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Revue africaine des affaires internationales /
African Journal of International Affairs

AJIA Volume 9, Numbers 1&2, 2006
Abstracts
ISSN:0850-7902


The Welfare State Within the Context of Liberal Globalisation in Africa: Is the Concept Still Relevant in Social Policy Alternatives for Africa?
Tukumbi Lumumba-Kasongo

Abstract

Africans are struggling to reclaim their rights to wealth, liberty, and democracy as mechanisms of articulating social progress. Is the concept of the welfare state still relevant within the existing dominant paradigms of liberal globalisation? In this study, using a historical-structuralist framework, I examine the nature of the arguments about the welfare state. I categorize three types of regimes, namely, social welfare state, liberal welfare state, and transitional democracy and I compare their performances in selected sectors. My main objective is to search for correlative explanations between the ideological foundation of each regime and its social program policy. Based on the data used, it was demonstrated that global liberal democratisation has not yet created any conditions for greater social development and equity in Africa. In all sectors, transitional democracies have performed poorly as compared to other democracies. Liberal democracies have performed lower than social democracies. And social democracies have been systematically ranked higher in the selected social indices. It was concluded that the concept of welfare is still relevant, and thus should provide the epistemological and social basis for rethinking African democracies.

Résumé

Les Africains se battent pour la reconnaissance de leurs droits à la richesse, à la liberté et à la démocratie comme mécanismes d'articulation du progrès social. Le concept d'état-providence est-il encore pertinent dans le cadre des actuels paradigmes dominants de mondialisation libérale ? Dans cette étude, en utilisant un cadre historico-structuraliste, j'examine la nature des arguments portant sur l'état-providence. Je dresse des catégories de ces trois types de régimes, notamment l'état-providence social, l'état-providence libéral et la démocratie de transition, et je compare leurs performances dans des secteurs choisis. Mon principal objectif est de chercher des explications corrélatives entre la base idéologique de chaque régime et l'orientation de son programme social. Sur la base des données utilisées, il a été démontré que la démocratisation libérale mondiale n'a pas encore créé en Afrique les conditions requises pour un plus grand développement social et d'avantage d'équité. Dans tous les secteurs, les démocraties de transition n'ont donné que des résultats médiocres comparés aux autres démocraties. La performance des démocraties libérales est moindre que celle des démocraties sociales. Et les démocraties sociales se sont systématiquement montées dans les indices sociaux choisis. Il en est conclu que le concept de bien-être social est encore pertinent et doit donc constituer la base épistémologique et sociale d'une nouvelle réflexion sur les démocraties africaines.


Central Challenges Confronting the African State: Rethinking Its Role in Development
Toure Kazah-Toure

Abstract

This paper focuses on the central challenges confronting the African state in the context of the neo-liberal offensive to render the continent more vulnerable. Historically the African state was a creation of the colonisers to serve their interests. In the post-colonial condition it has principally served the interests of tiny, powerful circles and their foreign backers, rather than those of the generality of the African people. Prolonged authoritarianism on the continent has been maintained principally through the state. Only through popular democratic transformation of the state will the continent march towards development. Historically development in all spheres has never been attained anywhere independent of the central role of the state.

In the post-Cold War period America is on course to drag African governments, political leaders and the continent’s economic resources into another phase of imperialist domination. The terms, terrain, politics and direction of the so-called war on terror are determined without consultations with the African people. This paper focuses on central issues of regional and continental integration, conflicts, citizenship, control and mobilisation resources, true democracy, managing pluralism, constitutionalism, participation, accountability and security. These require urgent tackling to ensure more forged unity and protection of the continent. The analysis delves into concrete realities and makes suggestions for ending the quagmire of the African state.

Résumé

Cette étude porte sur les défis centraux que doit relever l'état Africain dans le contexte de l'offensive néolibérale visant à rendre le continent plus vulnérable. Historiquement, l'état Africain a été créé par les colonisateurs pour servir leurs intérêts. En situation postcoloniale, l'état a essentiellement servi les intérêts de cercles minuscules et puissants et de leurs partisans étrangers plutôt que ceux de l'ensemble du peuple Africain. L'autoritarisme prolongé sur le continent africain a été maintenu fondamentalement par le biais de l'état. Ce n'est que par une transformation populaire et démocratique de l'état que le continent marchera vers le développement. Historiquement, le développement dans toutes les sphères n'a jamais été réalisé indépendamment du rôle central de l'état.

