Repenser le développement économique en Afrique par la formation des femmes à l’entrepreneuriat
Proposition de contribution pour la conférence du 08 au 12 décembre 2002,
Kampala en UgandaGérard TCHOUASSI
Université de Yaoundé II – CamerounBP 2282 Yaoundé-Cameroun
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Abstract
Depuis le sommet de Washington en 1997[1], le micro crédit s’est donné deux objectifs principaux : Réduire la pauvreté ou l’exclusion et contribuer à la promotion de l’entrepreneuriat surtout des femmes. Ce double objectif est une nouvelle approche des institutions de micro financement. En effet, dans les années dix neuf cent quatre vingt, la plupart d’expériences d’appui à l’entrepreneuriat se construisaient soit autour du crédit, soit autour de la formation.
Les deux métiers étaient au départ distincts. Mais, depuis le début des années dix neuf cent quatre vingt-dix et surtout après le sommet du micro crédit (1997), on remarque un rapprochement des deux métiers. En effet, on note l’émergence d’institutions de formation qui se mettent à octroyer des petits crédits (c’est le cas d’Entreprendre à Madagascar) ou des institutions de micro finance qui se mettent à former (c’est le cas par exemple de PRIDE en Guinée). Ce phénomène n’étant pas exclusif à l’Afrique, car il s’observe aussi dans certains pays développés, permet de repenser le développement économique tant des pays développés que des pays en développement. Or, pour repenser le développement économique en Afrique, il faut agir sur la composante de la société la plus touchée par la pauvreté et par l’exclusion que constituent les femmes en les formant à l’entrepreneuriat.
Sur le volet de la formation tant pour la qualité du produit, les techniques de vente, le marketing, la tenue des comptes de l’entreprises, les outils de gestion et de comptabilité, la promotion des activités génératrices de revenus ou des activités de contre saison, etc., un rapport sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique subsaharienne (Atol, 1997)[2] souligne que les bagages dont disposent les femmes pour faire fonctionner leurs entreprises ou leurs activités sont, comparativement à ceux ou celles des hommes, très insuffisants, et cela pour plusieurs raisons. Les femmes ont moins de ressources économiques notamment, financières et humaines. Par ailleurs, elles manquent dans la plupart des cas, d’éducation scolaire de base et de formation professionnelle. Face à la globalisation comment améliorer la formation des femmes entreprenantes africaines dans le but de repenser le développement économique de l’Afrique ?
Outre les méthodes de formation purement techniques et classiques développées et mises en place par les pouvoirs publics (à travers les universités, les écoles de formation et les centres de formation professionnels), les agences de développement et les ONG, d’autres méthodes de formation se révèlent plus pertinentes. Dans cette contribution, on mettra en exergue de nouvelles méthodes de formation pour tenter de répondre à la question comment former quels entrepreneurs ? Car, ces méthodes prennent en compte l’âge, le niveau d’éducation et d’instruction, le type d’activités et l’environnement socioculturel des femmes à former. Véritable manifeste en faveur de la formation à l’entrepreneuriat, cette contribution propose, dans une première partie, une définition élargie de ce personnage souvent assimilé et réduit au créateur d’entreprise. L’entrepreneur que nous souhaitons former est un créateur d’activités, au sein de structures nouvelles ou existantes, capable de concilier à l’échelle de l’organisation des logiques économiques et sociales. Dans une deuxième partie, nous proposons afin de repenser le développement économique de l’Afrique des approches pédagogiques qui tiennent compte de l’age, du niveau de formation et du niveau d’activité des apprenants.[1] Ce sommet de Washington célébrait les mérites du micro crédit. Déjà Hilary Clinton avançait l’idée selon laquelle « micro-credit is a macro-idea ». A cette date, le micro crédit constituait le moteur de la lutte contre la pauvreté dans les pays du Sud mais aussi pour les populations défavorisées des « banlieues » des pays du Nord.
[2] Voir Atol, (1997) « Les femmes entrepreneurs et les ONG d’appui en Afrique subsaharienne. Un éloge de la diversité et de la complexité », Rapport final : Recherche - Action sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique subsaharienne, 125p.
Introduction
Depuis le sommet de Washington en 1997, le micro crédit s’est donné deux objectifs principaux : Réduire la pauvreté ou l’exclusion et contribuer à la promotion de l’entrepreneuriat surtout des femmes. Ce double objectif est une nouvelle approche des institutions de micro financement. En effet, dans les années dix neuf cent quatre vingt, la plupart d’expériences d’appui à l’entrepreneuriat se construisaient soit autour du crédit, soit autour de la formation.
