"Nechra*approche ethnographique de la sexualité de la femme à Constantine"
C O D E S R I A 10 ème ASSEMBLEE GENERALE
" L’AFRIQUE DANS LE NOUVEAU MILLENAIRE "
Kampala, 8 – 12 décembre 2002Mouni Djekrif´
Enseignante,département de
psychologie, Université de Constantine,Algerie.
E-mail:mndjekrif@yahoo.fr
Nechra pratique ou rituel thérapeutique traditionnel à Constantine relève du domaine exclusif de la femme. Annuelle, elle se pratique au printemps. Séculaire et païenne dans son essence, nechra attire toujours un nombre important de femmes de différentes couches et catégories sociales, des moins jeunes au plus jeunes, des initiées aux non initiées. Tenant tête à la religion, concurrençant la médecine scientifique et irrationnelle et elle semble même, résister à la toute récente Roukia. Elle continue à offrir un cadre à la fois exutoire, et abréactif aux femmes souffrantes de toute sorte de problèmes.
Un regard ethnographique peut nous aider à comprendre le rapport qu’entretient nechra avec la sexualité de la femme. Dans la société constantinoise elle est considérée comme une thérapie. En effet la stérilité, la maladie ou tout autre problème pousse la femme à recourir à la nechra espérant y trouver une solution. Nous pensons que derrière tout cela se dissimule une sexualité entre la patiente et un partenaire non réel mais, socialement codé. Notre réflexion porte sur le rituel de la nechra dans ses différents aspects constitutifs : dans sa structure, dans son mode de fonctionnement, mais surtout dans l’esprit qui la régit. Nous entendons par esprit, tout cet ensemble de dispositions mentales ou psychologiques mis en place pour la réalisation du rituel.
Le travail présenté ici, s’articulera autour des points constituant à notre avis l’âme et le corps de la nechra, en d’autres termes, son contenu et son contenant.
Nechra : sa solénnité, ses lois, son esprit.
1) Sa solénnité, ses lois.
Nechra est une institution et c’est aussi un moyen d’expression régit par des lois immuables et tacites. Elle ne tolère aucune dérogation ou transgression. Dans la croyance populaire, la tourner en dérision c’est s’exposer à une malédiction qui s’exprimerait par des retombées néfastes sur la santé physique ou morale. On en parle avec déférence : nous avons souvent entendu l’expression : « mselmine, mketfine » verbes signifiant : «livrés (es), ligotés (es) ».Expression suivie de gestes : croisements dans les deux sens des bras en posant les mains sur les épaules à la seule évocation du rituel, mais surtout du monde surnaturel auquel il renvoie. Ce monde surnaturel identifié est socialement codé, à cause de la nature des éléments ou plus précisément des entités qui l’occupent. Ce monde est peuplé de « djnoun » donc d’esprits dotés d’un immense pouvoir qui les rend redoutables. Afin d’échapper à leur entreprise, on les nomme « hbab Rabi » qui signifie amis de Dieu. Appellation protectrice dans les rapports des humains avec les « djnoun » qui fera de ces derniers, plutôt des alliés.
Notons l’emprunt voir même l’appropriation ainsi que l’utilisation par la nechra de l’élément djinn entité reconnue par l’Islam.
La première règle fondamentale pour quiconque voulant s’adonner à la nechra est d’y croire profondément. La foi en la nechra fait fonction de loi, elle est la condition sine qua non pour l’efficacité de la cure.
Deux types de populations pratiquent nechra :les non-initiées et ses adeptes, les initiées. Les deux entreprennent nechra sentencieusement et solennellement. Ses adeptes sont tenues de la respecter en la pratiquant au moment voulu, c’est à dire annuellement et à la même période. Tout retard par contre, entraînerait des perturbations dans la santé. Car, pour ces dernières nechra devient un pacte suite à une « waâda », vœu émis pour la résolution d’un problème. Aussitôt contractée nechra ne doit en aucun cas être suspendue, ou interrompue. Telle est sa règle, telle est son autre loi. S’y soustraire provoquerait une déstabilisation certaine sur le plan psychique ou physique. En cas de décès de la patiente, il est même prévu une relève, afin d’assurer la continuité et la perpétuité du rite. Cette relève sera assurée par une de ses filles ou une de ses descendantes directes. Nechra est une chaîne qui ne doit pas être brisée. Pratiquer nechra implique donc une soumission absolue et irréversible à ses lois de la part de la femme.
