Volume
2,
Numéro 3, 2004
Resume
Volume
2, Number 2, 2004
Abstracts
Higher
Education Finance and Accessibility: Tuition Fees and Student
Loans in Sub-Saharan Africa
D. Bruce Johnstone
Résumé
Dans le domaine de
l’enseignement supérieur, le concept d’« augmentation de
revenu » consiste à ne plus dépendre principalement (parfois
exclusivement) du gouvernement ou du contribuable pour ce qui
est des dépenses d’éducation, et à faire supporter ces coûts
vers les parents, les étudiants, les philanthropes, les
entreprises et autres. La « participation aux coûts » renvoie
plus spécifiquement au fait que les parents et étudiants
s’acquittent de l’intégralité ou d’une grande partie des droits
d’inscription, des frais de logement ; la « participation aux
coûts » renvoie également à la diminution du montant des
bourses ou à la hausse du taux d’intérêt appliqué sur les prêts
étudiants. Cet article identifie certaines résistances à la
pratique du partage des coûts, ainsi que les arguments sur
lesquels repose ce système (dont le plus incontestable demeure
l’énorme besoin de sources de revenus, ainsi que la
non-probabilité que les gouvernements africains génèrent
suffisamment de revenus à travers l’imposition, et qu’ils
parviennent à combler les besoins sociaux actuellement
sous-financés, et que ces gouvernements parviennent en même
temps à accorder davantage de financements pour subventionner
les besoins croissants de l’enseignement supérieur). Cet article
identifie les limites des politiques de droits d’inscription
« à double système» appliquées en Afrique de l’Est, et avance
quelques raisons à l’échec de certains pays africains dans la
mise en place des programmes de prêts étudiants. Il met en garde
contre cette fascination pour les prêts basés sur les revenus,
et fait des recommandations tirées à la fois de la théorie et
d’un certain nombre d’exemples empiriques de « modèles
réussis ».
Student
Loans: Potential, Problems, and Lessons from
International
Experience
Maureen Woodhall
Résumé
Cet article, préparé pour une conférence portant
sur le « Financement de l’enseignement supérieur :
diversification des revenus et élargissement de l’accès », qui a
eu lieu à Dar-es-Salaam en mars 2001, s’inspire de différentes
expériences tirées des pays en développement, dans le but de
mieux orienter les politiques de mise en place de prêts
étudiants en Afrique. Il souligne les problèmes communs à ces
programmes de prêt (qui ont pour la plupart été un échec en
Afrique), allant d’un capital inadéquat à des subventions
excessives, en passant par l’incapacité à venir à bout de
l’opposition politique à l’octroi de ces prêts. Il existe un
grand nombre de décisions clés à prendre, dont l’issue
déterminera largement l’éventuel taux de recouvrement, et
déterminera également l’accès des étudiants à ces programmes, et
pourrait même bien influer sur la possible réceptivité politique
à l’égard du concept de prêts. Cet article conclut que les
programmes de prêts peuvent être définis pour être plus
efficaces, afin de contribuer à la diversification des revenus
en Afrique.
Privately Sponsored
Students and Other Income-Generating Activities at the
University of Nairobi
Crispus Kiamba
Résumé
Au début de l’année
académique 1994–1995, le gouvernement avait brutalement supprimé
les fonds universitaires en provenance du ministère kenyan des
Finances, mettant ainsi l’Université de Nairobi au défi de
diversifier ses sources de revenus. En réaction à cela,
l’Université a aussitôt adopté le concept de « l’université
entrepreneuriale », en mettant en place une société holding
indépendante et rentable – University of Nairobi Enterprises and
Services Ltd (UNESL). Les responsables du planning devaient se
focaliser sur sa principale compétence : apporter de la valeur
ajoutée à la connaissance. Le développement le plus rentable
(mais également le plus radical) fut l’ajout du Module II (ou
module parallèle) intégrant les étudiants qui s’autofinancent,
adoptant ainsi la pratique des droits d’inscription, ainsi que
le concept de la participation aux coûts, au moins pour ce type
d’étudiants, au profit de l’ensemble de la communauté
universitaire. Le « Model II », ainsi que les autres activités
génératrices de revenus, qui sont parvenus à vaincre le mur des
nombreuses résistances à ce programme, ont permis à l’université
d’améliorer substantiellement sa base financière et d’élargir
l’accès à ses programmes d’éducation.
