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Revue de l’enseignement supérieur en Afrique (RESA) / Journal of Higher Education in Africa (JHEA)

Volume 3, Numéro 2, 2005


Introduction: The Quest for Academic Freedom Today
Ebrima Sall and André Mbata Bekutumesu Mangu

Résumé

La liberté académique et l’autonomie institutionnelle des universités (les franchises universitaires) sont des conditions essentielles pour l’enseignement supérieur et la recherche.  L’introduction á ce numéro spécial de RESA examine le besoin et la quête de liberté académique en Afrique et dans d’autres régions du monde, dans le monde du savoir que nous vivons. La liberté des institutions universitaires, des chercheurs et des étudiants de poursuivre leurs recherche, enseignements ou études, et de  sans restrictions de la part des institutions qui les emploient, la société civile, des bailleurs de fonds, ou de la part d’autres universitaires pour des raisons idéologique, ou de genre, est une condition pour un enseignement et une recherche de qualité. Avec la fin de la guerre froide, la libéralisation politique dans plusieurs pays, et la mondialisation, les termes du débat sur la liberté académique ont évolué.  Cependant, selon les auteurs, la liberté académique est aussi cruciale de nos jours qu’elle ne l’a jamais été. Sans la liberté académique et les franchises universitaires, les universités seront incapables de jouer certaines de leurs rôles principales : aider les sociétés á faire face aux défis du développement et de la mondialisation, et répondre au besoin qu’ont les sociétés de comprendre les processus sociaux et écologiques dans le monde, processus qui deviennent de plus en plus complexes, tout en étant des catalyseurs et des sanctuaires pour les nouvelles idées, y comprises celles qui ne sont pas populaires.

Academic Freedom: International Challenges and African Realities
Philip G. Altbach

Résumé

La liberté académique est menacée dans beaucoup de pays et régions du monde. Cependant, bien que menacée, dans certains pays par les autorités politiques, dans d’autres par des influences commerciales, et par moments par l’intolérance de la communauté universitaire elle-même, le principe de la liberté académique est encore au cœur de l’idée même d’une université.  Du concept allemand de liberté dans la salle de cours, le principe a pris un sens  plus large pour s’étendre à la recherche et, telle que définie actuellement, la liberté académique protége la profession académique aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’université. En Afrique, les menaces à la liberté académique proviennent généralement des pressions politiques traditionnelles, et périodiquement de la répression ouverte. Dans les pays industrialises, les pressions sont subtiles mais pas moins réelles, bien qu’un engagement de principe pour le respect des normes de liberté académique existe dans la plupart des pays. La liberté académique mérite qu’on lui prête une attention particulière dans le contexte des changements rapides en cours dans l’environnement universitaire.

Libertés académiques et responsabilité sociale des universitaires en République Démocratique du Congo
André Mbata Betukumesu Mangu

Résumé

Après avoir cité les instruments fondamentaux sur les libertés académiques et intellectuels que sont la Déclaration de Lima, la Déclaration de Dar-es-Salaam, la Déclaration de Kampala, l’article conceptualise lesdites libertés dans le cadre plus large des droits de l’homme et de la démocratie, puis passe en revue l’implantation de l’université en RDC (1954-1971), son étatisation et sa récupération par le parti unique (1971-1981), l’action du libéralisme autoritaire et du programme d’ajustement structurel sur elle (1981-1990), le rendez-vous manqué des libertés académiques (1990-2004). Quant aux artisans des violations des libertés académiques en RDC, ils ont pour noms l’État, les églises, les propriétaires des établissements d’enseignement, la communauté universitaire. Certes, les libertés académiques sont des droits, mais elles comportent aussi des devoirs.

La politisation de la gestion des ressources humaines dans l’enseignement supérieur et universitaire : cas du système de quota régional en République Démocratique du Congo
Joseph Senda Lusamba

Résumé

En République démocratique du Congo, le développement des écoles du temps de l’indépendance a été très inégal. Cette répartition inégale explique en partie la sous-représentation de certaines régions du pays au niveau de l’enseignement supérieur, ainsi que le nombre réduit d’étudiants provenant de ces régions, présents dans les universités. Dans le but de réduire ce déséquilibre, un « système régional de quotas » a été mis en place dans les années 70. Ces quotas ont été déterminés sur la base de la population de chaque région. Par conséquent, deux étudiants ayant les mêmes résultats au Baccalauréat/ examens de fin de cycle secondaire n’avaient pas un accès égal à l’enseignement supérieur, aux universités particulièrement, car l’accès à ces établissements était déterminé par un certain nombre de facteurs aussi bien objectifs que subjectifs.