2) Son esprit : sympathie et joie telles sont ses recommandations. Pour sa réussite c’est à dire pour la guérison de la malade, nechra doit se réaliser dans la détente et doit se pratiquer dans une ambiance psychologique et sociale de ârs, de totale réjouissance. La malade veillera à éloigner d’elle toutes sources de perturbation, de mécontentement ou de désagrément. Cela peut aller jusqu’à « l’isolement » conjugal (sexuel) et /ou familial (social). Donc par auto-suggestion, et grâce à son self-contrôle elle doit maîtriser toute sorte d’émotion négative qui parasiterait sa cure. Elle se consacre entièrement à la nechra, elle se coupe du monde réel, de ce qui constitue son quotidien. Elle crée un monde propre à elle : celui du rituel. Au regard de cela, nous ne pouvons nous empêcher de nous questionner sur le lien de la cure et de sa célébration dans un cadre de fête, accompagné d’un sentiment d’euphorie réelle ou artificielle. N’est-ce pas exceptionnel et insolite de se soigner dans la joie ? Personne n’ignore pourtant l’état dépressif et l’état d’abattement qui accompagnent toute maladie.
Les préliminaires de la nechra.
C’est une étape très importante précédant nechra. Nous l’avons observée lors des préparatifs minutieusement respectés par la femme. Son organisation solennelle indique le début de la réalisation de la nechra. La femme procède à des achats d’éléments nécessaires à la cure : encens, bougies, parfum, henné, souak , semoule et miel pour la confection de la tamina , animaux à sacrifier :pigeons, coqs ou boucs. Et enfin, elle s’achète du tissu pour confectionner une nouvelle tenue :kmem, daoukhila, gandoura etc…
La veille de la cure, la patiente accorde une attention particulière à son corps et à son lieu de vie. Elle commence par se rendre au hammam pour l’hygiène ainsi que la purification de son corps. Le soir, elle s’attèle à créer une ambiance et une atmosphère agréable et sympathique dans sa maison : elle l’encense, et y allume des bougies. Des convives (seulement des femmes) se rassemblent autour d’un copieux repas, offert gracieusement par la patiente pour marquer cette « heureuse » circonstance. Elle termine sa soirée par des soins esthétiques en s’enduisant les mains et les pieds de henné.
Le hammam, autre importante étape, joue un rôle significatif dans la conduite du rituel de la nechra. Sa fonction essentielle reste fondamentalement culturelle. Elle consiste en la purification du corps, en tant que matière, mais aussi l’âme en tant que spiritualité. A. Bouhdiba, décrit à ce propos la double fonction du hammam, dans son livre intitulé : « La sexualité en Islam ». Il dit: « …aller au hammam relève du souci d’ôter la souillure consécutive à l’acte sexuel et puisque le hammam par les soins qu’il comporte est aussi une préparation à l’acte sexuel, on peut dire que le hammam est à la fois conclusion et propédeutique de l’œuvre de chair. Le hammam est l’épilogue de la chair et le prologue de la prière. » [1]
Le hammam termine donc socialement et symboliquement la sexualité humaine. En effet, et comme nous l’avons signaler plus haut, nechra n’est pas que thérapie, elle est aussi acte sexuel transcendé voire sublimé. Nous retrouvons bien là, la fonction du hammam concrétisant la rupture d’avec l’humain (l’époux) et préparation avec un autre type de rapport qui relève du surnaturel. Il est donc, l’opération pour l’établissement de frontières entre les genres, humain et celui des djnoun. Pour nous, le hammam, par l’acte de purification, permet ainsi à la femme de retrouver une virginité nouvelle et symbolique, en vue d’une nouvelle sexualité dans la nechra.
L’embellissement et le soin du corps s’ajoutent à l’opération de purification.
Nous pouvons établir le rapprochement avec les préparatifs chez toute nouvelle mariée. Vierge et belle comme si elle allait s’offrir à quelqu’un d’autre dans un cérémonial : celui de la nechra.
Voyons maintenant, comment la femme célèbre sa cure, à travers le rituel.
