UNESCO/PEER à Nairobi ,Kenya du 29 au 31 janvier 2001.De ces deux projets réalisés par les universitaires, nous avons vu l’engagement réel et critique des professeurs et autres cadres universitaires sur la situation conflictuelle qui perdure dans la Région. Quelques propositions des projets communs ont été émises et exécutées. Il s’agit  par exemple  du partenariat entre les universités de la Région dans l’échange des professeurs et étudiants chercheurs comme notre signe d’unité et de communion fraternelle, signe de cohabitation et d’intégration Régionale.

Pour ce qui ce qui concerne  les confessions religieuses, plusieurs rencontres de formation à la résolution des conflits d’éducation à la paix et de dialogue nous sont connues. Nous citons encore ici deux exemples  seulement :

1.       Le Symposium International pour la paix en Afrique, une initiative de l’Archidiocèse de Bukavu, de L’Eglise du Christ au Congo /Sud-Kivu, de la Société civile /Sud-Kivu avec les partenaires de l’Italie : Beati I Construttori di Pace, Chiama l’Africa, Operazione Colomba, en collaboration avec le Diocèse de Butembo-Beni, l’Eglise du Christ au Congo/ Nord-Kivu et de la société Civile de Lubero –Beni. Ce Symposium  initié à Bukavu a été tenu à Butembo du 26 févier au 1èr mars 2001.De ce symposium auquel nous avons assisté et avons été actif , nous avons senti le besoin  durant  l’engagement désarmé et la soif réelle de la paix de la Région des Grands Lacs Africains.  Tout le monde a dénoncé de plusieurs manière  dans les différents discours que les armes ne résoudront pas nos problèmes, mais éloignent plutôt  et compliquent les possibilités d’une résolution, d’un compromis. Le Symposium  de Butembo  s’est terminé  par un appel à la paix durable et une pression à l’ONU, la communauté International pour n’est pas   écouter  les intérêt   et activités des plus forts et qui livrent nos peuples à la mort. A la fin de ce symposium , sur demande expresse du peuple,  le Président du Front pour la libération du Congo, Mr Bemba a répondu favorablement à la demande du peuple de supprimer  purement et simplement une dizaine de barrières militaires qui se trouvent dans les territoires de Butembo et Beni ; Un signe visible de paix  dans Butembo et Beni  a été le résultat dudit Symposium International pour la paix en afrique. Beaucoup d’observateurs croient que la réconciliation régionale est très indispensable pour que   la Région soit –

reconstruite physiquement, économiquement et politiquement. Or, Corume  l’indique, les autorités politiques  Rwandaises, il ne peut y avoir de réconciliations et a fortiori de constructions sans justice.(1)  

2.       Le Rwanda pour répondre à cette vérité a vite instauré deux grands tribunaux :

-          En connivence avec la communauté internationale, le conseil de sécurité a institué  un Tribunal International à la fin de 1994 à Arusha en Tanzanie. A cause de la lenteur de ce tribunal le Rwanda a pris l’initiative d’ouvrir un autre tribunal Le Gacaca

-          LeTribunal  destiné à juger plus de 120 000 détenus qui languissent dans les prisons rwandaises. Ce modèle rwandais, peut inspirer  la réconciliation Régionale. Ce qui est vrai, la communauté Internationale a déjà pris le devant en dénonçant et en demandant le jugement de tous les pillards de la RDCongo. L’opération a déjà commencé au sein du Gouvernement congolais car à l’heure où nous rédigeons ce texte, le président KABILA venait de suspendre trois ministres concernés  dans ce dossier et autres personnes (trois) dans le compte du Gouvernement. Les négociations  à grande échelle en faveur de la paix pour chaque pays de la Région ont été faites.