Les deux métiers étaient au départ distincts. Mais, depuis le début des années dix neuf cent quatre vingt-dix et surtout après le sommet du micro crédit (1997), on remarque un rapprochement des deux métiers. En effet, on note l’émergence d’institutions de formation qui se mettent à octroyer des petits crédits (c’est le cas d’Entreprendre à Madagascar) ou des institutions de micro finance qui se mettent à former (c’est le cas par exemple de PRIDE en Guinée). Ce phénomène n’étant pas exclusif à l’Afrique, car il s’observe aussi dans certains pays développés, permet de repenser le développement économique tant des pays développés que des pays en développement. Or, pour repenser le développement économique en Afrique, il faut agir sur la composante de la société la plus touchée par la pauvreté et par l’exclusion que constituent les femmes en les accordant de micro et petits crédits et en les formant à l’entrepreneuriat.
L’entrepreneuriat apparaît comme un phénomène organisationnel qui conduit à l’apparition des formes organisées à finalité socio-économique et qui nécessite un pilotage pour arriver au but recherché par ceux qui en ont la responsabilité et/ou la gouvernance. Il semble important, pour servir ce pilotage, de comprendre les conditions d’émergence de ces formes d’organisation. Pour cela, il est important, d’une part d’aider effectivement à cette émergence en créant de la richesse, des valeurs, des emplois, en renouvelant le tissu socio-économique et en formant les entrepreneurs dans le but de répondre à la nouvelle donne économique et concurrentielle mondiale. D’autre part, ces conditions ne sont pas neutres sur la façon dont la forme d’organisation née peut évoluer même lorsqu’on prend en compte le sexe et l’âge des entreprenants (es) ou des entrepreuneurs (es).
Concernant le volet de la formation tant pour la qualité du produit, les techniques de vente, le marketing, la tenue des comptes de l’entreprises, les outils de gestion et de comptabilité, la promotion des activités génératrices de revenus ou des activités de contre saison, etc., un rapport sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique subsaharienne (Atol, 1997) souligne que les bagages dont disposent les femmes pour faire fonctionner leurs entreprises ou leurs activités sont, comparativement à ceux ou celles des hommes, très insuffisants, et cela pour plusieurs raisons. Les femmes ont moins de ressources économiques notamment, financières et humaines. Par ailleurs, elles manquent dans la plupart des cas, d’éducation scolaire de base et de formation professionnelle. Face à la globalisation comment améliorer la formation des femmes entreprenantes africaines dans le but de repenser le développement économique de l’Afrique ?
Outre les méthodes de formation purement techniques et classiques développées et mises en place par les pouvoirs publics (à travers les universités, les écoles de formation et les centres de formation professionnels), les agences de développement, les chambres de commerces et d’industries et les Organisations non gouvernementales, d’autres méthodes de formation se révèlent plus pertinentes. Dans cette contribution, nous allons tenter de mettre en exergue outre les expériences des institutions africaines existantes couplant le métier de distribution de micro crédit et le métier de formation à l’entrepreneuriat, de nouvelles méthodes de formation entrepreneuriale pour essayer de répondre à la question comment former quels entrepreneurs ? Car, ces méthodes prennent en compte l’âge, le niveau d’éducation et d’instruction de base, le type d’activités et l’environnement socioculturel des femmes à former. Véritable manifeste en faveur de la spécificité des méthodes de formation à l’entrepreneuriat, cette contribution propose, dans une première partie, une définition élargie de ce personnage souvent assimilé et réduit au créateur d’entreprise. L’entrepreneur que nous souhaitons former est un créateur d’activités, au sein de structures nouvelles ou existantes, capable de concilier à l’échelle de l’organisation des logiques économiques et sociales. Dans une deuxième partie, nous présentons quelques expériences d’institutions africaines de micro crédit qui ont un souci de formation de leurs clientèles à l’esprit d’entreprise et à la culture entrepreneuriale avant de développer une analyse critique qui recentre des propositions dont le but est de repenser le développement économique de l’Afrique. Des approches pédagogiques qui tiennent compte des spécificités de l’Afrique et des apprenants (es), de leur âge, de leur niveau de formation, de leur niveau d’activités économiques ou sociales, etc. seront développées dans la troisième partie de cette contribution.
I./ Quels entrepreneurs faut-il former ?
De nos jours l’entrepreneur, de sexe masculin et/ou féminin, fait recette. En effet, les chercheurs ne cessent de vanter les mérites de l’entrepreneur féminin, son rôle central en matière d’innovation technologique, industrielle, économique et sociale, son esprit prompt à prendre des risques économiques et sa capacité d’initiative quel que soit son âge. L’image de l’entrepreneur, sacralisée par les pères de l’économie politique Richard Cantillon (1680-1734) et Jean Baptiste Say (1767-1832), puis par Joseph Alloys Schumpeter (1883-1950) a été dépoussiérée dans les années 1980 par les économistes G. Gilder et Peter Drucker pour se propager dans tous les pays, développés ou en développement, riches ou pauvres, occidentaux ou africains.
