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Volume
2, Numéro 1, 2004
Resume
The
University as an Actor in Development: New Perspectives and
Demands
Mamphela
Ramphele
Résumé
Cet article porte sur les obstacles qui empêchent
les universités africaines de jouer leur rôle au sein du
processus de développement national. Il s’intéresse
particulièrement aux défis émanant du programme inachevé de
réformes nationales et de l’émergence de la mondialisation. Il
aborde les questions concernant l’enseignement supérieur, dans
le contexte de la pandémie du VIH/SIDA et de la massive fuite
des cerveaux (deux grands problèmes auxquels l’Afrique est
confrontée). Tout en citant les pays de l’OCDE comme éléments de
comparaison, il présente une analyse démographique, migratoire,
sanitaire et une analyse relative à l’éducation sur le continent
africain. Cette contribution souligne les différences énormes
existant entre pays en ce qui concerne les revenus, les systèmes
d’éducation, les institutions politiques et les performances
économiques, à travers le temps. Elle affirme également que
nous traversons un processus d’intégration (à travers la
mondialisation) basé essentiellement sur le savoir. Elle
soutient que les pays en développement sont en retard par
rapport aux pays industrialisés au vu de leur faible niveau
d’inscription, de la faible qualité de la production dans le
domaine de l’éducation et leur incapacité à retenir les
personnes qualifiées. Cet article recommande les options de
politique suivantes : (a) le développement de normes pour une
éducation internationale et un partage de ressources « sans
frontières », (b) la maîtrise de la fuite des cerveaux et (c) le
déploiement de l’aide en faveur de la promotion, du maintien et
de l’utilisation des talents locaux. Plusieurs initiatives
modèles sont décrites pour chaque proposition.
Higher
Education, Society, and Government: Changing Dynamics
Kenneth
Prewitt
Résumé
Les stratégies de réforme destinées aux
universités africaines s’adaptent à trois tendances macro-économiques :
les pressions du marché, les forces démographiques et les
perspectives changeantes des bailleurs de fonds. Les définitions
de la responsabilité liées à la notion de marché, et leurs
indicateurs de performances (qui portent moins sur ce qui est
connu que sur la manière rapide et efficace dont la connaissance
est transformée en technologie, savoir-faire, et en croissance
économique) provoquent actuellement une diversification
institutionnelle sans précédent dans le milieu de l’enseignement
supérieur. Ceci est en train de se produire à un moment où les
courants démographiques menacent de vider l’Afrique de ses
étudiants les plus talentueux, qui, s’ils en ont l’occasion,
risquent de migrer pour des besoins de formation et de travail.
Dans le cadre de la compétition internationale grandissante, la
balance commerciale ne favorisera pas l’Afrique. Ces bailleurs
de fonds qui restent engagés envers le continent sont à la
recherche de modèles au sein desquels les universités africaines
peuvent se repositionner, en tant que liens indispensables entre
l’économie nationale et l’économie internationale de la
connaissance. La meilleure stratégie consisterait à faire de
sorte que les universités (malgré les pressions démographiques
et celles du marché) continuent de promouvoir le « bien public »
dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche
approfondie.
Globalization, and the Challenges to Tertiary
Education in Africa
Benno
Ndulu
Résumé
Les efforts de développement en Afrique sont
considérablement entravés par la fuite du capital financier et
humain (fuite des cerveaux). Ceci touche même les professionnels
impliqués dans des activités moins qualifiées, à cause de la
faiblesse des économies nationales. Les facteurs historiques en
cause, notamment les pressions économiques et démographiques
sont actuellement intensifiés par la mondialisation, les
mouvements vers une économie basée sur la connaissance, et par
les tendances démographiques.