Pour ce qui concerne  le BURUNDI ,des représentants de Gouvernements étrangers, des nations Unies, de l’Organisation  de l’Unité Africaine (OUA), l’Union Européenne (UE) ont servi du près depuis 1997 la situation du Burundi. Ils ont  investi des millions de dollars et engagé discrètement d’importants effets diplomatiques pour  soutenir  les négociations  d’arusha et la mise en œuvre de  l’accord signé en Tanzanie Août 2000 pour  la reconstruction  du Burundi , en décembre 2000, les donateurs avaient  promis  440millions de dollars pour aider  au démarrages de l’économie . A la fin de Novembre 2001, l’UE  a donné son feu vert au  versement de 58 millions de dollars devant servir à remettre en état les  infrastructures, ouvrir des centre de santé et soutenir la relance de l’économie (1). Malheureusement les deux  principaux mouvements rebelles, les forces pour la libération Nationale (FNL), qui n’avaient  pas signé l’accord, ont intensifié leurs attaques juste avant et après  que le   nouveau Gouvernement de transition  ne prenne ses fonctions. 

Le Rwanda  de son côté a semblé devoir se démocratiser en décentralisant  son administration, en travaillant à  une nouvelle  constitution et en organisant des élections locales . mais dans le même temps  le Gouvernement a interdit un nouveau parti  politique  et imposé  de nouvelles certaines à la société civile (1), 

Le Rwanda a proclamé son engagement à mettre fin à la guerre  en RDCongo  en  octobre 2002 , lorsque  la communauté internationale se montrait de plus en plus critique  envers  lui  pour son rôle dans la guerre au Congo voisin. C’est  grâce  à la  commission d’experts créée par le conseil de sécurit en Avril 2002 qu’un premier rapport sur l’exploitation illégale des ressources  naturelles du Congo par le Rwandais et autres acteurs étrangers, suggérant quels intérêts économiques , plus que  des considérations sécuritaires, expliquaient   le maintien de  troupes rwandaises dans l’Est de la 

Rép Dém Congo. Les mêmes conclusions  ont été confirmées sur  le rôle du Rwanda dans la guerre au Congo  par un second rapport publié en Novembre 2002 (2).  En dépit de leurs réserves sur l’implication du Rwanda dans la guerre  au Congo, les acteurs internationaux ont continué d’exprimer leur confiance dans  la situation économique et politique intérieure du Rwanda.

Le fond Monétaire International (FMI) a dégagé 12 millions de dollars  en faveur  d’un plan de réduction de la pauvreté sur trois ans. D’autres part la Banque Mondiale, le FMI, le fond Africain de Développement de l’agriculture   ont annulé 25 millions de dette extérieur du Rwanda.

La France, autrefois critique envers  le Gouvernement Rwandais, a témoigné d’une volonté nouvelle de soutenir ces mesures d’aide internationale après que son ministre des affaires étrangères ,Hubert Védrine, eut été bien reçu à Kigali. L’allémagne a garanti 16,8million de dollars d’aide et la chine 3,6 millions, effaçant également plus de 16millions dollars de dettes contractés par le Rwanda à son encontre. Le Royaume Uni, qui reste le plus fervent partisan du Gouvernement Rwandais , a poursuivi son programme d’aide sur dix-ans d’un montant de 70 millions de dollars.

La reconstruction  certaine du Rwanda peut être réalisée ,grâce aux soutiens  des pays  amis et  à l’organisation politico-économique saine.

La République  Démocratique  du Congo dans ses initiatives de la recherche de paix et de résolution des conflits.Au nom de la SADC, la Zambie avait pris l’initiative de faire la médiation des conflits congolais. A l’issue des longues négociations, le Gouvernement, les rebelles et leurs alliés (Rwandais et Ougandais) respectifs se sont mis d’accords le 10 juillet 1999 . Dès lors, on peut parler des 

Accords de paix de Lusaka. Ces accords abordent la crise politique interne du Congo en proposant la tenue d’un dialogue national entre le Gouvernement, les rebelles et l’opposition politique non armée pour établir un nouvel ordre politique Ils abordent aussi les problèmes de sécurité du Rwanda, de L’Ouganda et de l’Angola en engageant  toutes les parties à identifier  à désarmer les membres des groupes armés de ces pays qui opèrent à partir de la RDC et à livrer  les éléments suspects du «  Génocide rwandais » aux procureurs internationaux . Les accords prévoient une clause sur  une  commission militaire conjointe pour superviser sa mise  en application et une force de maintien de la paix avec une forte participation de l’ONU pour faire respecter  sa mise en application sur terrain.