La définition du mot « entrepreneur » évolue avec l’économie du marché puisque le développement de l’activité économique se traduit par le déplacement du centre de gravité de l’agriculture vers l’industrie, puis vers les services. L’entrepreneur peut alors être marchand, fermier ou industriel. A l’origine, marchand ou maître d’ouvrage, l’entrepreneur devient, à partir du XVIIIe siècle, un industriel qui personnifie l’entreprise - laquelle porte souvent son nom - et qui se caractérise par sa capacité d’initiative et d’innovation. Pour Turgot (1727-1781), l’« entrepreneur de fabrique » crée une entreprise grâce au capital qu’il apporte. Pour Jean Baptiste Say (1767-1832), l’entrepreneur est « l’agent principal de la production ». La « capacité de jugement » est sa première qualité car il doit prendre en « charge les risques de la production » et gagner la confiance du banquier qui doit lui-même se méfier des « charlatans » et des « intrigants ». L’entrepreneur de Jean Baptiste Say monte une affaire, une activité en supportant les risques car il s’engage sans garanties des résultats qu’il peut atteindre.
Depuis les travaux de ces auteurs, l’entrepreneur est généralement assimilé au créateur d’entreprise. Cet agent économique assure la création de richesses grâce à l’exploitation de nouvelles opportunités. L’entrepreneur de J. A. Schumpeter réalise de « nouvelles combinaisons de moyens de production » qui se transforment en innovations : nouveaux produits, nouvelles méthodes de production, nouveaux marchés, nouvelles sources d’approvisionnements, nouvelles organisations industrielles. L’innovation rénove les marchés en rendant obsolètes les comportements entrepreneuriaux et de consommation routiniers. La destruction créative est à l’origine du lancement d’un nouveau cycle d’accumulation, de croissance et de crise.
Au milieu des années 1980, l’entrepreneur est de fait créateur et dirigeant de petites entreprises. Les grandes entreprises étouffées par la bureaucratie routinière et, dirigées par les « gestionnaires professionnels » de Galbraith, ont vécu pendant toute cette période. Les petites entreprises, avec à leur tête des petits (es) entrepreneurs (es), livrent la seule guerre contre la pauvreté, nous apprend G. Gilder. Ceci par ce que leurs propriétaires « connaissent les grandes lois du monde » et savent « briser le miroir des idées reçues », grâce à leur grande capacité de jugement. D’autant plus, ajoute P. Drucker, que l’esprit d’entreprise se manifeste et se matérialise par un comportement spécifique, ce n’est pas un trait de caractère : « l’innovation est l’instrument spécifique de l’esprit d’entreprise. C’est l’action qui consiste à ouvrir de nouvelles possibilités aux ressources pour créer des richesses ». L’esprit d’entreprise consiste à « agir le premier, non à réagir ».
L’objectif de cette contribution étant de repenser le développement économique de l’Afrique, cette résurgence de la place de l’entrepreneur, en particulier de l’entrepreneur féminin, s’inscrit dans un contexte de grandes mutations technologiques, industrielles, économiques et sociales (licenciements massifs, refus du travail en miettes, diffusion des technologies de production et de communication électroniques, mondialisation / globalisation, etc.). Les décideurs politiques ont cru voir dans l’action entrepreneuriale une issue aux différents maux sociaux (pauvreté, exclusion, crise, chômage, etc.). Initiative individuelle, imagination, innovation, mais aussi instabilité, incertitude, précarité, etc., l’entrepreneuriat c’est-à-dire le fait d’entreprendre, en créant son activité ou son entreprise, est appelé au secours du développement économique de l’Afrique. Tirer profit des opportunités créées par la crise, tout en évitant ses pièges et ses dangers d’échec constitue le pari de l’entrepreneur en général. La mise en place dans plusieurs pays africains, au cours des années 1980 et 1990, d’un ensemble de dispositifs juridiques et financiers au service des créateurs / créatrices d’entreprise, la déréglementation sont considérées comme des politiques pouvant permettre le retour aux valeurs fondamentales de l’économie de marché. Et particulièrement, la multiplication de toutes sortes de formation à la fonction de créateurs (ices), d’initiateurs (ices), de repreneurs (euses) d’activités économiques ou sociales bref des entrepreneurs (es) pourrait favoriser la remise en question des habitudes bien établies au sein des structures socio-économiques. Ce qui pourrait accoucher ou faire naître de nouveaux comportements entrepreneuriaux (Tchouassi, 2000a), de nouveaux agents économiques ; le développement de l’entrepreneuriat et le développement économique de l’Afrique en font partie. Ces nouveaux comportements entrepreneuriaux, nés de la multiplication des types de formations à l’entrepreneuriat et faisant de la création d’activités ou d’entreprises un champ d’investissement à part entière, devraient, par l’intermédiaire des nouveautés que les nouvelles entités apportent au développement économique local, national, régional ou international, modifier afin d’accroître les performances en terme de compétitivité de l’Afrique.
