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Revue de l’enseignement supérieur en Afrique (RESA) / Journal of Higher Education in Africa (JHEA)

Volume 3, Numéro 1, 2005


Transnational Education and African Universities
Paul Tiyambe Zeleza

Résumé

Cette contribution se penche sur les implications pour les universités africaines, du commerce des services de l'enseignement supérieur, sous les auspices de l'Accord Général sur le Commerce des Services (GATS), à l'initiative de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Cet article soutient que dans la mesure où le GATS constitue un processus évolutif, il est impératif que les pays africains et les autres pays en développement participent activement à la construction du cadre légal, conceptuel et opérationnel de cet accord. Il suggère également que les universités africaines puissent faire face aux nouveaux défis qui se posent, à travers une reconfiguration du panafricanisme, en renforçant le système régional d'étudiants, ainsi que le principe de mobilité et d'échanges concernant les facultés ; mais également, en mettant sur pied, en rationalisant et renforçant des organes régionaux de contrôle des normes qualité, ainsi que des organes d'accréditation ; en établissant un centre d'excellence, et en mobilisant les diasporas académiques africaines, anciennes aussi bien que contemporaines, dont la plupart se trouve dans les pays du Nord, dans certaines des plus prestigieuses universités mondiales.

The Benefits and Challenges of Cross-Border Higher Education in Developing Countries
Cisco M. Magagula

Résumé

L’information, la communication et la technologie (TIC), la connaissance et le capital humain sont des facteurs importants du développement national, régional et international. Cette contribution avance que : (a) en puisant dans l’économie de la connaissance mondiale, les économies avancées disposent d’un avantage comparatif, en termes de qualité et d’adaptation des programmes d’éducation, du personnel académique, des ressources pédagogiques et des infrastructures de base ; (b) que le calvaire des pays en développement est exacerbé par les dispositions de l’OMC/GATS et par l’éducation transnationale. Cet article recommande que dans le contexte de l’Afrique et sous les auspices de l’Association des Universités Africaines et de l’Union Africaine, des cadres de régulation soient mis en place aux niveaux national, régional et continental, à l’intention des fournisseurs marchands de services d’enseignement supérieur.

The Complex Relations between University, Society and State: The Ethiopian Predicament in Establishing a Service University
Arild Tjeldvoll, Anne Welle-Strand and Fabio Bento

Résumé

Les énormes difficultés de l'Ethiopie à établir une université de services proviennent de divers décalages entre l'université, la société et l'état : (a) entre la production agricole de la société, plutôt rudimentaire, et la production d'universitaires par le système universitaire ; (b) entre les besoins de l'état en finances d'investissement dans le domaine des nouvelles activités économiques, et le manque aigu d'investissements de ce type ; (c) entre l'état et l'université, en termes de bonne gouvernance, et par rapport à la manière dont les changements organisationnels dans l'enseignement supérieur doivent être conduits  ; et (d) les différentes opinions de l'état et de l'université à propos du juste équilibre à apporter entre la liberté académique individuelle, l'autonomie institutionnelle et la responsabilité de la société et de l'état. Pour transformer ces décalages en une forme de développement national constructif, il faudrait que le gouvernement attire le capital pour permettre de nouvelles activités de productions, en établissant comme condition que les étrangers devront en même temps investir un certain pourcentage dans le développement de l'enseignement supérieur du pays. Un autre changement structurel de taille, consisterait à mettre en place au niveau gouvernemental, un organe de prise de décision dynamique et compétent pour la science, la technologie et la production de talents. Les pays et agences de financement doivent être encouragés à soutenir les projets de développement éthiopiens dans le cadre desquels la recherche, la formation de niveau tertiaire et les projets commerciaux seraient intégrés, mais également dans le cadre desquels le "surplus" de personnel académique éthiopien pourrait être employé à l'étranger.

La recherche et ses facteurs de blocage dans les universités francophones d’Afrique: l’expérience des universités sénégalaises
Abodulaye Niang

Résumé

Dans les pays francophones d'Afrique au Sud du Sahara, la part consacrée à la recherche dans le budget des universités est dérisoire. Cette situation semble paradoxale si l'on sait que c'est de la recherche que dépend le développement de la science et de la technologie, le renouvellement du contenu des enseignements, le progrès des enseignants-chercheurs dans leur carrière universitaire, le prestige des universités de par le monde. Beaucoup de facteurs peuvent être convoqués pour expliquer ce paradoxe, mais parmi eux, un nous semble revêtir un intérêt particulier : la recherche est perçue, d'abord, comme un enjeu de pouvoir dans les universités, et constitue à ce titre une source de menaces pour leur position, des autorités académiques. Dès lors, la recherche devient une affaire privée, un terrain de compétition pour l'acquisition d'avantages individuels. Et, alors moins on en fait la promotion institutionnelle, mieux c'est.

Loose Coupling, Vouchers and Informal Training: What Kenya’s Universities Can Learn
Ishmael I. Munene and Wycliffe Otieno

Résumé

Dans les pays africains, les réformes en matière d'éducation, conduites par les agences de financement internationales, telles que la Banque Mondiale, laissent sceptiques les analystes spécialisés en politique publique, ainsi que les universitaires locaux et internationaux. Par exemple, le Programme d'Ajustement Structurel de la Banque Mondiale a été pointé du doigt pour avoir augmenté le taux d'abandon dans les écoles, particulièrement chez les pauvres, mais a également été accusé d'amener les gouvernements nationaux à retirer leurs financements à l'éducation. Cet article présente un argument tout à fait différent. Il examine le succès remporté par le programme de formation du secteur informel Kenyan, prénommé le  Jua Kali Voucher Training Programme (JKVTP), qui est le fruit d'une collaboration entre la Banque Mondiale, le gouvernement kenyan et le secteur privé. En se servant du loose coupling comme cadre analytique, nous montrons ici pourquoi le système des bons, qui constitue une réforme de la Banque Mondiale, a fonctionné pour le JKVTP, mais n'est pas parvenu à se matérialiser dans le domaine de l'enseignement supérieur kenyan. En analysant le fonctionnement entre l'état politique, les marchés et le système de prise de décision, nous montrons pourquoi le système de bons produit des résultats différentiels dans les deux secteurs de l'éducation. Cet article conclut en présentant quelques implications en matière de politique publique, concernant les universités kenyanes. 

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