étant donné qu’il
est fort possible que cette fuite rapide de talents régionaux se
poursuive, l’auteur préconise l’adoption de stratégies
destinées à améliorer la capacité des nations africaines, afin
qu’elles puissent former, retenir la main-d’œuvre qualifiée et
renverser cette tendance. Les institutions de l’éducation
tertiaire sont en train de changer, pour pouvoir combler les
déficits qualitatifs et quantitatifs de la région, ce qui
implique l’émergence d’un enseignement, de nouveaux mécanismes
globaux de partage de la connaissance, la technologie de
l’information, la constitution de réseaux, et les systèmes
parallèles, tels que les intermédiaires indépendants pour la
certification et la connaissance. L’auteur termine en
fournissant diverses recommandations destinées à faire face aux
facteurs responsables de l’émigration.
Social Value of Research and Technical Skills:
Does it Justify Investment in Higher Education for Development?
T. Paul Schultz*
Résumé
Les résultats provenant des études domestiques,
collectés de 1985 à 1998 au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Kenya,
et en Afrique du Sud indiquent que dans ces pays, les salaires
élevés servent de compensation aux individus, pour qu’ils
puissent s’inscrire à l’école. L’on croit généralement que les
retours de salaire pour la scolarité sont plus élevés au
primaire et diminuent au niveau secondaire, mais les données sur
l’Afrique résumées ici prouvent le contraire, et montrent que
les retours privés sur salaire sont plus élevés au niveau du
secondaire et du supérieur. Il semble y avoir aujourd’hui
suffisamment de mesures incitatives pour motiver les étudiants
pour qu’ils intègrent l’enseignement supérieur et toutes les
subventions publiques doivent être attribuées uniquement aux
étudiants issus de familles pauvres et dont les parents ont reçu
un niveau d’éducation relativement faible par rapport à ceux de
leur génération. Si les étudiants africains de l’enseignement
supérieur de familles aisées payaient des droits de scolarité
correspondant à la moitié des subventions publiques, ces revenus
ainsi engrangés pourraient alors financer des bourses pour les
étudiants défavorisés, mais également fournir des ressources et
des mesures incitatives pour développer l’enseignement supérieur
dans les domaines où il existe peu de main-d’œuvre qualifiée sur
le continent. Ils permettraient ainsi de créer des conditions
adéquates pour une meilleure auto-gouvernance de l’enseignement
supérieur, tout en assurant une séparation raisonnable d’avec le
pouvoir politique.
Should There Be a General Subsidy for Higher
Education in Developing Countries?
David E.
Bloom* and Jaypee Sevilla**
Résumé
Beaucoup sont d’avis que les pays développés
doivent offrir des subventions globales pour soutenir
l’enseignement supérieur. Nous nous servons de la traditionnelle
logique économique pour spécifier les conditions selon
lesquelles une telle politique d’investissement pourrait
promouvoir une attribution de ressources adaptées sur le plan
social. Nous avons identifié trois conditions préalables.
Premièrement, le bénéfice social net provenant de ces
investissements doit être positif. Deuxièmement, les acteurs
privés ne doivent pas disposer des capacités nécessaires pour
assurer un niveau d’investissement optimal sur le plan social.
Enfin, les investissements doivent générer plus de bénéfices
sociaux nets que les autres formes d’usage de fonds publics.
Nous pensons que la première condition est susceptible d’être
réalisée, la seconde l’est moins, et la troisième est encore
plus incertaine. En l’absence de preuve empirique prouvant le
contraire, nous affirmons donc qu’il n’y a pas de justification
précise à l’octroi de subvention globale destinée à
l’enseignement supérieur dans les pays en développement.
Private and Public Values of Higher Education in
Developing Countries: Guidelines for Investment
Robert E. Evenson*
Résumé
Le « savoir » scientifique et technique est un
bien public international, contrairement à la conversion du
savoir en inventions et en innovations. La conversion du savoir
est déterminée par les conditions naturelles (sols, climat) et
économiques (prix, salaires). Cela signifie que le type de
conversion du savoir en croissance économique est spécifique à
l’endroit où l’on se trouve. La conversion du savoir est
également sujette à une réelle maîtrise de la haute technologie.