Sur le plan de la recherche et dans les domaines de la technique, de l’industrie, de la gestion, etc., la petite entrepreneure d’âge avancé sans niveau d’éducation scolaire et professionnelle de base et sa petite entreprise deviennent des espaces d’expérimentation de technologies et d’idées nouvelles. Ces espaces jouent ainsi un rôle tampon entre la recherche scientifique et la production industrielle pour créer de nouveaux produits, de nouveaux biens et services marchands.
II./ Quelles expériences d’institutions africaines en matière de micro crédit et de formation ?
Les expériences d’institutions africaines couplant le métier de distribution de micro crédit et celui de formation à l’entrepreneuriat privilégient la formation en gestion et cherchent à développer l’esprit et la culture d’entreprise des promoteurs (ices) (Webster et Filder, 1996). Les institutions que nous allons présenter et examiner dans cette partie sont assez représentatives de l’ensemble de celles qui offrent dans presque tous les pays d’Afrique soit du micro crédit couplé à une formation entrepreneuriale, soit une formation entrepreneuriale couplée à du micro crédit. Le Programme Intégré de Guinée pour le Développement de l’Entreprise (PRIDE) et le Fonds d’Appui aux Activités Rémunératrices des Femmes du Burkina (FAARF) reposent sur le modèle de la banque villageoise et octroient du microcrédit solidaire couplé à une formation entrepreneuriale. Le Forum des Jeunes Entrepreneurs du Congo (FJE) et Entreprendre à Madagascar (EAM) sont deux institutions de formation à l’entrepreneuriat qui ont intégré par la suite le micro crédit dans leur programme. Ces institutions semblent marquer l’évolution et la mutation que connaît actuellement l’Afrique à l’aube du troisième millénaire en rapprochant les métiers de financiers et de formateurs dont le but est de repenser son développement économique.
Les activités du Programme Intégré de Guinée pour le Développement de l’Entreprise et le Fonds d’Appui aux Activités des Femmes du Burkina ont été lancées en 1991 grâce à un appui respectif de l’USAID (Etats-Unis) et du Programme des Nations Unies pour le Développement. Ces deux institutions offrent à leur population cible constituée en majorité de femmes du micro crédit solidaire couplé à une formation à l’entrepreneuriat. Malgré leur apparente similitude, chacune des deux institutions a des caractéristiques particulières qui la distinguent de l’autre.
Le Programme Intégré de Guinée pour le Développement de l’Entreprise est un projet dont l’objectif est de soutenir le développement de petites et micro entreprises par des programmes de crédit et de formation. La taille moyenne des prêts est d’environ 220 Dollars : 70% des emprunteurs sont des femmes et 90% d’entre elles sont des analphabètes. Ce projet comporte deux composantes : un programme de crédit et de formation pour les micro entreprises et un programme distinct de formation d’entrepreneures. PRIDE combine à la fois le modèle de la Grameen Bank (même si ce modèle est frappé par une crise de remboursement ou des impayés) en y ajoutant un volet formation centré sur les micro entreprises et un atelier sur l’esprit d’entreprise destiné aux entrepreneures du secteur formel. La première composante fournit un ensemble intégré de crédit et de formation à une population cible d’entrepreneurs (es), composée de promoteurs (ices) n’ayant pas accès à d’autres formes de financement institutionnel. Ainsi pour recevoir un prêt, les clients (es) doivent s’organiser en groupes de cinq personnes. Les conditions requises pour la constitution d’un groupe sont : les membres ne doivent pas appartenir à la même famille ni vivre sous le même toit. Ils ne peuvent en aucun cas travailler dans la même entreprise mais, ils doivent habiter le même district. Dans tous les cas la constitution des groupes s’effectue avant la formation initiale ou de base des emprunteurs. La composante formation à la culture et à l’esprit d’entreprise est un programme séparé et payant, élaboré par les consultants, qui vise les entrepreneurs (es) et les gérants (es), actuels ou futurs d’entreprises privées ou publiques.
Pour le Fonds d’Appui aux Activités Rémunératrices des Femmes du Burkina, son objectif est d’apporter en plus du micro crédit, un appui à la formation entrepreneuriale à une population féminine à des conditions plus souples que celles du marché. Ce fonds intervient pour promouvoir l’accès des femmes au crédit, soit par une intervention directe, soit par un apport de garanties et en leur dispensant des formations permettant une meilleure gestion de leurs activités. La population cible du fonds est constituée de femmes dont l’âge varie entre 18 et 50 ans exerçant une activité génératrice de revenus ou ayant un projet de création d’entreprise. Ainsi en soutenant l’action des femmes créatrices des micro-activités, le FAARF s’attend à l’éclosion d’un secteur privé féminin constitué de petites unités de production et d’échange. Au volet financement qui comporte le crédit individuel et le crédit collectif, s’ajoute un volet formation financé par le PNUD et la Banque Mondiale. Cette formation met l’accent beaucoup plus sur la sensibilisation à l’épargne, au crédit et à l’apprentissage des notions de base en gestion ( marketing, technique de commercialisation et de comptabilité, etc.)
