Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le d
éveloppement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais na Àfrica
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2008 : L’Afrique et l’industrie pharmaceutique mondiale

2006 : les formes traditionnelles de fournitures de santé en Afrique

2005 : Accès et équité dans les systèmes de santé africains 

2004 : Gérer le système sanitaire africain

Offre privée de santé en Afrique (2007)

Les pays africains ont obtenu l’indépendance en 1960 sur la base d’un large contrat social entre les nationalistes qui ont hérité du pouvoir d’Etat des autorités coloniales et les populations dont le soutien fut décisif dans le succès des luttes d’indépendance. Au centre de ce contrat était un engagement des nationalistes à une amélioration générale des conditions de vie et du bien-être des populations de manière à surmonter les restrictions discriminatoires inhérentes à la politique sociale coloniale et à offrir des opportunités de mobilité sociale. Les secteurs de l’éducation et de la santé ont occupé une place centrale dans les premiers investissements des gouvernements post-coloniaux ; en général, ces secteurs connurent une expansion continue jusqu’à la fin des années 1970. De manière spécifique, pour le secteur de la santé, l’accent a été mis sur le développement d’infrastructures modernes destinées à la majorité de la population. Des premiers centres de santé aux plus grands hôpitaux surtout implantés en ville, et les centres médicaux spécialisés, l’expansion du secteur de santé « moderne » était traitée comme un objectif tangible d’indépendance et ce secteur recevait des investissements publics relativement importants. Au même moment, plus d’attention fut portée à la formation des personnels de santé – infirmières, sages-femmes et médecins - à la fois localement et à l’étranger.

Jusqu’au milieu des années 80, la plupart des centres médicaux publics ont bien fonctionné. Ils étaient bien approvisionnés en médicaments et en personnel. Les subventions gouvernementales servant à leur fonctionnement étaient également régulières même si elles s’avéraient insuffisantes. Par conséquent, les établissements publics de santé avaient la confiance du public et étaient souvent le premier choix de la plupart des patients à cause de la qualité de leurs services et des équipements à la disposition du personnel. Cette situation allait, néanmoins, changer rapidement dès le milieu des années 1980, à la suite des crises économiques que traversaient les pays africains, l’un après l’autre ; le secteur de la santé a subi des revers desquels il ne s’est pas remis. En plus des réductions drastiques dans l’allocation de fonds par les gouvernements, le secteur allait connaître un exode massif de son personnel qualifié du fait de différents facteurs. La fuite des cerveaux du secteur de la santé publique était alimentée par la détérioration des infrastructures physiques et des équipements dans la plupart des institutions de santé, les pénuries sévères de médicaments et autres fournitures, la baisse des rémunérations du personnel de santé public et la détérioration de l’environnement de travail qui décourageaient l’excellence professionnelle. Comme si l’exode du personnel ne suffisait pas, les gouvernements devaient également, dans le cadre des réformes mises en œuvre dans les politiques d’ajustement structurel de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, se retirer de certains secteurs. Le cadre de l’ajustement devint également la plateforme à travers laquelle des politiques de soi-disant partage de coûts étaient mises en place dès 1980, politiques qui, associées à la détérioration  du système de santé publique, ont fini par décourager l’accès populaire aux institutions de santé publique et à leurs services.

Les crises dans l’offre de santé publique servirent de déclic à l’émergence et/ou l’expansion des services de santé privés soutenus par une logique de marché. L’offre privée de santé a connu une croissance significative non seulement en termes de nombres de structures mais également dans les niveaux et les complexités des services offerts. En plus des acteurs locaux – beaucoup d’entre eux des employés et d’ex-employés du système de santé public - il y a également un flux constant de privés internationaux qui pénètrent le secteur local pour offrir des services généraux et spécialisés. Dans plusieurs cas, les structures privées dépendent de la désaffection du personnel du secteur public de santé pour certains de leurs services. Avec le développement de l’offre privée de santé, il y a eu le développement du marché de l’assurance maladie. L’émergence et l’expansion du système privé de santé annonçait également la prépondérance d’une structure de santé très stratifiée dans bien de pays africains où les travailleurs pauvres devaient faire avec le système public de santé tel qu’il existe ou aller vers des formes traditionnelles de médecine pendant que les membres plus riches de la société se dirigeaient vers les structures privées. Les preuves disponibles de cette marchandisation indiquent que cette stratification est réflective de processus plus larges d’accentuation des inégalités sociales en Afrique associées à la marchandisation qui est à la base de nombre de politiques publiques au cours des deux dernières décennies et demie.

Objectifs

Les participants à la session 2007 de l’Institut sur Santé, politique et société sont encouragés à explorer les différentes dimensions de l’offre privée de santé en Afrique contemporaine. Quelles sont les origines et quelle est la nature du secteur privé de santé ? Qui sont les agents privés de santé ? Quels modèles émergent de l’offre privée de santé locale?  Comment le marché florissant de la santé promue par l’OMC se traduit-il dans le développement d’un marché local africain de santé privé? Quels types de cadres politiques publics régulent les centres de santé privés, et quels en sont les effets? Qui sont les usagers des services de santé privés, en particulier en rapport avec leur classe sociale et leur genre ? Y a-t-il des corrélations entre revenu et/ou genre, par exemple, dans l’utilisation des services de santé dans un contexte social de plus en plus stratifié ? En plus de la géographie sociale de l’offre privée de santé, quelles informations nous procurent la distribution physique des structures privées de santé et les compagnies privées d’assurance maladie ? Sur quels fondements (idéologiques et/ou autres) sont basées les revendications de qualité dans l’offre privée de santé et celles-ci sont elles fondées ? Comment, par leur seule existence, les institutions privées de santé ont-elles affecté ce qui reste du système de santé public ? Dans les comportements de recherche de services de santé de la population, comment sont négociés les services disponibles en matière de santé publique, privée et « traditionnelle » ? La portée et le nombre de questions de recherche et de politiques associées à l’expansion en cours du secteur privé de la santé sont infinies et différents points d’entrée multidisciplinaires sont requis dans la réalisation d’une compréhension équilibrée et général.

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