Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le d
éveloppement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais na Àfrica
مؤتمر مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Accueil  |  Recherche  |  Bourses, Formation et Subventions  |  Publication et Dissemination  |  CODICE
Actualité  |  Liens  |  Contacts  |  English

Links
Appel à candidature
Participants
Programme
Institut sur la Gouvernance
Gestion du secteur de la sécurité en Afrique
La législature dans la transition démocratique africaine (2006)
Les média dans la gouvernance africaine (2005)
La gouvernance urbaine en Afrique  (2004)
l’Elite africaine au pouvoir: Identité, domination et accumulation (2003)

Les autre instituts

 États modernes et formes de mobilisations infra-étatiques
 

La session 2002

Après les indépendances, la construction de l’État-nation moderne est dans l’ensemble des pays africains, l’objectif des pouvoirs post-coloniaux. Cette forme d’organisation de la société devait permettre à ces pays de dépasser les appartenances et les allégeances multiples des populations pour les unifier dans un cadre où l’exercice et la légitimation du pouvoir s’effectuent sur des bases nationales.

Durant les premières années de l’indépendance, on va assister à un développement rapide et à une extension des sphères d’influence des Etats dans la plupart des pays africains. Or, ce processus de construction de l’État-nation, après un court intermède démocratique, s’est accompagné d’une forte limitation de l’espace politique, et sa monopolisation par l’Etat et les partis uniques au pouvoir. Ainsi, l’Etat supplante l’ensemble des acteurs et des institutions sociales héritées de la lutte anti-coloniale, et s’installe au cœur de l’espace politique et social local. Il s’établit ainsi comme le vecteur du changement et de la modernisation politique et sociale. Cette monopolisation était justifiée, par l’hétérogénéité religieuse, ethnique ou sociale des populations locales.

Cependant, l’État post-colonial n’a jamais pu imposer son hégémonie sur les sociétés, et les nombreuses fractions de la population n’ont pu être capturées par l’État.

 Cette contestation du pouvoir a été incarnée par les élites intellectuelles radicales dans les années 70, qui récusaient la capacité du projet nationalistes et modernisateur à construire une économie autocentrée et un modèle démocratique et moderne dans la gestion du politique.

Cependant, bien qu’imperceptibles, les plus importantes contestations de l’État vont pouvoir d’une population prétendue soumise à son action modératrice. Face au renforcement de l’encadrement de l’État post-colonial, les populations urbaines et rurales ont développé des stratégies de résistances.

Ces stratégies de contestation, basées essentiellement sur l’entraide et la mobilisation des solidarités familiales ou claniques, cherchent à construire des mécanismes de régulation économique et de socialisation alternatifs à celles imposées par l’État. La mobilisation des solidarités infra-étatiques (régionales, religieuses, éthiques…) trouve des échos au sein des appareils de l’Etat qui, en dépit de son discours modernisateur, ne s’est pas totalement débarrassé du fait communautaire, et reste traversée par ces tentations de repli identitaire.

L’objectif de cet institut est de réfléchir sur cette ambivalence et cette compétition au sein de l’espace politique africain entre les normes politiques définies par les États modernes et les conduites et les stratégies imposées par les élites traditionnelles dont le pouvoir est de plus en plus renforcé par la crise des Etats.

 

  © Codesria.org. All rights reserved.