Council for the Development of Social Science Research in Africa
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Revue Africaine des Médias


ISSN 0258-4913

Résumé


 The Re-Making of Africa: Ayi Kwei Armah and the Narrative of an (Alter)-native Route to Development
Gbemisola Adeoti

Abstract

The paper is a critical exploration of Ayi Kwei Armah’s novels with a view to analysing the author’s perception of and responses to Africa’s contemporary political history. Using The Beautyful Ones Are Not Yet Born (1968) and Osiris Rising (1995) for in-depth study, the paper stresses the trajectory of Armah’s philosophical reflections on ‘the trouble with Africa’ as it relates to governance and development. The study is premised on a theoretical assumption that African literary arts, oral and written, are capable of generating the necessary stimuli for change. In its fictiveness, literature proffers different perspectives of existential problems and their solutions. A politically engaged novel, the type that Armah often writes, is an apt canvas for paradigmatic interactions of contending ideas and social forces.

Key terms: African Literature, Post-Colonial Literature and Development, Ayi Kwei Armah

Résumé

Cet article tente de procéder à une étude critique des romans d’Ayi Kwei Armah, dans le but d’analyser la perception de l’auteur envers l’histoire africaine politique contemporaine, ainsi que les réponses qu’il y apporte. A travers une étude approfondie de The Beautyful Ones Are Not Yet Born (1968) et d’Osiris Rising (1995), cette présentation suit la trajectoire des réflexions philosophiques d’Armah relatives au «problème de l’Afrique», dans sa relation à la gouvernance et au développement. Cette étude est basée sur l’hypothèse théorique selon laquelle les arts littéraires africains, aussi bien écrits qu’oraux, sont susceptibles de stimuler le changement. A travers son aspect fictif, la littérature offre différentes perspectives des problèmes existentiels et de leurs solutions. Un roman engagé politiquement, dans le genre de ceux qu’Armah écrit, constitue un canevas approprié aux interactions paradigmatiques de confrontation des idées et des forces sociales.

Mots clés: Littérature africaine, littérature post-coloniale et développement, Ayi Kwei Armah


 Les langues indigènes dans le processus de développement en Afrique : Défis, opportunités et alternatives
Noël Obotela Rashidi
 

Résumé

Le présent exposé établit le lien entre tout processus de développement et l’usage des langues indigènes. En effet, les langues jouent un rôle important dans la transmission de messages, la mobilisation de la population à s’approprier un processus de développement et dans la réussite des actions à mener. En dépit des opportunités, il y a cependant des défis à relever et des alternatives à proposer. Le premier challenge se rapporte à la refondation de l’État. Il s’agit d’établir une liaison efficiente entre l’État et les communautés de base. Le deuxième défi concerne l’incitation à favoriser l’adhésion des populations à tout processus de développement. Le troisième pari porte sur le choix de la langue ou des langues. Le dernier est lié à l’intégration prônée par l’Union africaine et l’insertion du continent dans le processus de mondialisation. Ce plaidoyer pour la promotion des langues indigènes nous a conduit à proposer une architecture linguistique mettant en valeur, non seulement les langues locales limitées aux aires communautaires, mais aussi les parlers nationaux fédérateurs sans toutefois négliger les langues héritées de la colonisation.

Mots clés: Les langues indigènes, nationaux et développement, nationalisme, développement et participatif et communauté.

 Abstract

This paper makes a link between processes of development and the use of indigenous languages. In fact, languages play an important role in transmitting messages, mobilising the population to appropriate themselves the process of development and the success of actions to undertake. In spite of opportunities, there are challenges and alternatives. The first challenge is related to the rethinking of the State. It is about establishing an efficient link between the state and the local community. The second challenge concerns the incitation to favour the involvement of populations at any process of development. The third is related to the choice of language or languages. The last is linked to the integration extolled by the African Union and the insertion of the continent in the globalisation line process. This plea for the promotion of indigenous languages speaks in favour of the setting up of a linguistic architecture not only of local languages limited to community spheres, but also unifying national languages without neglecting languages inherited from colonisation. 

Key terms: Indigenous, national languages and development, nationalism, development processes and community participation.


Épure d’un développement de l’industrie du disque congolaise par le mécénat privé
Léon Tsambu Bulu

