Le continent africain est
reconnu comme l’une des régions avec la rapide urbanisation. Dans ce
processus en cours, avec un taux moyen de 3% par an, l’Afrique maintient
son avance de région du monde qui a la plus rapide croissance
démographique. Toutes les projections suggèrent que cette croissance
démographique va non seulement continuer mais sera aussi accompagnée d’un
taux d’urbanisation rapide axé sur un nombre de mégalopoles, des centres
urbains qui sont déjà des zones de haute densité démographique. Avec
l’accélération de l’urbanisation, le continent a aussi connu des processus
de changements socio-économiques, culturels et politiques qui ont un
impact à la fois comme facteur, scène et contexte aux défis de gouvernance
de l’espace urbain et de l’expérience urbaine.
Parmi les processus
économiques, culturels et politiques les plus significatifs qui façonnent
et définissent le contexte d’urbanisation et de gouvernance urbaine se
trouve la quête de larges réformes politiques à travers l’Afrique commence
vers la fin des années 1980 et autour de laquelle des luttes continuent de
se crystalliser ; diverses expériences en décentralisation,
déconcentration et administration locale qui affectent directement sur le
contenu, la structure et la qualité de la gouvernance des villes sans
tenir compte des raisons pour lesquelles elles sont entreprises; les
questions d’imposition et de représentation dans l’administration des
villes et l’espace urbain; l’expérimentation dans la création d’agences
autonomes de gouvernement comme partie de nouvelles approches de gestion
du secteur public; l’émergence d’organisations non gouvernementale et
d’organisations de proximité, d’organisations communautaires, associations
de quartier qui sont devenus une part active de la vie urbaine et qui
jouent un rôle, soit formel ou informel, dans la gouvernance globale de
l’espace urbain ; de sérieux problèmes d’accumulation économique qui ont
des conséquences sur la vie urbaine, y compris des questions d’emploi, de
distribution des revenues et l’accès équitable aux ressources;
l’intensification des flux démographiques qui font des centres urbains le
lieu de reproduction de la jeune population africaine; l’accroissement des
problèmes environnementaux qui ont un impact sur la vie; et les défis
d’équilibre des politiques urbaines et de la sécurité des citoyens en
harmonie avec les libertés civiles et les droits humains.
L’accroissement
grandissant des centres urbains consécutif à un flux de population de la
campagne vers la ville même si ce flux n’est pas unidirectionnel, il
mérite d’être étudié dans ses configurations les plus récentes. Mais un
processus de migration des petites villes et les centres péri-urbains vers
les grandes villes est aussi en cours. Les défis de la planification de
l’utilisation des espaces urbains ont créé, à travers le continent, de
nouveaux pôles de marginalisation et d’exclusion dans les grands centres
urbains à côté de nouveaux marchés et un secteur informel tentaculaire.
Les crises de production agricole venant en partie des flux de population
des zones rurales vers les zones péri-urbaines et urbaines qui ont aussi
créé de nouveaux problèmes de sécurité alimentaire avec l’émergence du
fermage péri-urbain et urbain par des individus et des ménages n’a pas
toujours été suffisant pour en venir à bout. Les nouvelles populations qui
s’installent dans les centres urbains en expansion sont confrontées avec
des revendications d’autochtonie des premiers occupants, revendications
qui ont des implications sur tous les aspects de leurs droits et qui
entraînent souvent de violents affrontements communautaires. Avec les
infrastructures existantes qui sont dans un état de dégradation avancé ou
insuffisantes pour satisfaire la population urbaine croissante, le rythme
et la qualité de vie urbaine dans nombre de pays africains est
régulièrement en question. La capacité et la couverture de l’Etat en
baisse veut dire que des pans entiers de l’espace urbain ne sont pas
administrés (de manière adéquate) par l’appareil et les agences d’Etat à
tous les niveaux, laissant ces espaces à des milices locales
auto-constituées et à des brigades administratives informelles qui
s’arrogent des droits d’imposition et de police.
Avec l’Institut sur la gouvernance 2004, le Conseil se propose d’étendre
le travail effectué sur les processus et changements urbains se
concentrant la variété de questions soulevées par les changements dans le
contexte, les processus et les structures de gouvernance urbaine en
Afrique. Les participants éventuels seront encouragés à définir les
différents aspects des changements en cours, produire de nouvelles
perspectives analytiques et empiriques, d’engager une analyse comparative
des résultats de leurs recherches et réfléchir aux défis posés par leur
propre travail aux cadres conceptuels dominants/hérités.