Deux étapes distinctes et consécutives la constituent : Lhor et Loussif . Lhor signifie libre avec une référence implicite au blanc, au pur. En opposition à Loussif qui lui, signifie noir esclave doté d’une connotation péjorative.
- a- Lhor s’entame un mercredi. La femme effectue un pèlerinage dans un circuit composé de cinq endroits se trouvant à la périphérie de Constantine. Il s’agit de Fraïdja, Sidi Meimoun, Lghaba, Loghrab et enfin Sidi Bouledjbel. Ces endroits présentent une caractéristique commune : il s’agit de la constitution naturelle des lieux où l’élément aquatique domine. En effet, chaque lieu abrite une source d’eau potable. Dans ces lieux la femme s’adonne aux mêmes pratiques rituelles : chaque endroit visité est encensé, aspergé de parfum, éclairé de bougies. Il reçoit aux quatre points cardinaux des offrandes de boulettes de tamina, puis dans un coin, le sang d’un des animaux sacrifié.
b- Aussitôt après lhor, un après midi est consacré à des danses chez les Fkirat ou les Benoutet, (orchestre féminin).
2. Loussif : deuxième étape de la nechra se poursuit le lundi suivant. Comme pour établir une coupure, symbolique à notre point de vue, entre Lhor et Lousif la patiente se rend encore au hammam le dimanche ; pour une seconde purification.
Selon son choix elle se dirige vers un des sanctuaires des Ouasfanes appelés « Dar Diwane ». Il en existe deux. Abrité dans une vieille maison chaque Diwane porte un nom en référence à l’origine ancestrale de ses occupants. L’un s’appelle : Dar Barnou et Haoussa le second : Dar Bahri. , les deux sont implantés au centre ville de Constantine.
La thérapie au Diwane est du ressort de deux équipes, l’une féminine :Bnet Diwane, et l’autre masculine :Ouled Diwane. Ouled Diwane constituent l’orchestre, ayant pour fonctions le tboul, musique à l’aide d’instruments : gros tambours, crotales, etc.… accompagné de chants en langue soudanaise.
Bnet Diwane occupent quant à elles une fonction différente mais complémentaire de celle de l’orchestre. Par leur savoir ésotérique, ces femmes se font appeler d’ailleurs « Arifat » c’est à dire « celles qui savent ». S’occupant exclusivement de la malade, elles sont en fait les véritables thérapeutes. Lors de toutes nos visites, nous avons bien remarqué qu’en dehors des salamalecs, aucun échange physique ou verbal, visuel ou émotionnel ne s’établissait entre les hommes du Diwane et la patiente au moment précis de la cure. Ici, la thérapie est féminine, elle se fait de femmes à femme. Nous avons vu la plus âgée s’entretenir avec chaque patiente. Elle la questionne sur sa maladie, établit le diagnostic et décide du traitement adéquat : naouba ou demie naouba
La cure chez les Ouasfane, se base essentiellement sur la danse appelée tehoual. Selon son sens littéral ce terme signifie : agitation, remous, perturbation. Tehoual, danse à l’origine interdite aux jeunes filles, se danse debout en agitant la tête et le torse de l’avant vers l’arrière, avec les yeux fermés. Mais avant, la Arifa produit un nuage de bkhor avec de l’encens, qu’elle fait respirer à la patiente. Souvent debout, elle assiste la malade en l’aidant à se vêtir et à se dévêtir des différentes gandouras. Elle lui règle les danses, lui remet les accessoires nerf de bœuf, couteaux, l’mekiri, l’djeldjel, etc.… nécessaires à chacune des danses. Elle la soutient lorsqu’elle danse, afin de l’empêcher de tomber ou de se blesser.
A la fin des différentes danses, et donc de la naouba, intervient encore la Arifa pour passer la débouza sur le corps affalé de la patiente en insistant sur les bras, les jambes et le ventre. Elle la masse ensuite, en l’aidant à reprendre progressivement conscience. La cure se termine lorsque la Arifa, présentant ses vœux de rétablissement, perçoit les honoraires correspondants au traitement.