Précisons que l’ONU était  peu disposée  à s’engager dans une opération  de faire respecter la paix. Elle a plutôt préféré une mission d’observation militaire  pour  surveiller  l’application de l’accord de paix. Notons que les accords manquent une provision sur  la responsabilité de rebelles du rassemblement Congolais pour la  Démocratie (RCD) et de leurs parrains au sujet des abus. Ils ne sont pas aussi  pris en considération les torts des Mai- Mai et des autres groupes armés engagés dans les conflits . Comment donc finir avec l’occupation du Congo ? L’accord récent de prétoria  comme celui de Lusaka en 1999, est un cadre consensuel contenant des éléments utiles pour arriver à une paix durable, à  condition que la mise en œuvre des différents éléments soit poursuivie de manière simultanée et parallèle , sans conditionnement naturel .

Conformément  aux résolutions répétées des conseil de sécurité (3)et  à la suite de l’accord de prétoria, des pressions internationales , cohérentes et fortes  ont été exercées sur le Rwanda l’Ouganda , et le Zimbabwe pour le retrait rapide de toutes leurs troupes de la RDC. L’opération a déjà été faite selon le calendrier de l’accord de prétoria et celui de Luanda . mais on assiste dans le cas des armées rwandaises et Ougandaises à un nouveau retour au Congo pour des motifs injustifiés des alliances de leurs partenaires rebelles en RD du Congo.

Une démobilisation des enfants soldats est effective et rencontre le programme existant de démilitarisation –Démobilisation- rapatriement –Réintégration- Réinsertion (DDRRR) (4 ) . 

Terminons ce point en précisant que le dialogue Inter- congolais qui  patinait devra commencer  le 15 Novembre 02 et ouvrir aux congolais une ère nouvelle de l’union national pour un gouvernement national de transition    d’ici la fin  de l’an 2002 si tout va bien. La communauté internationale a bien accueilli les ouvertures faites par le jeune KABILA  en direction  de la paix et des réformes.

Impressionnés par ces aménagements les donateurs bilatéraux et multilatéraux notaient que le Congo avait déjà $ 280 millions de programmes encours et garantissaient d’en apporter $ 240 millions supplémentaires d’ici la fin de l’année, à condition que  le pays se plie de la  population.

Pour encourager le  nouveau gouvernement, la  banque mondiale et le FMI ont  débloqué des prêts relais pour payer la dette de 80 millions de dollars contractée à leur  rencontre.

La banque  Mondiale a encore fin juillet 2002 approuvé un prêt de $50 millions destinés à un  programme de relance de l’économie. Aussi , les Etats unis, en reconnaissant la misère croissante  en RDC, ont triplé leur assistance en 2001, la portant à environ $80 millions, essentiellement pour  la nourriture et autres fourniture  d’urgence, programmes de vaccination et aide aux réfugiés Ils ont aussi investi 5 millions de dollars dans les programmes de l’initiative pour la justice dans les Grands Lacs Africains ( 5).

Le Congo est en perspective un grand chantier sur  le plan économique dans le domaine de la communication, de l’habitat et de l’amélioration de l’environnement. Sa paix est certaine et autorisera sa reconstruction et celle de la Région antière, Toutefois, pour que la reconstruction  soit faite et réalisée au maximum, la réalisation de la  pédagogie de « Groupes  d’action Positive » est plus que nécessaire pour prévenir les escalades interminables d’hostilités dans la Région .

III    Ecoute de la pédagogie de « Groupes d’Action Positive » comme  une porte de la reconstruction.