La maîtrise technologique exige également une spécialisation
dans un domaine de la technologie. Dans le cadre de ces
conditions de conversion du savoir, la science appliquée et le
savoir-faire en ingénierie occupent une place de choix. Le
« prix à payer » pour intégrer le club fermé de la croissance
économique est élevé. Cela signifie que les programmes de
l’enseignement supérieur produisant ce savoir-faire ont une
valeur « externe » publique qui est beaucoup plus importante
que la valeur privée de ce savoir-faire au niveau du marché du
travail. Cette valeur publique est suffisamment élevée pour
justifier des investissements dans le domaine de la formation
étrangère diplômante et au niveau de programmes diplômants dans
le domaine de l’invention/innovation dans plusieurs universités
africaines.
Alternative Models to Traditional Higher
Education: Market Demand, Networks, and Private Sector
Challenges
Ebrima
Sall
Résumé
Cette contribution aborde la question de la
pluralisation du savoir et des institutions de production du
savoir, mais également la question de la complexification des
systèmes de l’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne.
Il met en lumière l’évolution des institutions « traditionnelles »,
et les facteurs ayant mené à une telle évolution, de même que le
développement de modèles alternatifs, l’extension des réseaux de
savoir et les défis posés par l’implication du secteur privé
dans l’enseignement supérieur. La mondialisation, la
libéralisation et la démocratisation ont entraîné avec elles de
nouveaux «modes» d’apprentissage et de nouvelles formes de
savoir. Les «modèles traditionnels» ont été contraints d’évoluer,
de s’adapter et de se réinventer dans le contexte de ces
changements et des évolutions en matière de paradigmes de
développement, mais également dans le contexte des rapides
transformations locales, économiques et technologiques. Il
semble y avoir une évolution progressive vers des formes et des
modèles l’enseignement plus hybrides. Cependant, l’article
affirme que malgré l’augmentation rapide du nombre et de la
variété des institutions, et malgré la pluralisation du savoir,
les formes et modes institutionnels traditionnels, ainsi que les
formes traditionnelles de connaissance scientifique pourraient
bien conserver leur place dominante dans un futur proche pour ce
qui est de l’Afrique.
African Universities and the Challenge of
Research Capacity Development
Akilagpa
Sawyerr
Résumé
Pour son propre
avenir, l’Afrique a besoin de renforcer son système d’éducation
et ses institutions indigènes, pour la génération et
l’application du savoir, en assurant un support public à
long-terme, avec une attention toute particulière accordée à la
capacité de recherche. Outre le savoir-faire personnel développé
dans le cadre du travail de recherche, la capacité de recherche
englobe : la qualité de l’environnement de recherche, le
financement, les infrastructures adéquates, les formes
d’incitations à la recherche, le temps disponible pour le
chercheur etc. Dans la plupart des pays africains, les
conditions de recherche sont remises en cause, comme le prouvent
les faibles niveaux de rémunération, les lourdes charges
d’enseignement, l’incapacité à encadrer les jeunes facultés, et
les infrastructures inappropriées. Même si le financement public
demeure une condition primordiale, il y a un certain nombre
d’initiatives programmatiques concrètes qui pourraient être
adoptées par l’éducation supérieure et les institutions de
recherche elles-mêmes. Celles-ci englobent un renforcement des
études de second/troisième cycle, une amélioration de la gestion
de la recherché, l’assurance d’un «atterissage en douceur» pour
la jeune faculté, l’identification et le ciblage de « zones
fortes» et enfin, le partage de ressources avec d’autres
institutions. Parmi les initiatives spéciales visant à
développer la capacité individuelle de recherche, figurent :
le Programme d’études pour la gestion de l’éducation supérieur
(Study Programme for Higher Education Management), de
l’Association des Universités Africaines (AAU), les groupes de
travail et instituts du Conseil pour le Développement de la
Recherche en Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA), ainsi que
les travaux du National Mathematics Centre du Nigeria.
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