La patiente danse selon une chronologie correspondant à chaque entité surnaturelle. Et chaque entité surnaturelle possède sa propre identité raciale. La naouba et le contenu des madaïh l’indiquent. De même, les couleurs des tissus, et les accessoires portés par la femme durant la danse ne sont que les attributs relatifs à chaque entité, donc à chaque djinn. La naouba entière se déroule comme suit :
1) Ouled Belekhel (enfants de Noir) où les louanges s’adressent d’abord et avant tout à Sidi Merzoug, d’origine africaine et premier fondateur du rituel. Durant ce chant, la femme danse en gandoura noire, la tête couverte d’un béret ou d’un bonnet noir, un grand foulard ; noir également lui couvrira les épaules et les cheveux. L’djeldjel peau de bouc noire, garnie de grelots, lui sera fixée au dos. L’évocation s’adresse ici au djinn noir africain.
2) Ouled Belahmar (enfants de Rouge) parée d’une gandoura rouge, la patiente danse en portant deux grands couteaux dont les manches sont recouverts de tissus rouges. C’est à cette étape précise que l’on procède au sacrifice (sans l’évocation habituelle du nom d’Allah) d’un coq préalablement purifié. L’évocation s’adresse au djinn romi (romain) ou européen.
3) Danse avec une gandoura et un foulard de couleur rose. Le djinn évoqué est juif. .
4) Sidi Abd El Kader Eljilani, Soltane Essalihine (roi des Saints), le vert est la couleur prédominante. Le djinn est arabe.
5) Soltane El maâ (roi de l’eau) se danse sans couleur précise. La particularité réside ici, dans la présentation à la patiente d’un baquet contenant de l’eau, devant lequel elle va s’agenouiller pour s’y tremper la tête, se laver le visage, les bras puis les jambes. Le djinn évoqué provient de l’eau.
6) Jathou : se danse sans couleur précise. L’évocation s’adresse au mauvais djinn provenant des lieux malsains.
7) Et en dernier apparaît la danse de Boussaâdia (danse du bouffon), la couleur reste au choix de la patiente. L’évocation est réservée au djinn appréciant la distraction, l’amusement.
La demie naouba n’inclut pas Jathou et la danse de Boussâadia,, elle ne se compose que de cinq madaih.
La patiente clôture sa nechra en se rendant au hammam pour la troisième et dernière fois.
La danse transe, ou la danse pour la transe.
Nous avons vu lors de nos différentes visites, chez les Ouasfane, que tehoual, transformait l’état psychologique de la danseuse. En effet, conditionnée par une musique rythmée tellement impressionnante et entraînante que l’on y résiste difficilement. Petit à petit, tehoual devient frénétique, produisant ainsi, chez la femme une sorte d’état second qui la coupe du monde réel. La patiente atteint le paroxysme de sa danse, devient complètement autre, et entre alors en transe. Cet état a été l’objet d’étude chez de nombreux auteurs ayant des profils différents, il a été qualifié par exemple, par G.Lapassade dans son livre sur la transe ; [2] de transe de possession. Alors que F. Schott-Billmann dans son livre, intitulé " Corps et possession" [3] le qualifie de crise de possession. Dans notre milieu, aussi bien pour la patiente que pour l’entourage présent, cette transe provoquée ou induite revêt un caractère purement thérapeutique. Notre approche ethnographique, nous a permis de réaliser que pour aboutir à cet état de transe, les choses se sont concoctées en quelque sorte bien avant. En effet, tout a été minutieusement préparé pour la mise en œuvre de cette opération thérapeutique. Les informations ethnographiques ont révélé la manière dont se « construisait » le rituel, avant (préliminaires), pendant (le rituel :hor et oussif) et après (l’état de bien être retrouvé par la patente). L’exécution préparatoire de chacune des étapes se réalise dans un « mini » rituel. La femme se refait symboliquement une virginité, par le hammam, se fait belle comme une mariée, l’ambiance dans sa tête et autour d’elle, est une ambiance de ârs. Cela ressemble au scénario de mariage célébré au sein d’une institution, où le modèle explicite relève du thérapeutique. En tant que thérapie culturellement institutionnalisée, nechra offre à notre avis bien plus. Elle offre un autre modèle dissimulé implicite, voire latent : celui d’une sexualité institutionnalisée. En effet, nous pensons qu’il s’agit d’une sexualité de la patiente avec un partenaire non réel mais identifié de par sa race et son origine. Il est bien évident aussi, que la sexualité dont il question est non dite, et jamais déclarée ou même avouée. Car elle reste toujours taboue, et relève du domaine de l’inconscient. Traitant le même sujet, A. Attar-Mecherbet met l’accent sur l’importance du sens du corps dans la nechra. Pour elle le corps est un moyen d’expression qui se substitue à la parole. Elle dit : « La théatralité par le jeu du corps et ses moyens expressifs dans ce rite, permettent de signifier autrement que par la parole. Le jeu de rôles possibles et figurants, au centre du groupe dans cette salle, exprime ce qui ne peut pas être dit. » [4] Nous pensons, en accord avec elle, que le corps s’exprime, à la place de la parole. Et que, puisque la parole ne peut « dire » la sexualité, le corps investit la sexualité et la « dit » et la vit à travers nechra.