En terme de spécificités et d’impacts, l’activité de PRIDE comparativement à FAARF est fortement centrée sur la formation. A cet égard, sa philosophie repose sur le principe : un usage réussi du crédit repose sur des emprunteurs (euses) bien formés (es) non seulement aux méthodes élémentaires de gestion du crédit mais aussi du développement de l’entreprise. PRIDE a accordé l’équivalent de 10 000 prêts à environ 3 505 emprunteurs (euses) et FAARF a accordé sur trois ans (1991-1993), des crédits solidaires à 31 groupements et à 2 000 micro entrepreneurs (es) atteignant un montant de 125 millions de F CFA. En 1998 et 1999 l’encours de crédit a atteint respectivement 1,3 et 1,2 milliards et le prêt collectif est devenu l’activité prioritaire du FAARF (Mayoukou, 2002).
Le Forum des Jeunes Entreprises du Congo et Entreprendre à Madagascar sont deux institutions de formation à l’entrepreneuriat. Ce sont des associations respectivement soutenues par la commission épiscopale pour la gestion des moyens de communication et par le PNUD et qui est par la suite devenue une association de droit privé malgache. Ces institutions sont fondamentalement différentes mais la mutation de leur structure de formation en une structure mixte intégrant formation et recherche de financement les rapproche.
En effet, le FJE du Congo, forme et assiste les jeunes qui se proposent de créer une micro entreprise. Il leur apporte une assistance sur le terrain et contribue à la recherche du financement. Le Forum des Jeunes Entreprises s’appuie sur deux organes principalement : la cellule d’appui et la caisse des petits prêts aux entreprises débutantes. Cette cellule est chargée d’assister les entrepreneurs débutants sur les études de projets, la comptabilité et la gestion, l’action commerciale, la communication et l’animation sociale. La caisse des prêts est chargée de collecter les fonds en vue de faciliter le financement des activités des membres. Cette caisse constitue la banque du FJE et a pour principale mission de répondre aux besoins de financement des activités entrepreneuriales des jeunes. Les activités de formation du FJE se déroulent essentiellement sous la forme de rencontres qu’on peut classer en quatre catégories : les rencontres-forum, les rencontres-club, les rencontres-sessions et les rencontres éthiques et de spiritualité (Dirat,1999). Dès le départ centré sur la formation entrepreneuriale, le Forum des Jeunes Entreprises du Congo a adjoint une activité de micro crédit à celle de la formation depuis 1996.
Entreprendre à Madagascar, quant à lui, apporte un appui à la formation en entrepreneuriat aux micro et petites entreprises. Elle est une structure qui offre des services de formation et d’octroi de micro crédits. La formation est assurée en partenariat avec des institutions de l’enseignement supérieur et de microfinance. Celle-ci porte sur l’accompagnement à la création d’entreprise, le marketing et les techniques de commercialisation. Depuis 1997, le financement des micro et petites entreprises constitue l’une de ses principales activités en sus de celle de la formation à l’entrepreneuriat. Le montant des crédits varie entre 5 et 7 millions de Francs Malgaches. Les crédits sont octroyés soit sur la base d’un prêt individuel ou sur celle d’un prêt avec caution solidaire.
En terme d’impacts, l’activité du FJE est moins lisible que celle d’Entreprendre à Madagascar. Pour cette dernière, on évalue à 478 entreprises ayant bénéficié d’un appui dont 845 entreprises dirigées par les femmes. Environ 17 598 créateurs et créatrices potentiels d’entreprises ont suivi au sein d’EAM une formation à l’entrepreneuriat. Au total, 1 131 dossiers de demandes de micro crédits ont été acceptés pour un montant de 7 510 milliards de Francs Malgaches. Toutes ces institutions de micro crédit et de formation que nous avons examinées dans cette partie n’utilisent pas les mêmes méthodes de formation. Elles tiennent compte, pour la plupart, du niveau de formation de base des apprenants (es) mais, y a-t-il une approche pédagogique spécifique qui prennent en compte l’âge, du niveau d’éducation de base, du milieu, etc. à développer ?
III./ Quelles approches pédagogiques faut-il développer ?
Pour apporter des éléments de réponse à la question de savoir quelles approches, autrement dit, quelles méthodes et quels types de formation sont-ils susceptibles de renforcer les capacités entrepreneuriales des femmes africaines dans le but de repenser le développement de l’Afrique, nous nous proposons dans cette partie de faire le point sur les méthodes et les types de formation à l’entrepreneuriat existants en Afrique ou ailleurs. Puis, eu égard aux insuffisances relevées, nous présenterons celles qui se révèlent beaucoup plus appropriées au contexte et aux caractéristiques des femmes « isolées » (Tchouassi, 2000a), entreprenantes, âgées et sans niveau d’instruction de base qui nous concernent directement dans cette contribution.