Résumé

Cette réflexion se veut une projection dans l’espace congolais du développement de son industrie musicale grâce au mécénat privé. Cela participe d’une alternative à la faillite de la puissance publique dès lors que celle-ci n’a pas pu relever le défi en la matière après avoir cannibalisé l’héritage colonial qui a pourtant hissé le Congo au statut de grande métropole africaine du disque. Par conséquent, la grande aliénation dans laquelle est plongé le pays aura été de voir le disque congolais se définir comme un produit culturel local, mais une marchandise importée, devenant ainsi un produit de luxe. Plutôt qu’alors de penser en termes de mécénat philanthropique essentialiste, de frime, de pure quête de prestige, et à la limite de gaspillage du capital financier, l’étude invite à une réorientation des ressources mécénales congolaises vers l’investissement (mécène-entrepreneur) qui permette au projet culturel de se réaliser pour l’intérêt public. Mais l’alternative devra à son tour faire face à des défis tels que ceux liés à la nature même de toute industrie du disque, à savoir la piraterie, locale et planétaire, devenue plus virulente grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais aussi à ceux relatifs à la précarité du pouvoir d’achat du citoyen, premier bénéficiaire du projet, à la rentabilité du marché intérieur (national), à la tribalité de l’espace musical, particulièrement kinois, etc. D’où l’impératif, que l’État s’implique dans la démocratisation de la culture à l’échelle nationale par la prise des mesures incitatives telles que la mise en place d’un dispositif efficace de protection des droits d’auteurs, l’exonération à l’importation des infrastructures de base et à l’exportation des produits finis. Bref, il appartient, en définitive, à l’État de ne pas se dérober de ses tâches régaliennes en mettant en place une politique culturelle afin que la musique, mieux que le coltan qui fait plutôt les malheurs du Congo, soutienne son développement économique et social à l’image de la Grande-Bretagne des Beatles et de la Jamaïque de Bob Marley.

Mots clés: L’industrie de musique congolaise, culture et développement, état et identité culturelle et nationale.

Abstract

This article discusses the development of Congo’s music industry through its private sponsorship system. This system is an alternative to the failure of the public system, since the latter has failed to take up the set challenges, after having ruined the colonial heritage that had made Congo a major crossroads for African record music. Congolese records are no longer local cultural products, but have become imported luxury goods. Rather than encouraging people to thinking in terms of essentialist philanthropic sponsorship, culture of showing off, prestige, or even wasting of financial capital, the study invites a reorientation of Congo’s sponsorship resources towards investment (sponsorship entrepreneur) that would help cultural projects for public interest. However, the alternative project will be faced with challenges related to the very nature of the record industry: local and global piracy, which has worsened with the emergence of ICTs, but also challenges related to the low purchasing power of citizens, who are the first ones concerned by such a project; profitability of the domestic market, the tribal nature of the musical space, particularly in Kinshasa, etc. Hence the necessity for the state to get involved in the process of democratisation of culture at a national scale, through incentives such as the setting up of an effective system of protection of copyright, exemption from duty for imported basic infrastructures and exported end products. In a nutshell, it is the state’s responsibility to play its regalian role by implementing an appropriate cultural policy, so that music, better than coltan which is rather putting Congo down, be able to support its economic and social development, just like the Beatles in Great Britain or Bob Marley in Jamaica.

Key terms: Congolese music industry, culture and development, the state and the promotion of cultural and national identity. 


La place et le rôle des œuvres d’art dans ledéveloppement africain : cas du Congo-Brazzaville
Louis Kouéna Mabika

Résumé

Cette communication vise les objectifs suivants : montrer le rôle et l’importance de la contribution de la culture dans le développement ; montrer l’impact des œuvres d’art sur le développement. En nous basant sur les œuvres d’art réalisées au Congo (Brazzaville) comme la peinture, la sculpture principalement contenues dans l’art contemporain qui certes, est  le plus globalisant, nous avons axé notre méthodologie sur l’enquête et l’étude des monographies, des catalogues et des institutions publiques et privées concernées. L’objectif est de collecter les données et informations sur les conditions de création et de valorisation des artistes, le comportement de l’offre et la demande des biens artistiques. La population ciblée comprend les peintres et sculpteurs, les ateliers d’art, les galeries, les musées implantés à Brazzaville en effectuant plusieurs passages. Les entretiens avec les artistes dans leurs ateliers ainsi qu’avec les distributeurs dans les galeries ont permis d’obtenir des éléments d’appréciation des œuvres d’art et leur contribution au développement. La démarche comprend trois points : le premier montre l’importance de l’art dans le développement, le second aborde les relations entre l’art et l’économie du développement et enfin le troisième propose une nouvelle approche du développement africain fondé sur l’art. En conclusion, seront faites des recommandations pour une politique culturelle et artistique au service du développement. 

Mots clés : Valeur sociale, esthétique nègre, œuvres d’art, interculturel, identité, développement, Congo-Brazzaville.

Abstract

The purpose of this paper is to show the role and importance of culture in the development process, and also to show the impact of works of art on development. We have opted for a methodology based on surveys, interviews and the study of monographs and catalogues of public and private art institutions to understand the impact of works of art such as paintings, sculptures, mainly made in Congo (Brazzaville). Our aim is to collect data on the condition of creation and promotion of artists, the evolution of supply and demand regarding artistic goods. The population targeted includes painters and sculptors, art workshops and museums in Brazzaville. In addition to demonstrating the place of culture and art in development, the paper puts forward a new approach to African development through art, stressing the need for a cultural and artistic policy in the rest of development. 

Keys terms: Social value, negro aesthetic, art works, multiculturalism, identity, development, Congo Brazzaville. 