Les réflexions qui suivent sont offertes donc dans le but du suggérer une approche positive ,sérieuse et praticable, dans la perspective de la prévention d’une escalade interminable d’hostilités . Cette approche ne serait utile que par le développement  d’un concesus large parmi un nombre suffisant 

de leaders  de bonne volonté pour poser une base d’espérance, surtout dans  les régions  où le syndrome des catastrophes est chronique.

Le Leadership moral : Vers la réalisation d’un consensus moral 

De façon générale, nos sociétés modernes souffrent d’un déficit grave au niveau du leadership moral. Cependant, les sociétés les plus cohésives et progressives au cours de l’histoire s’édifiant sur la base d’un consensus moral, c’est à dire, des convections   largement partagées concernant la justice ,la dignité humaine, les libertés d’expression, d’association et de religion. Tel consensus constituait  la base du concept  du droit commun et de  sa  mise en application. Comme Jacques Ellul nous rappelle, historiquement, dans toute société c’est en premier lieu une religion qui façonnait l’univers moral. Plus tard, pendant une période de sécularisation, l’on voyait les structures étatiques et juridiques reposant les bases morales  déjà acquises pendant l’ère  religieuse antérieure ; Finalement , la plupart  du temps l’état s ‘arroge  le droit de formuler des  lois positives , simplement sur la base des intérêts  du parti au pouvoir. Pratiquement  dans toutes les sociétés actuelles  la religion (comme formatrice de valeurs) s‘est faite  remplacer progressivement par des systèmes  de valeurs fondés sur les philosophies  modernes de l’individualisme, de sécularisme, ou du relativisme.

Cependant, l’individualisme et le relativisme ne peuvent que créer un monde de vision fragmentaire et d’idées conflictuelles inspirées par  des intérêts  particuliers, soit d’individus, soit de groupes ethniques, soit de religions ou de pays. Du moment  que  les valeurs transcendantales véhiculées par  une foi globalisante comme celle centrée sur Jésus-Christ sont ignorées ou rejetées, il ne reste qu’une  situation où la compétition de valeurs disparates (  telles le tribalisme, le régionalisme et nationalisme) conduisent inévitablement aux armes.

Un besoin urgent : l’engagement de leaders  

La première démarche donc du leadership moral dont nous avons besoin serait rien de moins que la découverte de valeurs universellement applicables. La seconde  serait un engagement pour l’instauration  d’un processus  de rééducation inspirée de valeurs universelles. 

Dans cette esquisse d’approche, nous préconisons donc la préparation et le lancement d’un processus capable d’opérer une réforme morale d’envergure  dans les sociétés où le leadership  ose assumer  cette responsabilité comme intégrale à la réalisation de tout progrès à long terme.

La méthodologie proposée  est la multiplication de groupes  de réflexion. En ce moment, le leadership mondial est focalisé sur les tensions et les conflits d’ordre politique , économique ou religieux . Il s’agit de «  crisis management » plutôt  que d’un leadership qui s’attaque  aux causes profondes des désordres    et s’engage  dans le chemin de la  prévention. Le slogan : « mieux vaut  prévenir que guérir », a-t-il  réellement perdu  sa pertinence ?

Nous proposons donc un programme massif d’éducation  en profondeur, basée  sur la   réflexion  et la consultation , ayant comme préoccupation l’instauration ou le développement d’un nouvel ordre ethno-social. Le processus vise la régénération morale de nos sociétés .

            Bien sûr ,nus nous gardons de l’utopisme ; Le programme envisagé ne serait pas une panacée. Nous le croyons  cependant mille fois plus utile et moins dispendieux que le recours aux obus et à la mitraillette et à la multiplication de veuves et d’orphelins !.

Des étapes recommandables pour le lancement d’un programme de rééducation des masses sont suggérées ci-dessous.

DEMARCHES
I.                    La « conscientisation »

Sans doute, la première démarche et la plus critique consistera à identifier les personnes –clé dans notre société, c’est à dire les leaders naturels, qui sont déjà venus aux prise avec les perturbations dans leurs milieux respectifs (par exemple, la décadence morale généralisée, les conflits tribaux, les règlements  de compte multiples) Il s’agit aussi de personne suffisamment solides  psychologiquement pour être perméables et réceptives à des nouvelles idées . Ave la communication d’une vision d’espérance  à ces  personnes- clé, le processus va démarrer.

