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Vol
XXX, No. 4, 2005
Résume
Globalisation and the Challenge of Democracy in Arab North
Africa
Shahida El-Baz
Résumé
Les processus de démocratisation sont
récemment devenus un critère essentiel à la mondialisation, tout en occupant un
grande part dans le discours sur ce phénomène. Ils constituent également une
condition sine qua non pour rejoindre les pays développés au niveau du marché
mondial. Cependant, l'accent a surtout été placé sur la démocratie libérale.
L'auteur affirme que le processus même de la mondialisation (qui est basé sur
des relations de pouvoir inégales), ainsi que les politiques formulées de
l'extérieur et imposées aux pays en développement du Sud ne sont ni
démocratiques, ni le reflet des réels besoins et intérêts de ces pays. Ainsi, la
mondialisation est un dénigrement de la démocratie au niveau mondial. En outre,
l'adoption prématurée et involontaire des programmes d'ajustement structurel
(caractérisés par leur focalisation sur le social) par les pays globalisés du
Sud a renforcé l'exclusion des populations des processus économiques, sociaux et
politiques, et poussé les gouvernements déjà non démocratiques, à adopter des
pratiques encore plus autoritaires, afin d'appliquer des politiques hostiles de
mondialisation. Une démocratie libérale que de nom a ainsi été mise en place
pour amener au pouvoir une certaine élite économique globalisée et pour mieux
exclure la majorité de la population. L'auteur aborde ensuite le débat des
intellectuels afro-arabes portant sur les différents types de démocratie, ainsi
que leur adaptation aux sociétés nord-africaines arabes.
Negotiated Economic Opportunity and Power: Perspectives and
Perceptions of Street Vending in Urban Malawi
Ignasio Malizani Jimu
Résumé
Très peu admettent dans les discours quotidiens que le commerce
ambulant est un phénomène important. En effet, ce type de
commerce exige une négociation de l'espace, à tous les niveaux :
l'espace physique, l'opportunité économique et le pouvoir. Les
vendeurs sont forcés de justifier ou négocier leur acceptation
auprès des autorités locales urbaines et nationales, et parfois
auprès du public au sens large. Souvent, ces pressions ne
tiennent pas compte du fait que le commerce ambulant constitue
une réponse pragmatique populaire à la conjoncture
socio-économique catastrophique ainsi qu'aux dures réalités
politiques. Le commerce ambulant semble être avant tout un moyen
légitime de survie. De ce fait, l'accès aux espaces de commerce
ambulant devrait être considéré comme une question relevant des
droits humains. Une attitude contraire aurait pour conséquence
de minimiser les besoins ainsi que la capacité des vendeurs
ambulants à communiquer, se réorienter et se surveiller de
diverses manières. Tout débat relatif à la place du commerce
ambulant dans l'économie malawite devrait donc considérer en
premier lieu les raisons, ainsi que le processus par lequel les
vendeurs ambulants en arrivent à exercer leur profession de
vendeur. De telles perspectives pourraient enrichir notre
compréhension de cette situation et mettre fin à nos
raisonnements limités, qui nous poussent à privilégier des
modèles idéalisés de régulation, qui ne sont guère appropriés à
nos pays sous-développés en proie à de multiples pressions ;
elles permettraient également de mettre en place un concept
négocié de la consommation sociale de l'espace.
The State and Labour Control in Malawi: Continuities and
Discontinuities Between One-party and Multiparty Systems
Lewis B. Dzimbiri
Résumé
En examinant de près les relations
entre l'État et le monde du travail au Malawi, sur quatre décennies, l'on
observe, comme dans bon nombre d'autres pays d'Afrique subsaharienne, diverses
continuités et discontinuités au niveau du contrôle du milieu du travail. Si le
système politique du Malawi a connu des changements significatifs tendant vers
la démocratie, dans les années 90, après trois années de dictature combattant
les syndicats à travers divers instruments administratifs, politiques et
juridiques, le nouvel État démocratique, lui, se distingue par une certaine
hostilité " diplomatique ", en tentant de diviser pour mieux régner, mais
également en déployant des tactiques contradictoires. Usant de diverses
méthodes, l'État est parvenu à limiter la liberté d'association à divers degrés,
pendant la période du parti unique et du multipartisme. Ainsi, tandis que le
contrôle du monde du travail demeure l'objectif de l'État, les moyens employés
pour ce faire ont cependant radicalement changé. Le souhait d'instaurer une
certaine stabilité politique et de favoriser le développement économique, dans
un nouveau contexte politique international exigeant le respect des droits
humains et une bonne politique de gouvernance (années 90), explique certainement
l'actuelle hostilité «diplomatique» qui caractérise les relations diplomatiques,
au Malawi. Le rôle qu'a joué la communauté internationale des bailleurs de fonds
dans l'exportation de valeurs et structures démocratiques auprès des sociétés
n'ayant pas une culture démocratique intrinsèque, justifie également la présence
des diverses contradictions entre la politique établie régissant le monde du
travail et la pratique réelle.
