L’Institut sur la Gouvernance Démocratique du CODESRIA
est un forum interdisciplinaire de chercheurs africains travaillant sur
le large thème de la gouvernance. Le but de cet institut est de
promouvoir la recherche et le débat sur des questions relatives à la
conduite des affaires publiques et à la gestion du processus de
développement en Afrique. Cet institut a été crée en 1992 et il est
organisé chaque année. Le thème de la session 2006 est : La
législature dans la transition démocratique africaine.
A l’accoutumée, le rôle important dévolu au pouvoir
judiciaire dans la quête renouvelée de gouvernance démocratique en
Afrique, et les espoirs des populations dans la fonction de représentant
élu sont des questions qui doivent être considérées comme allant de soi
dans la politique démocratique. Cependant, dans le contexte de
l’Afrique, elles portent une signification accrue découlant du fait que
le pouvoir judiciaire a été peut être le plus grand perdant des
décennies de pouvoir militaire et de parti unique qui ont prévalu en
Afrique de la seconde moitié des années 1960 au milieu des années 1990.
Partout sur le continent, au moment où l’autoritarisme politique
s’installait, le pouvoir judiciaire était proscrit de fait ou
complètement subordonné au pouvoir exécutif ; les politiques
législatives devinrent tellement peu développées que de nombreux
bailleurs de fonds introduirent des initiatives à partir de 1990 pour
« renforcer la capacité » de l’assemblée dans différents pays en
Afrique. Et sans nul doute, il y eut des capacités techniques qui ne
demandaient qu’à être développées. Mais, il est clair que les questions
soulevées par la faiblesse du pouvoir législatif ne sont pas simplement
ou uniquement techniques dans leur nature ; en fait, elles sont
principalement – et peut-être profondément politique dans leur nature.
Ces problèmes se sont manifestés de plusieurs manières, y compris à
travers une lutte pour une relative autonomie vis-à-vis du pouvoir
exécutif, des tensions créées par la tendance vers le présidentialisme
dans les nouvelles démocraties africaines, l’instabilité et la
fragmentation des parties politiques, la mauvaise structuration des
relations entre les parlementaires élus et les caciques de leurs partis,
la vulnérabilité persistante des systèmes électoraux à différentes
sortes de manipulation, le recours fréquent du pouvoir exécutif à la
« sécurité » pour contourner le parlement, le financement insuffisant de
l’assemblée et la mauvaise utilisation des fonds disponibles dans le
renforcement des bases de politiques démocratiques, l’érosion de
l’environnement politique intérieur par les conditionnalités des
bailleurs, etc. De plusieurs manières, les expériences institutionnelles
du pouvoir législatif dans la quête contemporaine de renouveau
démocratique, à la fois, se reflètent et résument toute l’expérience
politique du processus démocratique lui même.
Objectifs :
L’institut sur la gouvernance a pour objectif principal de créer des
liens entre la jeune génération d’intellectuels africains et de répondre
à leurs besoins scientifiques en termes d’accès à la documentation
récente, de participation aux débats en cours, de renforcement de leurs
capacités de recherche, de promouvoir l’échange d’expériences entre les
chercheurs, les activistes et les décideurs politiques de disciplines,
d’orientations méthodologiques ou conceptuelles, et d’expériences
géographiques diverses, de promouvoir et de rehausser une culture
démocratique qui permet aux Africains d’identifier et de s’attaquer aux
problèmes de gouvernance qui se posent au continent, d’encourager la
participation des chercheurs aux débats et discussions sur les processus
de démocratisation en Afrique, de mise à jour de leurs approches
conceptuelles, théoriques et méthodologiques.
Enrichissements académiques.
Cette rencontre humaine servira également de tremplin à une meilleure
compréhension des cadres épistémologiques et méthodologiques qui guident
la pratique de chaque discipline invitée au débat. Cette interaction
intense est favorable à la transmission des connaissances, des
expériences de la vie et de l’éthique qui forment les citoyens africains
de demain que sont les jeunes chercheurs participants à l’institut.
Il faut enfin faire remarquer que l’institut est un
cadre propice à une forme d’apprentissage oubliée qu’est la rédaction de
textes scientifiques. Cet exercice qui est loin d’être simplement formel
invite à une rétrospection critique des capacités de chaque participant
à résonner les questions de théorie, à réfléchir sur le mode
d’agencement des idées pour convaincre et rechercher l’efficacité et le
plaisir de la lecture. Ce travail indispensable sera une des
préoccupations majeures des personnes ressources et du directeur de
l’institut qui ont mandat d’aider à la préparation théorique et pratique
des jeunes collègues. Ce travail qui se continuera bien après les quatre
semaines se conclura par l’édition d’un ouvrage.
Après
institut.
Dans la perspective du débat que l’institut et les textes qui y seront
issus le CODESRIA assurera sa mission de promotion de la science sociale
en Afrique et de renouvellement des problématiques sur les questions
sociales du continent. Au terme de ce long processus le CODESRIA sera
fier de contribuer avec cet ouvrage à l’élargissement des connaissances
en Afrique et ce faisant à une meilleure prise en compte des contraintes
culturelles de la dynamique sociale en court sur le continent facilitant
ainsi son orientation vers le progrès.
Cet institut attend vingt participants, quinze
lauréats, quatre personnes ressources et un directeur qui coiffera
l’ensemble du processus.
Je vous transmets pour approbation le budget
d’exécution reflétant les ambitions de l’institut sur la gouvernance
démocratique qui se tiendra du 14 Août au 08 Septembre 2006 au CODESRIA.