    II.     Le développement d’une expérience de communauté 

Les artisans du mouvement préconisé se concentreront  aux débuts sur l’édification  de petites communautés, et sur l’art de les développer. On ne se limitera point à la seule transmission de faits, d’idées ou d’informations .L’aspect le plus souvent négligé dans la tentative de développer  une communauté  est celui de découvrir ensemble des valeurs humaines , sociales et éthiques qui méritent l’adhésion de tous ses membres  et de parvenir à les épouser sans réserve. Dans ces groupes les leaders seront conscients aussi des règles bien connues de la communication  interpersonnelle  et du dynamique  de groupe.

Nous ne sommes pas sans pionniers dans ce domaine. Paolo Feire. préconise un processus d’apprentissage dominé par le praxis ( 1). Il critique  le paternalisme de tout système  social (y compris, le scolaire) qui outre passe  un dialogue  égalitaire par lequel on cultive la vertu  du respect mutuel. Feire veut :

-          établir des relations horizontales entre leaders et citoyens ordinaires

-          Développer dans un premier temps une approche basée sur  « conscientisation » une technique qui consiste  dans les démarches suivantes :

·         Identifier les problèmes par un partage en groupe

·         Ne pas tenter de les résoudre par un enseignement «  d’en haut »   par   une élite ; 

·         refuser l’illusion individualiste (la tentative de

      découvrir les solutions dans l’isolement)

                   *   Apprendre les solutions par un processus de dialogue        

                              et d’engagement avec co-équipiers ;

-          Privilégier la réflexion sur les questions existentielles

-          Accentuer  une responsabilité personnelle qui conduirait à des  actions 

-          Evaluer  les actions entreprises, et leurs effets.

 

III.     Le Développement d’un concesus sur les qualités d’une « culture de base »

Celle-ci doit être capable de sous-entendre et informer une société saine , sécurisante ,et progressive. Cette approche facilite une saisie intellectuelle et viscérale de la relation entre  les valeurs  existantes ( qui peuvent demeurer  la plupart du temps à l’état de l’inconscient), et les priorités, attitudes, actions et conséquences sociales qui en découlent. De là un consensus sur  les éléments essentiels à une société saine. Les «  actions positives » qui en découleront  seraient des expressions concrètes des  ces valeurs.

Selon  Malcon Knowles. (de l’ontario institute of studies in education, Toronto,Canada) (1) le but de telles techniques est de convaincre tous et  chacun de la valeur de la participation en groupe  pour la génération  d’idées de valeur transformatrice ; une simple technique de base serait :  

1)  Le bombardement ou la pluie d’idées :  Knowles détaille  les directives que l’on doit observer dans cette démarche : 

a)       Tous sont encourager  à participer, sans crainte de ridicule.

b)       Toutes les idées  sont accueillies immédiatement, sans critique ou évaluation dans ce premier temps

c)       Le volume d’idées est encouragé :plus il y a  d’idées , plus il y a de probabilités de solutions  par le processus  de groupe. 

d)       Toutes les contributions sont étalées sur un tableau visible à tous les participants

e)       L’exercice critique et évaluation des idées viennent en dernier.

f)         Les participants reçoivent leur récompense par une solution de groupe réalisée à la satisfaction de la majorité, sinon de tous.