Oil Minorities and the Politics of Resource Control in Nigeria
Edlyne E. Anugwom
Résumé
Cette communication analyse le
caractère litigieux du processus de contrôle et de distribution des ressources
au Nigeria. Elle montre que le contrôle des ressources constitue un problème
épineux pour l'État nigérian, depuis la création de celui-ci. Cette situation
est aggravée par la nature hétérogène du Nigeria, par les faibles capacités de
l'état nigérian, par les politiques d'allocation des ressources pratiquées et,
par la toute-puissance des dirigeants du pays. Ainsi, ces dernières années, les
contestations relatives aux ressources ont été intensifiées par la politisation
et l'ethnicisation du processus de distribution de ressources par l'État
nigérian et ses élites. Les minorités ethniques du Delta du Niger se considèrent
ainsi comme des victimes de la politisation du contrôle des ressources par les
groupes ethniques majoritaires dominants qui contrôlent le pouvoir étatique. Ces
allégations de marginalisation au niveau du contrôle des ressources ont connu un
nouveau rebondissement suite à l'abandon du principe de dérivation de la
distribution de ressources, conséquence de la centralisation du processus
d'allocation des ressources ; elles ont également été relancées au vu de la
situation socio-économique catastrophique de cette région, alors que c'est cette
même région qui fournit l'essentiel du pétrole qui soutient la mono économie du
Nigeria depuis bientôt trente ans. De ce fait, le seul moyen de satisfaire les
revendications des minorités du Delta du Niger et de mettre fin au conflit
général et à la violence liés au contrôle des ressources au Nigeria, est de
procéder à une restructuration efficace du système fiscal.
Taxation, Migration and the Creation of a Working Class in Kenya
Isaac Tarus
Résumé
Plusieurs études ont remis en
question le fameux lien causal régissant la taxation des travailleurs migrants.
Ils ont rejeté le stéréotype usé selon lequel les Africains travaillaient pour
payer des impôts, obtenir davantage de têtes de bétail et épouser toujours plus
de femmes. Cette communication affirme que le phénomène de la migration
constitue un aspect historique du changement social, car les travailleurs
migrants font le choix économique délibéré de payer des taxes en exploitant
les ressources disponibles, ou en migrant vers d'autres contrées.
Il est fait une scrupuleuse analyse de la façon dont la taxation a contribué à
la création d'un cadre de prolétariat. Les économies de migrants en Afrique du
Sud, en Rhodésie, en Algérie et au Kenya, en particulier, étaient basées sur la
transition des populations rurales d'une économie pastorale et agricole à un
statut tronqué de classe ouvrière, selon le paradigme thomsonien. Ces derniers
n'étaient pas que de simples «rouages dans la machine du capitalisme», comme
l'affirmait Atieno-Odhiambo. Les Africains sont allés à la recherche d'un
travail rémunéré pour une diversité de raisons, parmi lesquelles le fait que
l'on faisait parfois usage de la force pour confisquer leur bétail, ce qui les
contraignait à aller à la recherche d'un travail payé. D'autres partaient à la
quête d'emploi pour acquérir une certaine indépendance et une certaine
autosuffisance. L'auteur affirme qu'un certain nombre de jeunes se sont
volontairement exilés pour gagner de l'argent, qu'ils employaient ensuite pour
payer diverses taxes, mais également pour acquérir certains biens matériels,
tels que du bétail, des draps, des habits et autres, mais également pour devenir
entrepreneurs. La conséquence en est l'émergence d'un cadre de prolétariat qui
constitue une trajectoire de vie important, au Kenya.
Land Tenure Reform under the Economic Liberalisation Regime:
Observations from the Tanzanian Experience
Masao Yoshida
Résumé
La
libéralisation économique des années 90 a accéléré la croissance
des intérêts commerciaux fonciers et créé une nouvelle forme de
compétition autour des ressources naturelles. La Banque
mondiale, promotrice de la libéralisation, a encouragé les
gouvernements africains à formuler de nouvelles politiques
foncières et à promulguer de nouvelles lois relatives à la
terre. Cette communication étudie cette ruée vers la
promulgation de nouvelles lois foncières et indique les
principaux acteurs à la base de ce mouvement. L'auteur utilise
les observations obtenues à l'issue de plusieurs années de
travaux sur le terrain entrepris dans la région du Kilimanjaro ;
il se sert également de sources documentaires pour mener cette
étude de cas.
Globalisation and Technology: Problems and Prospects for the
Agricultural Sector in Africa
Osita Agbu
Résumé
Cette communication étudie la relation existant entre le
phénomène de la mondialisation et la technologie, en tant que
catalyseur du secteur agricole en Afrique. En effet, bien que
l'agriculture soit un secteur économique dominant en Afrique,
elle traverse cependant une crise alimentaire sans précédent.
