Les conflits et la réconstruction en Afrique
Ngodi Etanislas
S/C de Nguellet Urbain
BP 218, Brazzaville, Congo
ngodi_etanislas@yahoo.fr
L'Afrique aujourd'hui est confrontée à la perspective de devenir une des perdantes de la mondialisation en cours, en demeurant une des vastes arènes où prospèrent des conflits meurtriers, parfois sans grands enjeux stratégique.
Il nous paraît important de dégager les types de conflits que le continent noir a connu de même les différents enjeux, avant d'envisager les perspectives d'avenir de l'Afrique dans ce nouveau millénaire.
Les principaux conflits qui ont sécoué l'Afrique, ont été pou la plupart liés au prolongement de la colonisation(Afrique lusophone, Algerie) et aux tentatives de la sécession au Katanga(1960-1963), Biafra(1967-1969) et dans une certaine mesure en Casamance et au Cabinda.
Il y'a eu aussi des conflits frontaliers suscités à propos du partage des ressources naturelle(gisements pétroliers, eau...), aux bénéfices crées par les aménagements hydrauliques, sur la propriété et le mode de gestion de la terre et enfin les nuisances créées par les différences des politiques écononiques. Le conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée suscité par un litige sur le tracé de la frontière longue de 1.000km.Celui qui opposait le Thad à la Libye était lié à la bande d'Aouzou et aux ambitions de Kadhafi d'imposer son pays sur la scène africaine.
Certains conflits étaient liés essentiellement au contrôle des zones de matières premières. Le diamant et le pétrole ont été à l'origine de plusieurs guerres africaines. Le conflit angolais qui a perduré 27ans entre le MPLA et l'UNITA a été entretenu d'une part par les énormes entrées financières dues au diamant et au pétrole et d'autre part par le jeu de la concurrence féroce auquel se livraient les grandes puissances à travers leurs multinationales. En Sierra Léone, le contrôle et les ventes de diamants avaient permis à la RUF d'obtenir une réelle puissance de frappe.
Au Libéria, Charles Taylor a toujours été suspecté de tolérer le recel de diamant. En RDC, l'enlissement de la guerre depuis 1998, illustre de ce fait les intérçets économiques des différents belligérents,focalisés sur l'exploitation du diamant. Ce conflit de la RDC, qualifié de première guerre mondiale africaine, connait la présence de plusieurs pays: les alliés de Kinshasa (Namibie, Zimbabwe, Angola) et les mouvements rebelles( RCD-ML, RCD-Goma, MLC), soutenu par le Rwanda et le Burundi. La région de Kivu, constitue l'épicentre des tensions multiples entre les rebelles hutu, burundais, les milicestribales maï_maï, les combattants banyamulegués, les interahamwés...
Dans cette région des grands lacs, Washington cherche d'une part à maintenir dans la zone d'influence américaine la RDC, afin dedisposer de son potentiel minier et d'autre part stabiliser la sécurité et l'équilibre économique du Rwanda et de l'Ouganda, pour déstabiliser l'islamisme politique de Karthoum.
Le Congo- Brazzaville a connu en 1997 et 1998, une guerre de pétrole soutenu par la société pétrolière française ELF. Selon les services de renseignement français, le président Sassou a bénéficié du soutien de la compagnie Elf avec la complicité des réseau du françafrique.
Le problème ethnique et la lutte pour le pouvoir entre les Tutsi et les Hutu ont été les principales causes d'instabilité dans la région des grands lacs. A cela s'ajoute la rivalité franco-américaine. En effet, l'arrivée au pouvoir du FPR à Kigali en juillet 1994, avec l'appui des USA et surtout celle des troupes de Kabila à Kinshasa en mai 1997,fut perçu par la France comme une menace potentielle pour le Congo-Brazzaville, son bassin pétrolier.Cette menace anglo-saxonne partie de Kigali conduisit le lobby étatico- pétrolier ELF, à instrumentaliser en 1997, les luttes de pouvoir de la classe politique congolaise, en vue d'asseoir à Brazzaville un nouveau jeu politique pouvant garantir le contrôle par la France des reserves pétrolières du Congo.
Plusieurs autres conflits ont été d'origine interne. Le cas en Somalie, au Soudan, au Libéria, en Guinée...Faut-il envisager des solutions séparées pour chacun des cas évoquées? Nous souhaitons seulement que l'Union africaine devienne un cadre de développement régional dans la prévention et le reglement pacifique des différents conflits. En fonction des menaces potentielles,l'Union africaine doit élaborer une stratégie de localisation des forces de paix. La question de coordination avec les mécanismes sous-régionaux existants devra être reglée: renforcement des capacités africaines de maintien de la paix, Recamp de la France, l'African center for security studies des USA ou
leBMATT de la Grande Bretagne.L'Union africaine devra regler les problèmes de développement, s'activer à la démocratisation du continent, éteindre les foyers de tensions du continent et oeuvrer pour la réalisation des objectifs poursuivis par l'ONU dans le réglement pacifique des différends. Elle doit également se fonder sur une union économique. Le NEPAD s'inscrit dans les mêmes ornières.
La crédibilité et l'efficacité de l'Union africaine seront fonction de la bonne volonté des chefs d'Etats et gouvernements et tous les citoyens africains.