           2)  La transformation des attitudes et du comportement

a)       Seul par l’engagement des individus dans l’acquisition de connaissance peut-on espérer une plus grande réceptivité et un changement d’attitude ou de comportement

b)       La seule acquisition de connaissance ne garantie nullement  la transformation d’attitudes ou de comportement.

c)       Par ce processus le participant se comprend mieux lui-même et comprend mieux ses relations avec le problème, les solutions et les rôles positifs qu’il pourrait jouer .

d)       Les participants doivent donc apprendre à formuler de nouvelles initiatives, à évaluer leurs réalisations, et à les tester . Ce faisant, ils gagneront une plus grande assurance à propos de leur capacité de réaliser de bons changements.

e)       L’étape d’auto évaluation (individuelle ou en groupe) vise non seulement l’évaluation du projet par des critères objectifs, mais aussi l’observation subjectives de facteurs : valeurs,

f)         sentiments, aptitudes, tendances (par ex. de domination ou de retraite dans le processus de groupe).

IV.  L’entraînement des plusieurs Leaders de Groupes : 

Au fur et en mesure que le mouvement se répand, dans les principes et l’art d’édifier l’expérience de  communauté : d’abord par  leur participation en tant qu’observateur dans le 

processus en marche, ensuite, afin d’assurer l’intégrité et l’efficacité du  processus par une provision d’ateliers spécifiquement conçus en vue de former des leaders de groupe .

V.  Le développement de «  Groupes d’Action Positive »

Le processus reconnaîtrait la capacité des gens de réfléchir, de reformuler leur système de valeurs et leurs objectifs et de devenir proactifs plutôt que d’affronter leurs problèmes à coup de réactions c’est-à-dire le virus de réactivisme primitif, (caractérisé par soupçons, haines, violences, guerres, ou génocides) serait  graduellement expulsé de l’appareil psychique des populations dans la mesure  où une mentalité de  proactivisme est installée. 

L’action positive générée depuis l’intérieure  des groupes pourrait et devrait prendre des formes bien variées, à partir de projets locaux tels : la formation de groupes de réflexion dans les écoles, le développement  d’une nouvelle coopérative ou d’une école d’apprentissage pour enfants de la  rue, etc.

VI.  Le développement de stratégies : 

  Nous devons continuellement élargir la base  des ressources humaines en intégrant dans les groupes des gens de différents arrière-plans et disciplines, (enseignement, scientifiques, sociologues,…) dans le but de générer des stratégies en commun pour la pénétration de la société.

VII . Etablir et développer un réseau  de communication entre les groupes :  Un réseau d’information et d’encouragement mutuel, sur les  plans local, régional et national et (espérons-le) même international. Par exemple, par le truchement d’un bulletin, et par un nombre  limité de visites par  des équipes d’animations à d’autres centres.

VIII.  Communiquer tout progrès au public :  à travers la presse, les médias, (radio, TV) réseaux électroniques, les périodiques,..

IX.          Communiquer  les résultats progressifs du mouvement à d’autres organismes aptes à s’intéresser  à  la transformation sociale : D’abord par le moyen de contact  personnel, ensuite par le truchement de la littérature, des séances improvisées et formelles, l’audiovisuel, 

et des conférences offrant l’occasion pour  un dialogue libre. La dissémination de la philosophie et des stratégies de l’option « groupes positives » doit être largement diffusée.

BUTS  ENVISAGES  

La formation de cadres,  de leaders  de groupe dans la République Démocratique du Congo et les pays environnants de la Région.

1.       Un processus de réalisation simultanée

Nous  le croyons d’importance capitale de promouvoir un mouvement en deux  directions :  D’en haut par l’initiative ou l’appui de leaders d’élite constitue le (3ème rang). Le premier rang se constitue de membres de groupe. Le leader de groupe constitue le 2ème rang, et  peut être  le plus critique ! Les deux mouvements : D’en haut jusqu’en bas et d’en bas jusqu’en haut doivent se rencontrer et s’interfertiliser.

2.       Initiation du processus

a)      Par contacts personnels avec les leaders civils et ecclésiastiques, présentation des  buts et de la  méthodologies  envisagée.

b)      Contact  personnels renouvelés et suivis

c)       Formation d’un réseau de type leaders-penseurs pour une mise  au point d‘un processus d’éducation généralisée

d)      Inclure des leaders de compétences diverses : économie, psychologie, sociologie et histoire, médecine, instruction scolaire et populaire, sciences politiques, ecclésiastiques …

e)      Développer un outillage audio-visuel pour aider au dialogue, à la présentation  de conférences, aux  discussions en table ronde, etc.

f)        Offrir idées et services à certains organismes non-gouvernementaux ou gouvernementaux  dans le but de multiplier les cellules d’espérance.