Les statistiques relatives aux taux de croissance de la
production alimentaire ainsi qu'au pourcentage de l'agriculture
au niveau de la main-d'œuvre sont mis ici en exergue, afin de
mieux présenter l'état de déréliction de ce secteur. Outre
l'impact de la mondialisation sur ce secteur, cette
communication cherche également à déterminer le lien existant
entre la capacité technologique et la crise alimentaire en
Afrique, d'une part, et les perspectives d'une meilleure
intégration de la technologie dans l'agriculture africaine,
d'autre part. Cette présentation soutient que l'Afrique ne
pourra goûter aux joies du développement commercial ou
technologique, au niveau mondial, et ainsi améliorer le
bien-être de ses populations, tant qu'elle n'aura pas assuré un
niveau raisonnable de sécurité alimentaire. L'auteur recommande
l'usage d'une technologie basée sur la science afin de garantir
un développement agricole durable. Il en appelle aux
gouvernements africains afin que ceux-ci procèdent à un
équilibrage entre les vicissitudes du cadre multilatéral relatif
à l'agriculture, et leurs objectifs nationaux immédiats.
L'auteur conclut en affirmant que l'avenir appartient aux pays
qui parviendront à gérer l'impact de la mondialisation dans le
milieu agricole, tout en apportant des technologies adaptées,
permettant d'assurer la sécurité alimentaire.
Demise or Resilience, Customary Law and the Changing Order in
Africa: The Case of Chieftaincy in Botswana
Wazha G. Morapedi
Résumé
Cet article examine la loi coutumière et indique ses relations
avec l'institution de la chefferie au Botswana de la période
coloniale à la période postcoloniale. Il s'accorde avec la thèse
répandue, comme dans beaucoup d'autre pays africaines, où la
chefferie a été amoindrie durant la période coloniale, mais ou
les chefs ont pu survivre et jouer un rôle important dans les
sociétés africaines en voie d'évolution. Au Botswana, les lois
coutumières reconnues dans les institutions de la chefferie
traditionnelle, notamment dans les règles de succession, ont
permis à la chefferie de surmonter les obstacles entre les chefs
et le régime colonial. La pression de régime colonial sur les
chefs traditionnels a seulement amoindri certaines chefs, mais
non pas l'institution. Depuis 1966, le gouvernement libéral,
démocratique, postcolonial du Botswana a institué des lois qui
affaiblissent les pouvoirs des chefs considérablement, mais
l'institution de la chefferie s'adapte et les chefs ont eu à
exercer un pouvoir politique à leur avantage. Actuellement, à
cause du dynamisme de la loi coutumière, les chefs jouent un
rôle important sur les plans socio-économique, politique et
administratif au Botswana.
Colonialism, Customary Law and the Post-Colonial State in
Africa: The Case of Nigeria
John Ademola Yakubu
Résumé
Dans bon nombre de pays africains, le colonialisme a fini par
devenir un état de fait. Une des conséquences de ce dernier,
particulièrement dans les anciennes colonies britanniques, a été
le greffage du système judiciaire britannique au système local,
suivi de la reconnaissance de ces deux systèmes local et
britannique, et enfin, la relégation progressive du système
indigène communément appelé droit coutumier. L'usage et l'effet
de ce droit coutumier ont fini par être liées à l'interprétation
autorisée de la loi-cadre. Son application dépendait du respect
des règles d'équité et de bonne conscience de la loi-cadre.
D'autres règles relatives à l'étendue de pouvoir du droit
coutumier ont également été établies par la suite. En dépit de
la marginalisation des règles du droit coutumier en faveur de la
loi-cadre, celles-ci continuent d'être observées aujourd'hui. La
loi islamique, qui était considérée comme une variante du droit
coutumier est en train de bénéficier d'un statut spécifique.
Cette communication se penche sur l'impact du colonialisme sur
le droit coutumier, particulièrement dans l'État nigérian
post-colonial.
Autorités traditionnelles, multipartisme et gouvernance
démocratique au Cameroun
Ibrahim Mouiche
Résumé
Cette étude part du
constat suivant lequel les chefferies traditionnelles constituent le cadre
naturel de mobilisation des masses pour les actions de développement en milieu
rural. Elle s’interroge sur le militantisme politique des chefs (notamment sur
le soutien qu’ils apportent au parti au pouvoir en ce temps de multipartisme au
Cameroun), sur leur incursion dans les arènes électorales et constate que cet
opportunisme ne conduit qu’à l’affaiblissement de leur position, au
dysfonctionnement des chefferies et même plus grave, à la criminalisation de la
politique. Elle pose alors comme gage d’une bonne gouvernance, la neutralité
politique des chefs qui ne signifie nullement départicipation politique. Et
parce que ceux-ci seront neutres, ils gagneront en dignité et la cohésion des
chefferies renforcée. Avec une telle caution morale, les chefs constitueront un
vecteur de mobilisation plutôt que de division et ne seront nullement exposés à
l’indocilité de leurs populations. Ce faisant, ils imprimeront dans leurs
chefferies une dynamique de développement en leurs qualités d’administrateurs de
la brousse.
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