Volume
2,
Numéro 3, 2004
Resume
The Brain Drain in Africa: An Emerging Challenge to Health
Professionals’ Education
Delanyo Dovlo*
Résumé
L’Afrique subsaharienne est confrontée à une crise sanitaire. La
population de cette zone a connu une forte croissance. Au cours
des dernières décennies, les épidémies de maladies contagieuses
et de « nouvelles » maladies non contagieuses se sont
intensifiées. Parmi celles-ci figure le SIDA, qui pose un défi
majeur. Or, le nombre des travailleurs de la santé demeure de
plus en plus faible du fait de leur migration vers les pays
développés. Cette communication analyse le phénomène de « fuite
des cerveaux » touchant les professionnels de la santé, sur la
base des données récoltées au Ghana et dans d’autres pays
africains, en exploitant les données indirectes pour déterminer
les données directes inexistantes. L’arrêt de cette
« hémorragie » est devenu un véritable défi. De même le système
de formation dans ce domaine a donné des résultats peu probants.
Il n’existe que très peu d’études sur la manière dont les
parties prenantes, parmi lesquelles figurent les institutions de
l’enseignement supérieur, suppléent aux effets du phénomène de
fuite des cerveaux. D’un point de vue économique, l’Afrique
subsaharienne n’a pas les moyens de rivaliser avec les pays
industrialisés, sur le marché du travail de la santé. Cette
communication présente la manière dont les systèmes d’éducation
et le secteur de la santé peuvent collaborer pour atténuer les
effets de la migration des professionnels du milieu, et
améliorer la qualité des services de santé, (a) grâce à de
nouveaux modes de sélection des professionnels du milieu, (b) en
mettant en place de nouveaux programmes plus adaptés, (c) en
formant de nouveaux cadres motivés à rester dans le pays, et (d)
en mettant en place un système de contrats d’engagement et de
services communautaires, pour mieux retenir les professionnels
du secteur.
The South African Experience with Developing and
Implementing a Funding Formula for the Tertiary Education System
Pundy Pillay*
Résumé
Le
cadre de financement mis en place par l’Afrique du Sud à
l’intention des institutions de l’enseignement supérieur durant
l’apartheid soulève des questions fondamentales liées à
l’égalité (particulièrement l’accès de la majorité noire
défavorisée) et à l’efficacité (entre autres, le rendement des
institutions traditionnellement « noires »). Le nouveau cadre de
financement proposé dans le Livre blanc du gouvernement de 1997
permet de reconsidérer la relation entre les coûts
institutionnels et les dépenses du gouvernement. Ce cadre est
considéré comme un mécanisme de répartition permettant d’allouer
les fonds gouvernementaux aux institutions individuelles, en
conformité avec le budget prévu par le gouvernement et suivant
les priorités de politiques publiques qu’il a définies. Les
institutions reçoivent désormais (a) un financement global
(financement pour la recherche, financement pour l’enseignement,
déterminé par le nombre d’étudiants et les résultats obtenus,
ainsi qu’un financement institutionnel pour des besoins
d’ajustement) et (b) des fonds spéciaux pour des besoins
spécifiques (aide financière aux étudiants et développement de
la recherche). Ce cadre comporte d’importantes implications en
matière d’égalité, d’efficacité et de prévision, entre autres ;
il favorise la promotion d’une certaine autonomie et d’une
certaine égalité institutionnelle ; il récompense la
«productivité » en matière de recherche ; récompense le
rendement des diplômés, qui comblent les besoins en
développement humain du pays ; et accroît l’égalité à travers le
renforcement des capacités, le développement de la recherche et
les programmes de base.