La formation à l’entrepreneuriat de l’entrepreneure rurale notamment, a toujours fait l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics et des gouvernements en Afrique. Celle-ci est conduite soit seule à travers certains ministères techniques (Agriculture et Elevage, Education Nationale, Formation technique et professionnelle, Enseignement Supérieur, Recherche Scientifique et Technique), soit en collaboration avec certains agences du système des Nations Unies, soit avec certains organismes publics ou privés, soit avec la Société Civile (ONG, Association ou Bureaux d’études et conseils), etc.
S’agissant de la formation à l’entrepreneuriat menée par les pouvoirs publics seuls en Afrique, il convient de mentionner celle réalisée dans les domaines de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage depuis plusieurs décennies par des agents et techniciens formés dans de différents instituts africains de techniques agricoles (Tchamanbe et Tchouassi, 2001). Leur rôle consiste, en effet, à encadrer et à former sur le terrain les populations rurales et urbaines en techniques culturales, piscicoles et d’élevage nouvelles et spécifiques à chaque région. D’autres structures de formation à l’entrepreneuriat beaucoup plus universitaires : écoles de commerce, écoles d’administration, instituts de management et autres offrent aux entrepreneurs (es) africains (es) des possibilités d’améliorer leurs compétences en création et en gestion des organisations. Nous pouvons ici relever que toutes ces formations sont de types universitaires classiques avec des modules de formation non adaptés à la profession d’entrepreneur et les méthodes utilisées ne tiennent pas compte des divers niveaux d’instruction à la base. Pour toutes ces formations, un diplôme de base est requis, or nous avons retenu comme hypothèse dans le cadre de cette contribution que les femmes ont un très faible niveau d’instruction et sont en général des adultes.
Concernant la formation faite en collaboration avec certaines agences du système des Nations Unies, il y a lieu de souligner que depuis la fin des années quatre vingt, la plupart des programmes et projets de développement engagés en Afrique prévoient un volet formation des encadreurs et des bénéficiaires desdits programmes. Dans cet ordre de considérations on peut citer pour le cas du Cameroun :
- le programme Fonds National de l’Emploi (FNE) soutenu également par la Banque Mondiale qui entre autres conçoit, finance et suit les programmes ayant trait à la formation sur le tas et à l’apprentissage, à la formation formelle, à l’auto-création d’emploi, à l’appui et à la création des micro entreprises ;
- le projet d’Appui au Service National de Vulgarisation Agricole (PNVA) qui encadre et forme les paysans en techniques culturales et d’élevage soutenu par la Banque Mondiale ;
- le projet Appui aux Stratégies Paysannes et à la Professionnalisation de l’Agriculture (ASPA) appuyé par la Coopération Française pour la promotion et la formation des organisations rurales ;
- le Programme de Promotion de la Création et du Développement des PME par les Femmes initiées dans le cadre du Programme Prioritaire de Promotion des PME soutenu par le programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Le cinquième module de ce programme prévoie des actions spécifiques en faveurs des entrepreneurs femmes. En particulier, il est envisagé de centrer une partie des actions du Programme Prioritaire de Promotion des PME (PPPP) par la formation des femmes dans le but renforcer leurs capacités et d’améliorer leur performance dans le domaine de la création, de la gestion, etc. des PME.
- le programme Femmes et Technologies Alimentaires soutenu par le Fonds des Nations Unies pour la Femme (UNIFEM). Ce programme a favorisé la formation des femmes dans l’acquisition des techniques, des méthodes de transformation des produits alimentaires de consommations courantes et des outils élémentaires de gestion de micro - structures de transformation. Le cas du projet Transformation du Manioc de Pouma (situé à mi-chemin entre Douala et Yaoundé) illustre bien ce programme. Ce projet soutenu par l’UNIFEM a été aussi appuyé par le PNUD et une organisation non gouvernementale féminine camerounaise (AID Cameroun).
- le projet Micro - projet Productif en Faveur des Femmes au Cameroun (MPPF - Cam) issu de la coopération Cameroun - Canada et financé par L’Agence Canadienne du Développement International (ACDI). Le volet formation de ce programme prévoyait le renforcement des capacités d’entreprise des femmes exerçant des activités génératrices de revenus et ayant bénéficié du financement de formation en comptabilité, en gestion des stocks, gestion des approvisionnements et en ressources humaines.
- le Centre de Création des Entreprises de Yaoundé (CCEY), une initiative canadienne pour la promotion de la création des PME nouvelles et l’expansion des PME existantes.