DESCENTE  SUR TERRAIN . 

Méthodologie 

 Une méthodologie qui tiendrait compte du besoin de l’individu africain de préserver son identité propre autant que possible comme membre d’une ethnie, d’un tribu, et d’une culture  africaine. Cependant le but de pouvoir aussi transcender  cette culture  en développant une éthique  de valeur

 universelle. L’approche préconisée   permettra de prendre contact  avec son être intime, en profondeur, (en tant que créature faite à l’image de Dieu). Dans cette esquisse d’approche , nous préconisons donc  la préparation et le lancement d’un processus  capable d’opérer  une reforme 

morale d’envergure dans les sociétés où le leadership ose assumer  cette responsabilité, l’accepter comme essentielle à la  réalisation de toute autre forme de progrès à long terme.

BUT : Développer un sens moral, critique et intériorisé

-          En vue de faire épouser des valeurs et des actions qui fonderaient des sociétés africaines

-          Saines et plus sécurisantes

-          Qui leur  aideraient à rejeter des solutions illusoires, même tragiques

-          Et ainsi contribuer  à poser les fondements d’une démocratie viable en Afrique

Démarches pratiques pour Groupes d’actions Positive :

 (En petits groupes de 6 à 12 personnes)

Chaque groupe sera dirigé par un animateur qui comprend le but  du processus  et la méthodologie. Il pourvoira  un tableau   ou du papier pour que  toutes les réponses soient inscrites et préservées. Les échanges sur chaque question peuvent, dans certains cas, occuper une session complète.

 Première question : (touchant le vécu actuel des assistants) :

-          Qu’est –ce que vous voudriez  voir disparaître ( conditions, attitudes, comportements, événements) dans    ce pays, dans notre village, dans notre ville ?

-          Quels sont les problèmes ,les abus ou les dangers que  voyez ? 

-          Décrivez la société telle que vous la voudriez  pour vous  et votre famille.

-          Quelles  en seraient les  marques ? (Ecrivons- les à la vue de tous, en deux colonnes comme « Bien » ou « Mal » .

 Deuxième Question : A votre  avis, qu’est-ce qui devrait changer pour réaliser les choses  que vous désirez ardemment  pour votre milieu, et pour minimiser  les choses que vous trouvez déplorables ou inacceptables ? (Ecrivons –les  sous la rubrique «  nous voulons changer… »)

Troisième Question :  Pouvez- vous imaginer  comment  un groupe de personnes  concernées  pourraient commencer à se concerter  pour  effectuer  les changements voulus que nous avons 

identifiés ? combien de personnes nous faudrait- il ,et de quelle façon pourrions-nous à établir un ordre de priorités du Plus urgent et praticable au moins urgent … 

Quatrième Question :  Qu’est- ce que vous appréciez et affirmer sans qualification dans la culture de votre tribu ? Y a -t- il  des choses que vous  déplorez ou trouvez inacceptables dans l’histoire de votre tribu ? (Ecrivons-les  comme «  Bien » ou « Mal »

Processus de Réflexion pour Leaders naturels et responsables :

Le processus ci-dessous suggérée  sera accéléré si des leaders à différents niveaux de la société s’engage raient à encourager son exécution et son évolution. Ils  pourraient  susciter une vague d’intérêt s’ils verraient à communiquer ses  résultats bénéfiques  par tous les truchement à leur  disposition : brochures, journaux, périodiques, radio, télévision.  De plus, il seraient profitable de s’engager dans les réflexions que voici :

Première question : Quels devraient être les buts  primordiaux d’un gouvernement bénéfique et réussi (municipal, provincial, national), Quels en seraient les résultants attendus ? ( Ecrivez à la vue de tous)

Deuxième  question : Quelles seraient(1)  les qualités et (2)  les qualification    , de  bons gouvernant ? Nommez les  vertus personnelles qui doivent  sous-tendre les activités de toute personne ayant  une responsabilité civile. (Ecrivez- les )

Troisième Question : Quels sont  les abus au niveau du leadership que vous avez remarqués ,et qu’il faudrait éviter si l’on veut  développer  une société  saine et sécurisante ? quelles sont  les marques (vices) souvent trouvées dans un  gouvernement abusif ?.