Income-Generating Activities in Higher Education: The Case of
Kigali Institute of Science, Technology and Management (KIST)
Albert Butare*
Résumé
Le Kigali Institute of Science, Technology and
Management (KIST – Institut de science, technologie et de
gestion de Kigali), première institution supérieure de
technologie du Rwanda, a été la première à mener des activités
entrepreunariales. En 2002, 35% du budget du KIST provenait de
ses diverses activités entrepreunariales. En 2008, ce
pourcentage devrait dépasser la barre des 50%. Dès le début,
l’institut a combiné l’enseignement professionnel aux
initiatives relatives au transfert de technologies. Les projets
portant sur les énergies renouvelables, la gestion des eaux
usées et la transformation de produits alimentaires ont connu un
grand succès. Parmi les produits développés figuraient les
pompes à eaux actionnées à la main ou par le pied, les systèmes
de recueillement des eaux de pluie, un séchoir solaire ou
fonctionnant avec l’énergie fournie par la biomasse (balles de
riz, sciure ou bois à brûler), etc. Grâce aux rapports fournis
par leurs agents de développement communautaire, dont la plupart
sont des femmes, le KIST a pu modifier de simples machines en en
facilitant l’usage pour les femmes ; l’institut a également
formé des groupes de femmes des zones rurales à la gestion ; il
dispense également à tous ses étudiants une formation de base en
techniques de management. Le Centre de technologies de
l’information et de la communication du KIST est devenu le
second fournisseur de services Internet du pays ; il fournit
également des logiciels et dispense parallèlement des cours
d’informatique. L’institut dispose d’un programme de cours
payant à temps partiel réservé aux professionnels adultes.
Cross-Border Education as Trade: Issues for Consultation, Policy
Review and Research
Jane Knight
Résumé
Cette communication présente des éléments de références, ainsi
qu’un cadre analytique permettant d’étudier les effets du
phénomène de l’enseignement supérieur transfrontalier en
Afrique, particulièrement dans le cadre d’un renforcement du
caractère commercial de ce phénomène et de la mise en place du
GATS (AGCS : Accord général sur le commerce des services). Les
principes majeurs concernant les règles du GATS relatives au
commerce en matière de services d’éducation sont mentionnés,
ainsi qu’un résumé des engagements relatifs à cet accord,
manifestés par les pays africains par rapport à l’enseignement
supérieur. Une présentation des arguments et risques associés à
l’import/export commercial de services d’éducation nous amène à
examiner les éventuelles implications en matière de politique
publique, liées à l’accroissement de la mobilité
transfrontalière des institutions / spécialistes de
l’enseignement supérieur, des programmes, et des étudiants /
universitaires. Enfin, des questions clés sont identifiées. Les
dirigeants du secteur de l’éducation, ainsi que les parties
prenantes dans ce domaine pourraient mener une réflexion pour
déterminer si ces questions sont vraiment adaptées au contexte
africain, mais également pour déterminer les éventuels besoins
en recherche approfondie, en réforme de politique publique et en
consultation.
Higher Education in Ethiopia: The Vision and Its Challenges
William Saint*
Résumé
L’Éthiopie s’est engagée dans un vaste programme
de développement et de réforme de l’enseignement supérieur. Le
volet développement inclut la création de nouvelles universités,
et de trois agences de suivi, la mise en place de nouveaux
cours et l’instauration du système d’inscriptions triples. Les
réformes permettront une plus grande autonomie, ainsi que la
révision des programmes, l’établissement de nouveaux systèmes de
financement, et l’introduction du système de contributions des
étudiants, par le biais d’une taxe sur la formation supérieure.
Cet article analyse les efforts déployés pour la réforme de
l’enseignement supérieur en Éthiopie. Tout d’abord, il fournit
un aperçu du contexte social de l’enseignement supérieur, ainsi
qu’une description de ce système. Il s’ensuit une évaluation du
financement de l’éducation tertiaire. La communication évoque
ensuite les capacités de gestion, ainsi que l’utilisation
efficace de ces ressources, en mentionnant le défi majeur posé
par le SIDA. La question de la qualité et du caractère adapté de
l’éducation est ensuite abordée. L’analyse présentée souligne
les faiblesses du programme de réforme, mais conclut en ajoutant
que les objectifs d’élargissement du système d’inscription
pourraient bien se réaliser. Cependant, la dynamique
d’élargissement de ce système risque fort de porter atteinte à
la qualité de l’enseignement fourni.