- Certaines institutions de microfinance prennent elles-mêmes en charge la formation du personnel et de la clientèle. Dans ce cas du financement de petites et micro entreprises, la formation n’est plus un simple objectif connexe, mais un facteur d’efficacité à court terme. En effet, faire passer une micro entrepreneure d’un fonds de roulement avoisinant 3000 F CFA (entre 3 et 5 Dollars) à un fonds pouvant atteindre 50 000 F CFA (entre 75 et 80 Dollars) pourra difficilement réussir sans un accompagnement de conseils en gestion. C’est le cas de la Mutuelle financière des femmes africaines, un produit de Afriland First Bank du Cameroun.
Tous ces programmes et projets de formations qui s’effectuent le plus souvent à travers les séminaires, les séminaires - ateliers, les ateliers, les sessions, les cours, etc. et pouvant s’étaler sur des périodes très courtes, présentent beaucoup de lacunes tant au niveau de l’approche pédagogique que de la conception des programmes.
Dans l’ensemble, les méthodes de formation utilisées et mises en place par ces programmes sont purement théoriques, techniques et ne tiennent pas compte de l’environnement socio-culturel des apprenantes. Au préalable, les différents programmes de formation ne procèdent pas à l’identification des besoins en formation des femmes. Egalement, les formations ne sont bâties en fonction des groupes homogènes de femmes et leurs projets individuels d’entreprise. Autrement dit, les formations ne sont pas calquées ou basées sur les projets d’entreprise des femmes et les groupes de femmes à former sont hétérogènes par ce que initiés de l’extérieur soit par les pouvoir publics ou privés, soit par les formateurs eux-mêmes (ne tenant compte ni des rapports sociaux existants entre les femmes, ni des considérations environnementales dans lesquelles elles évoluent). Ce qui rend l’approche de formation non participative. Par ailleurs, et dans la plupart des cas, l’objectif de formation n’est pas clairement défini et la formation elle-même s’adresse aux femmes entreprenantes d’un niveau d’éducation moyen alors que celles concernées par ces programmes sont des femmes entrepreneurs adultes et illettrées.
Pour réussir une formation appropriée qui conduise au renforcement des capacités entrepreneuriales des femmes, autrement dit au renforcement des capacités de création et de gestion d’entreprises par les femmes dans le but de modifier afin d’accroître les performances en terme de compétitivité de l’Afrique, il convient d’utiliser les méthodes de formation assez adaptées. Celles-ci doivent tenir compte du contexte dans lequel vivent ces femmes et des caractéristiques des apprenantes souvent non lettrées et adultes en général. Par ailleurs, il est indispensable de concevoir des programmes de formation participative qui fassent ressortir l’objectif général et les objectifs spécifiques par thème ainsi que l’intérêt de la formation pour les apprenantes. Quelles méthodes de formation faut-il adapter à la formation des femmes à l’entrepreneuriat féminin en Afrique ?
Il existe plusieurs méthodes de formation à l’entrepreneuriat. Outre les méthodes de formation purement théoriques, techniques et classiques développées par les pouvoirs publics, les agences de développement, les chambres de commerces et d’industries et les ONG, d’autres méthodes de formation se révèlent plus pertinentes. Car, elles prennent en compte l’âge, le niveau d’éducation et d’instruction, le type d’activités et l’environnement socio-culturel dans lequel vit la personne qui reçoit la formation.
Lorsqu’on veut privilégier la formation à l’entrepreneuriat des femmes en groupe, comme c’est le cas dans cette contribution, il s’agit, en effet :
- d’identifier et de sélectionner les groupements de femmes. Avec leurs accords, on doit s’appuyer sur les groupes existants ou dans le cas échéant les laisser initier les groupes d’elles-mêmes. Sur cette base, on doit sélectionner les groupes ayant exprimé des besoins en formation en entrepreneuriat ;
- d’identifier les besoins en formation en entrepreneuriat. On doit organiser des réunions avec les différents groupes de femmes pour rechercher leurs problèmes et leurs besoins tels qu’ils sont exprimés et établir leur pertinence. Traduire les besoins en programmes de formation de manière à faire ressortir clairement les objectifs et l’intérêt de la formation et du groupe ;
- de concevoir le programme de formation c’est-à-dire, regrouper les besoins exprimés en grands thèmes assortis d’objectifs pédagogiques puis en thèmes spécifiques, élaborer les stratégies pédagogiques, programmer la formation et préciser les mécanismes d’évaluation dans le temps ;
- d’exécuter le programme de formation à l’aide des méthodes pédagogiques propres aux thèmes spécifiques de formation retenus.
Lorsqu’il s’agit d’un simple exposé sur un thème spécifique, la méthode affirmative (expositive et démonstrative) apparaît la plus indiquée. Dans la méthode expositive, on présente et on expose les informations à l’aide des supports audio-visuels (films, diapositives, etc.), des dessins illustratifs (photos, images parlantes, bandes dessinées, etc.) expliqués après visualisation. Dans la méthode démonstrative, on fait expérimenter les comportements à reproduire à l’aide des mises en scènes (théâtres, sketch, etc.) présentées et expliquées en même temps.