Reassessing the Impact of Colonial Languages on the African Identity for African Development
M. S. C. Okolo 

Abstract

The question of African development is examined as a close nexus between development and language. Language alone affects, structures, defines, and interprets all other aspects of human life. On the other hand, when we think of development, we think of human resources, about people who are the active agents in bringing about accomplishments in any field of endeavour. We cannot have a critical mass of human capital if the constituents are people who are defined by others through pejorative words and have, unreflectively, accepted these words as an indicator of their true identity. My focus is on the English language, which embodies attitudes, referential meanings and perceptions that have greatly helped to distort the identity of the Africans. Given that words act as guides to the interpretation of social reality, Africa, caught on the wrong side of the colonial language, cannot make meaningful progress in her spiritual and material civilisation. This paper concludes that until linguistic imbalances that demean the African are reviewed and righted, Africa’s strivings towards sustained development will continue to be severely checked.

Key terms: Language and development, nationalism, sociolinguistic, and the development of the English language in Africa

Résumé

La question du développement africain est analysée comme constituant un lien étroit entre développement et langue. La langue à elle seule influence, définit et permet d’interpréter tous les autres aspects de la vie humaine. En outre, lorsque nous pensons au développement, nous pensons aux ressources humaines, aux personnes qui constituent des agents actifs permettant de faire des réalisations dans diverses activités. Nous ne pouvons disposer d’un bon capital humain, si les personnes qui la composent sont des individus définis par les autres à travers des mots péjoratifs et qui, inconsciemment, ont accepté ces mots comme étant des indicateurs de leur réelle identité.  L’objet de mon étude est la langue anglaise, qui symbolise diverses attitudes,  divers référentiels et perceptions qui ont considérablement contribué à modifier l’identité des Africains. Etant donné que les mots guident l’interprétation de la réalité sociale, l’Afrique qui  est située du  mauvais côté par rapport aux langues coloniales, et ne peut effectuer de progrès substantiels en termes de civilisation spirituelle et matérielle. L’auteur conclut en affirmant que les efforts de l’Afrique vers le développement durable continueront d’être mis à rude épreuve, tant que les déséquilibres linguistiques qui désavantagent les Africains ne seront pas analysés et corrigés. 

Mots clés: Langue et développement, nationalisme, sociolinguistique, et le développement de la langue anglaise en Afrique


Crise du journalisme et de l’espace public en Afrique : quelles alternatives pour un développement du futur africain
Hien Ollo Pépin

Résumé:

Il ne fait aucun doute que les journalistes ont un pouvoir de transformation, de traduction, d’orientation des comportements et attitudes individuels ou collectifs vers la « sociation » ou la dissociation. Les constellations symboliques qui régulent fortement les relations entre groupes servent à déprécier le groupe avec lequel on se retrouve en situation de compétition politique et en même temps à assurer la cohésion de son cercle d’appartenance à travers un consensus minimal. Il faut donc comprendre que les réseaux sociaux actualisent cet espace social déjà atomisé, hétérogène, oppositionnel et délimitent les appartenances. Il est à remarquer que les modalités de la concurrence sociale expriment l’exclusion sociale et l’affirmation communautariste. Les hommes des médias ne sont plus que des agents sociaux subordonnés à une logique structurale qui les agit le plus souvent à leur insu. Mais, ils engagent aussi des stratégies diverses pour des buts déjà finalisés. Alors, nous nous proposons de questionner la professionnalisation du métier de journaliste intimement liée aux modalités de fabrication d’une « opinion publique ». Quelle est en ce moment la fonction sociale de cette opinion? Nous réfléchirons sur les effets que la presse a sur les gens et ce que les gens font de la presse. L’impasse du développement dans laquelle se trouve l’Afrique impose de clarifier, de repenser le rôle du journalisme dans la situation de l’Afrique se démocratisant- dans une vision du futur africain- immergée dans un univers d’internationalisation croissante.

Mots clés: Journalisme, la presse africaine, développement national, les medias et la construction de réseaux nationaux et sociaux.

Abstract

There is little doubt that journalists have a power of transform, translate and orient both behaviours and individual and collective attitudes towards ‘sociation’ or ‘dissociation’. The symbolic settings that strongly regulate the relationships between groups tend to depreciate the group to which one is confronted in a situation of political competition while reinforcing the cohesion of its circle of belonging through a minimal consensus. Social networks therefore update this already atomized, heterogonous, oppositional social space and demarcate belongings. The modalities of social competition express social exclusion and communitarian assertiveness. People from the media are now merely social agents subordinated to a structural logic. However, they also use various strategies for objectives that are already finalised. Here, we are interrogating the professionalisation of the job of journalist as something that is strongly linked to the modalities of the making of ‘public opinion’. What is the current social function of this opinion? This paper thus reflects on the impact of the press on people and on what people do with the press. The development stalemate in which Africa is stuck imposes the need to clarify and rethink the role of journalism in today’s democratising Africa—in the perspective of an African future—that is immersed in an increasingly globalizing world.

Key terms: Journalism, print media, national development, media and the construction of national and social networks

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