Dans la période qui a suivi la Guerre Froide, l'Amérique est en course pour entraîner les gouvernements africains, les dirigeants politiques et les ressources économiques du continent vers une autre phase de domination économique. Les termes, le terrain, la politique et l'orientation de la prétendue guerre contre le terrorisme sont décidés sans consulter le peuple Africain. Cette étude se penche sur les questions centrales d'intégration régionale et continentale, de conflits, de citoyenneté, de contrôle et de mobilisation des ressources, de véritable démocratie, de gestion du pluralisme, de constitutionnalisme, de participation, de responsabilisation et de sécurité. Ces questions exigent de s'y attaquer afin d'assurer une unité et une protection du continent plus élaborées. L'analyse s'attarde sur des réalités concrètes et propose des suggestions visant à mettre fin à ce bourbier dans lequel est plongé l'état Africain.


 Towards a Functional African State: Bridging the Gap Between the State and the People
Wale Are Olaitan

Abstract

This paper analyses the contribution of the African state to the problems of development in Africa. I argue that the nature of the modern African state, inherited from the colonial state, is inherently oppressive and dysfunctional and that a fundamental change in the nature of the state is required in order to reposition the continent developmentally and liberate the energies of the African people. The existing nature of the African state disposes it toward a negative relationship with the people, leading to a gap in the relationship between the people and the state. This gap has to be bridged in order for the state to contribute positively to the developmental process in the interests of the people. I argue in particular that relying on structural adjustment, electoral democracy and other forms of reform to bridge this gap is misplaced because these reforms do not seek to change the nature of the African state. The people cannot liberate themselves from state oppression or make the state accountable through elections conducted and presided over by the existing negative structures of the state. Only a fundamental change in the nature of the state can accomplish this.

Résumé

Cette étude analyse la contribution de l’état Africain aux problèmes de développement en Afrique. Je soutiens que la nature de l’état Africain moderne, hérité de l’état colonial, est oppressive et dysfonctionnelle et qu’un changement fondamental de cette nature est requis afin de repositionner le continent sur le plan du développement et de libérer les énergies du peuple africain. La nature actuelle de l’état Africain l’incline vers un rapport négatif avec le peuple, créant ainsi un fossé entre eux. Ce fossé doit être comblé afin que l’état contribue positivement au processus de développement dans l’intérêt du peuple. Je démontre notamment que dépendre de l’ajustement structurel, de la démocratie électorale et d’autres formes de réformes pour combler ce fossé est déplacé car ces réformes ne visent pas à changer la nature de l’état Africain. Le peuple ne peut pas se libérer de l’oppression de l’état ou responsabiliser l’état par le biais d’élections effectuées et présidées par les structures étatiques négatives existantes. Seul un changement fondamental de la nature de l’état peut accomplir cela


 Transcending the Impasse: Rethinking the ‘State’ and ‘Development’ in Africa
Bobuin John Gemandze

Abstract

This paper contributes to the ongoing debate on alternative development strategies in Africa by considering some of the alternative theories of ‘development’ that have been advanced in response to the developmental impasse faced by African states. It argues that a serious re-evaluation of what ‘development’ entails is now required that should involve a clear theoretical break with mainstream development theory. After a brief overview of the main alternative theories of development that have been proposed, the paper argues that the way to transcend the development impasse in Africa is through the concept of the ‘developmental state’. It then discusses the major concepts of the developmental state before considering the feasibility of the developmental state in Africa and the key issues of state strength, state autonomy, authoritarianism and the role of the bourgeoisie. The paper argues for the centrality of democratic rural development for the feasibility of developmental states in Africa and concludes with a call to rethink the concept of development and the developmental state from the point of view of democracy and the collective.

Résumé

Cette étude contribue au débat en cours sur les stratégies alternatives de développement en Afrique en examinant certaines des théories alternatives de « développement » qui ont été avancées en réponse à l’impasse rencontrée par les états africains dans ce domaine. Il y est démontré qu’une réévaluation sérieuse de ce qu’entraîne « le développement » est requise maintenant et qui doit déboucher sur une rupture théorique avec la théorie du développement généralement admise. Après un bref aperçu des principales théories alternatives de développement qui ont été proposées, cette étude avance que la manière de transcender l’impasse relative au développement passe par l’utilisation du concept de « l’état de développement ». Ensuite, les principaux concepts de l’état de développement y sont discutés avant d’analyser la faisabilité de l’état de développement en Afrique et les questions clés de force de l’état, d’autonomie de l’état, d’autoritarisme et du rôle de la bourgeoisie. Cette étude démontre le caractère central du développement démocratique rural pour la faisabilité des états de développement en Afrique, et conclut avec un appel à repenser le concept de développement et l’état de développement du point de vue de la démocratie et du collectif.