Lorsqu’il s’agit de la formation à l’entrepreneuriat des femmes africaines à partir d’une étude de cas, la méthode active dans laquelle l’apprenante construit elle-même son savoir à partir des problèmes et des situations d’apprentissage que l’on lui présente, se révèle judicieuse.
Lorsqu’il s’agit d’une formation à l’entrepreneuriat ne s’appuyant ni sur un exposé préalable ni sur une étude de cas, mais se basant sur l’intitulé du thème, la méthode interrogative apparaît la plus indiquée. Elle consiste à faire découvrir par des questions ce que l’on veut enseigner.
Dans tous les cas, rares sont les formateurs qui utilisent une seule méthode à la fois pour atteindre un même objectif pédagogique. Une combinaison de ces méthodes pédagogiques de formation à l’entrepreneuriat des femmes adultes et illettrées reste possible. Ces méthodes de formation à l’entrepreneuriat féminin s’apparentent à l’« andragogie » dans la mesure où cette formation d’adresse très souvent aux adultes pour la plupart illettrés. En effet, ces méthodes nécessitent la constitution des groupes et sous-groupes en fonction des spécificités des adultes et des différents niveaux ou stades d’activités (en création, en fonctionnement, etc.). Ces méthodes pour être efficaces doivent être basées sur des techniques embryonnaires de gestion. La disparité des niveaux aggravée par l’analphabétisation de certaines apprenantes fait que pour être efficace, il y a lieu d’élaborer des syllabus, des supports illustratifs et des scènes appropriées à la formation à l’entrepreneuriat féminin. Ce qui nécessite pour chaque sous-groupe la détermination des thèmes de références, de préciser pour chaque thème, un objectif général puis spécifique pour lequel l’intérêt du groupe est mis en avant. Des techniques d’évaluations sont absolument nécessaires pour être sûr que ce qui a été dispensé a été assimilé, enseigné et pourrait être appliquée. Il s’agit notamment du suivi sur le terrain, des séances de questions réponses, des séances de rétrocessions, etc.
Conclusion
Nous avons cherché à montrer comment on pouvait repenser le développement économique de l’Afrique à l’aube du nouveau millénaire en agissant sur l’aspect formation des femmes à l’esprit d’entreprise, à la culture entrepreneuriale, etc. Les expériences examinées dans cette contribution montrent bien qu’il est possible de former les femmes africaines à l’entrepreneuriat et que la diffusion de la culture entrepreneuriale peut se faire avec l’appui des gouvernements et des bailleurs de fonds, à condition que les participants soient fortement impliqués et que l’environnement des affaires ne soient pas bloqué par des tensions politiques graves, des entraves aux échanges ou un système politico-administratif incertain. De l’entrepreneur, créateur d’entreprises ou d’activités, nous sommes arrivés à l’entrepreneur, acteur d’une société nouvelle.
La plupart des activités génératrices de revenus initiées à la suite de la formation des femmes ont pris fin au terme des programmes et projets. Les bénéficiaires estiment que les formations ne répondent pas à leurs besoins et ne cadrent pas avec leurs objectifs. Basée sur des initiatives de formation impulsées « du dehors », elles ne percevaient pas clairement ni l’objectif, ni l’intérêt de la formation. Par ailleurs, le groupe de femmes à former est souvent initié de l’extérieur, ce qui a souvent créé un conflit d’intérêt au sein du groupe. Il est également reproché aux méthodes de formation de ces programmes d’être très techniques puisque ne s’adressant qu’aux femmes d’un niveau d’éducation moyen. En outre, la préoccupation des bailleurs de fonds n’a pas souvent tenu compte du contexte socioéconomique et culturel défavorable aux femmes dans lequel se déroule la formation.
Pour réussir une formation qui conduise au renforcement des capacités entrepreneuriales des femmes, autrement dit, au renforcement des capacités de création et de gestion d’entreprises par les femmes pouvant déboucher sur l’amélioration de la compétitivité de l’Afrique et de son développement, il convient : d’utiliser les méthodes adaptées au contexte dans lequel vivent les femmes, de tenir compte des caractéristiques des apprenantes souvent non lettrées et adultes en général, de concevoir des programmes de formation participative par groupes avec des thèmes initiés « du dedans » qui fassent ressortir l’objectif général et les objectifs spécifiques par groupe, par thème et l’intérêt de la formation pour les apprenantes. A ce titre, l’andragogie se révèle être une méthode adaptée.
Si cette formation des femmes à l’entrepreneuriat est bien désirée et se diffuse, alors elle constituera un stimulant efficace au développement économique de l’Afrique, de cultures assez variées, au début de ce millénaire.
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