Quatrième  question : Quelles sont les ressources et les moyens dans nos communautés  pour conscientiser  la population sur le besoin  de développer une société informée des vertus dégagées ci-dessous ? (Notez bien le Rôle des églises, des écoles et es sociétés volontaires telles «  sociétés civiles » )

Conclusion 

Le panorama des guerres dans la région des Grands Lacs (Burundi, Uganda, RD Congo, Rwanda …) montre et montrerait que chaque guerre est la résultante d’un conflit, c’est-à-dire d’une frustration,  d’une revendication non résolue.  Pour rétablir la paix, la paix durable dans cette Région, une prise en charge totale et globale des causes endogènes et exogènes des  guerres doit être effective.

Voilà la porte et le cadre même de la reconstruction d’un peuple détruit, d’une économie et une infrastructure détruites dans chaque pays de la Région et de la Région en tant qu’une identité géographique.  L’unité régionale sur le plan politique, économique et culturel doit être recherchée et être une préoccupation de tous et des leaders en particulier. Une formation d’un leadership moral vers la réalisation d’un consensus moral, c’est-à-dire des convictions largement partagées concernant la justice, la dignité humaine, les libertés d’expression, d’association et de religion, doivent être réalisées. Un tel consensus est la base même du concept du droit commun et de sa mise en application.

L’instauration d’un processus de rééducation à long terme en multipliant les groupes de réflexions et de consultation est nécessaire. Ce processus visera la régénération morale de nos sociétés. Bref, la pédagogie d’entraînement de plusieurs leaders de « Groupes d’Action Positive » permettra la réflexion et la ré-formulation de systèmes de valeurs de nos peuples de devenir proactifs au travers d’un réseau de communication entre les groupes. 

Au regard de l’analyse faite ci-dessous,

Il y a énormément besoin de voir notre passé et analyser  et critiquer les causes des conflits dans  la Région. Il ressort que :

-          Le respect de la citoyenneté sans discrimination ethnique, raciale et de  nationalité  est à accorder.  Le développement de la culture démocratique doit être  la préoccupation de chaque Etat  et de la Région entière.

-           Enfin , l’intégration  Régionale et économique pourrait servir effectivement les populations de la Région sur le plan sécuritaire.

-          La résolution des conflits dans la région des Grands Lacs Africains est avant  tout une question de décision de bien agir et de volonté politique de la part des citoyennes et citoyens des pays de cette Région.

 

1 La Région des Grands Lacs selon le Projet de la Fondation Mwalimu Julius Nyerere copmrend les pays suivants : l’Ouganda, le Kenya ,la Tanzanie, la Zambie, le le Burundi,le Rwanda, la RDC. Dans ce travail nous allons nous pencher  sur 4 pays à problème :, le Burundi , l’Ouganda  Rwanda et RDC.

1 Cfr Rapport de la consultation des chefs d’églises sur le conflit dans la Région des Grands Lacs, CECCLACA, Kampala, du 20 au 22 juillet2000, p.58

 2 Ibid , P.59

1 Cfr GATUNANGE «  pour  une démocratie de concesus  au lieu d’une démocratie de confrontation in démocratie bonne Gouvernance et développement dans la Région des grand Lacs : Bujumbura, colloque du 18 au 22 mai 1998

2 BAHARANYI BYA –DUNIA  «  la bonne gouvernance après une guerre de libération : La situation de la République Démocratique  du Congo dans la Région des  Grands Lacs , Bujumbura, Colloque, du 18 au 22 1998,  P.167