La nechra en tant que thérapie n’est qu’un vécu détourné de la sexualité. Cette dernière étant taboue, elle ne peut que revêtir le « socialement correct » pour se réaliser et/ou s’exprimer. Si de surcroît, le partenaire sexuel appartient au monde surnaturel, qui en fait, est bien un djinn, alors l’argument thérapeutique n’en sera que conforté. Nous sommes ici en face du mécanisme de la sublimation tel que la psychanalyse le décrit et explique le processus. Nechra prend ainsi l’allure d’une véritable histoire d’amour. C’est une histoire poétique ritualisée, d’une infidélité fidèle. Le rendez-vous se respecte et se répète. Il s’inscrit, dans un domaine spatio-temporel fixe. Chaque année, aux mêmes endroits et au printemps, la patiente se présente telle une mariée, à ses amoureux. Et, elle guérit.
En conclusion, nous pouvons dire que nechra légalise et légitime un adultère, entre la patiente et au moins deux partenaires sexuels : un djinn blanc et un djinn noir. Telle est notre principale hypothèse que nous tenterons de vérifier à travers une étude ethnopsychiatrique approfondie.
GLOSSAIRE
- Roukia
: thérapie par le Coran.- Djnoun
: pluriel de djinn.- Waâda
: vœu, engagement aux esprits de la nechra.- Ârs
: fête, noce.- Souak : racines de noyer, utilisées pour l’hygiène des dents, et la coloration des gencives et des lèvres.
- Tamina
: confiserie traditionnelle.- Kmem :
manches accompagnant la gandoura.- Daoukhila :
fonds de robe traditionnel.- Fkirat ou Benoutat
: groupe de femmes de chants et de musiques. Dans les traditions constantinoises, cet orchestre chantant est souvent sollicité pour célébrer la sabaha (matinée succédant la nuit de noce) de la nouvelle mariée- Ouasfane
: pluriel de ousif, ils préfèrent s’appeler Ouled Diwane qui signifie enfants du Diwane. Les femmes, se font appeler : Bnet Diwane, filles du Diwane.- Dar Barnou, Haoussa, et Bahri : Dar, signifie maison. Cette appellation se rapporte à l’origine de la population, venu d’Afrique noire. Barnou est originaire du Tchad, Haoussa du Niger, et Bahri du Mali.
- Naouba
: sorte d’anthologie composée de chants contenant des madaïh orchestrés bien sur par le tboul. La naouba entière comprend sept madaïh, alors que la demie naouba ne comporte que cinq. En arabe littéraire, naouba signifie crise.- Bkhor
: encensement.- L’mékiri
: grande hâche.- Debouza
: sorte de gros gourdin d’environ 50 cm de long, enveloppé de plusieurs tissus.- Madaïh
: louanges aux différentes entités évoquées.Références.
[1] A Bouhdiba, La sexualité en Islam, Paris, PUF, 1975, page 203.
[2] G. Lapassade, La transe, Paris, PUF, 1990.
[3] France Schott-Billman, Corps et possession, Le vécu corporel des possédés face à la rationalité occidentale, Gauthier-Villars, Références, Bordas, 1977.
[4] A. Attar-Mecherbet, Symbolique du corps et pratiques thérapeutiques traditionnelles, in Petit Manuel De Psychothérapie Des Migrants. (5) N° 35/36, Nouvelle Revue d'Ethnopsychiatrie, La pensée sauvage, éditions, 1999, page 71.