L’université congolaise à la croisée des chemins : vers l’extinction du corps professoral de l’Université de Kinshasa
Séraphin Ngondo a Pitshandenge

Résumé

La crise que connaît l’Université africaine a rarement été abordée dans les débats académiques et les débats sur les politiques á mener sous l’angle des problèmes de ressources humaines, au-delà des questions de rémunération du corps académique et scientifique et de leurs conditions de travail médiocres. Selon l’auteur, l’Université de Kinshasa, la première université du Congo, est confrontée au risque d’extinction de son corps professoral, du fait  de l’effritement et du vieillissement de son corps académique et scientifique, en raison d’une morbidité et d’une mortalité anormalement élevées et d’un manque de renouvellement par la base ainsi qu’à l’hémorragie continue de ses cerveaux. En outre, le corps enseignant de l’Université de Kinshasa, comme celui de tout autre établissement d’enseignement supérieur en RDC, œuvre dans des conditions infra inhumaines. Sans le minimum vital, la liberté académique n’a pas de sens.

Liberté académique et autonomie universitaire : l’expérience sénégalaise
Falilou Ndiaye

Résumé

La liberté académique et l’autonomie universitaire, qui sont deux principes essentiels à l’enseignement et à la recherche, ont au Sénégal deux acteurs en présence : l’État et la communauté universitaire, tant en ce qui concerne la première université du pays, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), que la seconde, l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB). Sont examinés dans cet article l’expérience de l’UCAD, notamment la législation qui est la sienne depuis sa création en 1957 jusqu’à la réforme en 1994, puis son ajustement de 1994 à 2004 compte tenu de la massification des effectifs, enfin l’enseignement supérieur privé depuis 1994. L’Université sénégalaise devra se préparer à une réforme académique d’une ampleur jusque-là inégalée.

Assessing the Power of Newly Created Teachers’ Organisations during Cameroon’s Political Liberalisation
Piet Konings

Résume

La libéralisation politique au Cameroun a donné lieu à la création de plusieurs organisations autonomes d’enseignants. Cet article porte sur les deux principaux syndicats d’enseignants dans la partie anglophone du pays, et il évalue le pouvoir des ces organisations dans le contexte de l’environnement politique hostile qui prévaut au Cameroun. Ces organisations ont des objectifs et des stratégies différents : Une d’elle s’intéresse principalement aux questions régionales et à la préservation de l’héritage éducationnel anglophone, tandis que l’autre met les intérêts des enseignants au-dessus des questions régionales ou linguistiques. Cette deuxième organisation a, par conséquent, noué des alliances avec les syndicats de la partie francophone du pays. L’insensibilité du gouvernement face à leurs revendications a rendu ces organisations plus militantes. L’argument principal de l’article est que la faiblesse des acquis obtenus par les syndicats en terme de liberté académique est du à la fois aux manœuvres du gouvernement et aux faiblesses inhérentes aux organisations elles-mêmes.

Lusophone Africa and Higher Education Reform: Issues and Trends in the Global System
Carlos Cardoso

Résumé

Cet article examine les réformes en cours dans le secteur de l’enseignement supérieur en Afrique lusophone. Il analyse le contexte historique et les conditions qui ont marqué le système, et souligne deux faits historiques : a) l’amélioration des conditions politiques, économiques et sociales dans les colonies comme moyen de restreindre les luttes anticoloniales ; et b) la volonté politique, que l’on trouvait au niveau des Etats nouvellement indépendant, de bâtir un système éducatif endogène. L’article analyse ensuite les réformes effectuées dans le contexte de la libéralisation économique et politique et décrit les transformations au sein du système éducatif. Selon l’auteur, le résultat de ce processus duale d’expansion rapide et de diversification systémique est que l’Etat perd le monopole de l’octroie de l’enseignement supérieur á ses citoyens et, de ce fait, perd le contrôle sur ce secteur. L’auteur soutient que les objectifs assignés aux réformes ne peuvent être atteints tant que les universités continuent á être régies par la logique du marché plutôt que par des stratégies endogènes de développement.

Have South African Universities Lost Their Autonomy in the First Decade of Democracy? A Response to Jonathan Jansen
Martin Hall

Résumé

L’on tend à confondre la liberté académique et l’autonomie institutionnelle. Dans les débats en cours en Afrique du Sud, cette confusion laisser entendre que les universités du pays sont maintenant moins autonomes—et par conséquent moins libres—que sous le régime d’Apartheid. Cet article démontre qu’une telle conclusion serait fallacieuse. Les termes du débat sur la liberté académique et l’autonomie des universités devraient être re-examines de manière ace que les rapports entre l’Etat et les universités puissent être re-examinés et ajustés.

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