Student
Loans in Kenya: Past Experiences, Current Hurdles, and
Opportunities for the Future
Wycliffe Otieno
Resume
Le Kenya a une
longue tradition de prêt aux étudiants. Cependant, dans les
années 80, ce programme avait été critiqué pour sa mauvaise
administration, ses coûts élevés et son faible taux de
recouvrement. La mise en place de la Commission des prêts pour
l’enseignement supérieur en 1995 a entraîné des réformes qui ont
élargi ce programme aux autres institutions post-secondaires,
ainsi qu’à certains étudiants du secteur privé kenyan en pleine
expansion, améliorant ainsi le recouvrement des prêts. Cet
article décrit les efforts fournis en matière d’amélioration du
recouvrement des prêts et fait un certain nombre de
recommandations, parmi lesquelles l’application de taux
d’intérêt plus réalistes (c’est-à-dire plus élevés), un système
de recouvrement de prêts plus agressif, un ciblage plus effectif
(justification des ressources), ainsi qu’un recours plus
fréquent aux banques et autres sources de capital privé.
L’utilisation des prêts pour étudiants est un moyen efficace
pour améliorer la participation et l’équité, même si le
gouvernement doit en faire davantage pour faciliter l’accès à
l’enseignement secondaire, domaine où règne actuellement la plus
grande inégalité.
Cost-Sharing in Higher Education in Tanzania: Fact or Fiction?
M. Johnson Ishengoma
Resumé
Au début des années
90, la Tanzanie a réintroduit dans l’enseignement supérieur une
politique de participation aux coûts. Cette politique vise à
faire supporter des coûts relatifs à l’enseignement supérieur
(exclusivement supportés par le gouvernement) aux parents,
étudiants et autres organisations non gouvernementales. Cet
article décrit les différences notées au niveau de la principale
université publique de Tanzanie, l’Université de Dar-es-Salaam
(UDSM), après l’introduction de cette politique, et s’intéresse
particulièrement à l’inscription des étudiants qui
s’autofinancent (c’est-à-dire ceux qui paient des droits
d’inscription), ainsi qu’aux autres changements notables
intervenus dans les finances de l’université, quelques années
après l’introduction de cette mesure. Ce rapport conclut donc
que la participation aux coûts est justifiée, car les
institutions de l’enseignement supérieur ont énormément besoin
de revenus non gouvernementaux, étant donné que le gouvernement
se désengage de plus en plus des ces institutions ; en outre,
les institutions concernées ont besoin d’élargir l’accès à
l’enseignement supérieur. Cependant, cette mesure a été
introduite sans grande rigueur.
Means
Testing: The Dilemma of Targeting Subsidies in African Higher
Education
Abebayehu A.
Tekleselassie and D. Bruce Johnstone
Résumé
L’enquête sur les
revenus, qui est une forme de ciblage pour l’accès aux
subventions, vise à distribuer des subventions de l’enseignement
supérieur, sur la base des besoins ou de la capacité à payer.
Cet article s’intéresse aux principes, approches et défis de
base, ainsi qu’aux controverses autour du concept d’enquête sur
les revenus, en prenant en compte le contexte spécifique du
continent africain. Dans un grand nombre de pays africains, par
exemple, les revenus sont non seulement bas, mais ils sont
parfois tout simplement dissimulés, ou alors, ils sont en grande
partie en nature. Les biens sont à la fois minimes et très peu
liquides. Ces conditions limitent les contributions en espèces à
l’enseignement supérieur, mais limitent également la possibilité
de mesurer et de vérifier les subventions auxquelles un grand
nombre de familles a droit. Au vu de cette situation, plusieurs
pays en développement complètent les mesures ou estimations de
revenus et de biens à l’aide d’indicateurs catégoriques de
besoins (ex : race/tribu/ethnicité, niveau d’instruction des
parents, type d’emploi, la fréquentation du lycée, possession
d’une automobile ou d’un chauffeur), qui sont plus visibles et
plus difficiles à dissimuler que les méthodes conventionnelles
de mesure du revenu et des biens. Cet article reconnaît les
imperfections de ces mesures, mais soutient toutefois que
l’application de règles strictes permettant de définir la
capacité à payer les prêts vaut mieux qu’une politique de
subventions égales pour tous. Il conclut en émettant des
recommandations relatives au ciblage des subventions de
l’enseignement supérieur en Afrique.