The Dilemma of Civil Society in Cameroon Since 1990: Which Way Forward?
Walter Gam Nkw
i

Abstract

The role of civil society in societal transformation and nation building in Cameroon has been compromised by political and social structures created during three decades of autocratic rule that still underline the practical and moral workings of the state today. Civil society remains mired in societal cleavages that find expression in parochial tendencies ranging from ethnicism to regionalism. As a result civil society’s ability to mobilise all and sundry towards a meaningful democratic culture is limited. In this context the quest for good governance has remained, for the vast majority of Cameroonians, a platitudinous utopia. This paper argues that only a civil society that transcends narrow social and political boundaries and identifies with the daily and legitimate struggles of ordinary citizens can serve as a signpost pointing towards meaningful quantitative and qualitative development in Cameroon.

Résumé

Le rôle de la société civile dans la transformation de la société et dans la construction nationale au Cameroun a été compromis par les structures politiques et sociales créées au cours de trois décennies de pouvoir autocratique qui marquent encore les mécanismes pratique et moral de l’état aujourd’hui. La société civile reste plongée dans les clivages sociaux qui trouvent leur expression dans des tendances d’esprit de clocher allant de l’ethnisme au régionalisme. En conséquence, la capacité de la société civile à mobiliser tout le monde en faveur d’une culture démocratique significative est limitée. Dans ce contexte, la quête de bonne gouvernance demeure, pour une vaste majorité des Camerounais, une banale utopie. Il est démontré ici que seule une société civile ayant transcendé les étroites frontières sociales et politiques et s’identifiant aux luttes quotidiennes et légitimes des simples citoyens peut servir de poteau indicateur signalant la direction à suivre pour un développement significatif tant quantitatif que qualitatif au Cameroun.


Systèmes de transport pour un développement intégré de l’Afrique : vers un réseau routier et ferroviaire panafricain
José Mvuezolo Bazonzi

Résumé

L’Afrique est un continent immense dont plusieurs contrées sont encore enclavées à ce jour. De ce fait, elle nécessite des systèmes de transport adéquats, efficaces et fort variés, susceptibles d’accélérer son développement. En effet, le manque de communication adéquate entre les zones de production et celles de forte densité et consommation est à l’origine d’un déséquilibre profond et pathologique entre l’offre et la demande globale des biens et services à travers l’espace continental. À côté du transport aérien fort onéreux, il s’avère opportun d’investir dans le transport routier et ferroviaire, plus accessible à la majorité de la population et véritable catalyseur de l’intégration et du développement du continent africain. Ainsi, dans le but de contribuer à la réflexion sur les alternatives au développement de l’Afrique, il nous semble nécessaire de jeter les bases d’une esquisse théorique du réseau routier et ferroviaire ‘panafricain’, dont le but serait de relier les grandes aires économiques et démographiques du continent afin de développer l’unité et la solidarité entre les peuples africains. La route panafricaine aurait la forme d’un triangle isocèle renversé, dont les trois angles seraient Le cap en Afrique du sud, Le Caire en Égypte et Dakar au Sénégal. La structure générale du réseau ferroviaire panafricain comprendrait un grand axe central allant du Caire au Cap, avec une variante Alger–Le Cap, une transversale Dakar–Mombassa, une boucle périphérique unissant toutes les zones côtières au cœur du continent, et plusieurs autres axes reliant entre elles les différentes régions. L’implantation de ces structures devrait se faire selon une nouvelle conception de l’intégration régionale ayant pour fondement le commerce et l’investissement, l’exploitation concertée des ressources naturelles, l’implication du secteur privé, l’industrialisation axée sur les exportations ainsi que le développement des infrastructures efficaces et rentables, capables de briser le cercle de la pauvreté et les cycles de violences.

Abstract

Africa is a huge continent with so many landlocked regions. Therefore, there is need for adequate, efficient and highly varied transportation systems that can accelerate its development. The lack of adequate communication between production centres and densely populated areas with a high level of consumption is indeed the cause of a deep and pathological unbalance between supply and the global demand of goods and services throughout the continent. Besides the very costly air transport, it is desirable to invest in both road and railways transportations that are more accessible to the majority of the people and that are a genuine catalyst for Africa’s integration and development. Thus, in order to contribute in the thinking on African development alternatives, we see it necessary to lay the foundations of a theoretical outline of a 'Pan African' network of roads and railways aimed at linking the continent’s major economic and demographic areas in order to develop unity and solidarity between African peoples. The 'Pan African' road network would have the form of a reversed isosceles triangle, the three angles of which would be Cape Town in South Africa, Cairo in Egypt and Dakar in Senegal. The general structure of the Pan African railway network would include a big central route from Cairo to Cape Town with an Algiers–Cape Town variant, with a cross-country Dakar–Mombassa line, a peripheral loop uniting all the continent’s coastal areas, and many other highways linking different regions. Setting these structures should be done according to a new conception of regional integration based on trade and investment, a concerted tapping of natural resources, the implication of the private sector, export-based industrialization as well as the development of efficient and profitable infrastructures able to break the cycle of poverty and cycles of violence.


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