« Afrique, Maghreb ou les nécessités de régionalisation » 

Yasmina Arama
Géographe. Enseignante-Chercheur
Département Architecture et Urbanisme-
Université Mentouri de Constantine (Algérie)
Tel/Fax : 00 213 31 665067 
ym_arama@yahoo.fr

Abstract:

Le défi de la mondialisation en Afrique et au Maghreb ne se résumerait pas au fait de surmonter les problèmes exclusivement économiques. Les institutions et les territoires sont en permanence en cause.

A différentes échelles, la régionalisation se pose.

De nouveaux rapports au territoire sont à identifier. Sans mettre complètement en jeu le principe territorial classique, ils permettraient l’émergence  de nouvelles régions plus autonomes, aux compétences plus élargies  favorisant ainsi le rapport  local/  global, davantage dans les exigences du Marché.

Des formes de  gestion, plus territorialisées sont de fait attendues conformément à des changements de politiques territoriales. Qu’en est-il vraiment ?

Pour le Maghreb les défis  relèvent à la fois de son unification et de sa régionalisation mais également de sa capacité à maîtriser, très vite et en permanence, les mécanismes du Marché.

Le processus d’intégration régionale, impulsé par l’Union du Maghreb Arabe (UMA), ne peut  se poursuivre sans imposer  à la fois de nouveaux modes d’échanges,    représentations politiques et  territorialités nouvelles.

La régionalisation du Maghreb passe nécessairement par une construction du Maghreb et une partie de l’Afrique. Elle est un préalable à une intégration au système économique mondial de même  qu’elle reste tributaire de la construction de la région, palier décentralisé et collectivité territoriale compétente à l’intérieur des pays.

Dans les systèmes centralisés, les Etats  sont confrontés aux revendications citoyennes et particulièrement à celles de communautés locales et régionales. La lutte pour la reconnaissance de l’identité révèle souvent le besoin d’autonomie régionale.

En Algérie, par exemple, il est plus question de la montée du régionalisme avec les revendications de la communauté Kabyle qui pose la question de  l’autonomie de la région.

Cependant, le régionalisme  pourrait  être le « détonateur » pour une régionalisation et  pour ainsi dire la construction de la région.

Car, comment intégrer le système économique mondial sans rendre autonome la région et compétitif le système productif local ? Question à laquelle les pays de l’Afrique et du Maghreb en particulier sont tôt ou tard  amenés à y répondre?