Volume 3,
Numéro 3, 2005
Critical Perspectives on the Crises, Planned Change, and the
Prospects for Transformation in African Higher Education
N’Dri T. Assié-Lumumba
Résumé
Cet
article est le résumé d’un livre à paraître qui constitue un
document de base du réseau de recherche du CODESRIA, dans le
cadre du Groupe Multinational de Travail (GMT) sur
l’enseignement supérieur. La création et le développement des
institutions contemporaines africaines d’enseignement supérieur,
particulièrement les universités, dans un contexte colonial et
postcolonial, ont été caractérisés par de fortes attentes, des
contestations, des crises et des luttes menées par divers
acteurs africains, souhaitant s’affirmer et introduire diverses
réformes et innovations, pour des transformations structurelles.
Conçues comme des institutions favorisant la mobilité sociale et
le développement national, elles n’ont cependant pas pu jouer le
rôle de développement qui leur était assigné, du fait des crises
économiques et des politiques d’austérité imposées par les
institutions financières internationales, particulièrement la
Banque Mondiale, à travers ses programmes d’ajustement
structurel. Les premières réformes internes avaient pour
objectif de résoudre les problèmes philosophiques et pratiques
et de procéder à une africanisation des programmes
universitaires à travers les canaux coloniaux. En revanche, dans
le contexte des crises économiques et des politiques qui
s’ensuivirent, et qui ont été imposées par les puissances
étrangères, les nouvelles réformes et innovations mises en place
depuis les années 90, sont plutôt d’ordre technique et sont
guidées par la recherche de solutions dictées par les
institutions financières internationales. Selon l’auteur, les
défis anciens et actuels, tels que le VIH/SIDA, la fuite des
cerveaux et la mondialisation et ses corollaires, comme la
compétition liée aux AGCS, qui menacent la relative autonomie du
continent, les sociétés africaines doivent user efficacement de
leurs atouts et créer une nouvelle forme d’éducation, faisant
office de bien public. Ces atouts englobent les systèmes locaux
de connaissance, la possibilité de promotion d’une certaine
fusion, les Diasporas historiques et récentes, ainsi que les
technologies de l’information et de
la communication. Toute
politique ambitionnant de réaliser des résultats positifs devra
inclure les groupes jusqu’ici marginalisés, particulièrement sur
une base de genre, pour la production et l’utilisation des
connaissances. L’on affirme également que malgré les apparentes
similitudes, il existe des différences nationales et
institutionnelles qui appellent à une large représentation des
sujets et études de cas dans la recherche en cours au niveau du
GMT du CODESRIA sur l’enseignement supérieur, afin de mieux
comprendre les systèmes d’éducation susceptibles d’orienter la
formulation de politiques ainsi que la reconceptualisation de
l’enseignement supérieur, en vue du progrès social en Afrique.
The Changing Face of Redress in South African Higher Education
(1990–2005)
Teboho Moja and Fred M. Hayward
Résumé
Cette
étude porte sur quinze ans de politique de redressement en
Afrique du Sud (politique conçue pour remédier aux inégalités
qu’a connu l’enseignement supérieur sud africain dans le passé,
comme le montrent les statistiques sur le financement). Parmi
les efforts de correction des injustices connues dans le passé
figurent des mesures visant à faire face aux inégalités raciales
auxquelles sont confrontés les individus ayant un accès limité à
l’enseignement supérieur, d’une part, et d’autre part, des
mesures axées sur la discrimination institutionnelle à travers
le financement inégal d’institutions, basé sur les groupes
raciaux. Deux périodes sont analysées sous la tutelle de deux
différents Ministères de l’Éducation, et fournissent diverses
informations sur des stratégies, des niveaux d’engagement et des
degrés de réussite différents. La période de pré-démocratie qui
s’étend jusqu’à 1994 a donné lieu au débat sur les besoins de redressement de la
situation et sur l’acceptation de politiques visant à rétablir
l’égalité au sein de
la
société. Les réalités politiques post-1994 ont redéfini le
débat, la réforme institutionnelle a échoué et la priorité a été
accordée à un système de réforme individuel, avec la mise en
place d’un programme d’aide financière aux étudiants. La
nouvelle formule de financement introduite en 2005 englobe
certains éléments de changement. Reste à savoir si ces derniers
sauront prouver leur efficacité.
Gender and Perceptions of Academic Work in South Africa
Damian Ruth
Résumé
Cet
article étudie la perception du monde académique sud-africain
envers la charge de travail académique, particulièrement la
répartition des divers aspects du travail universitaire, les
déterminants de la charge travail des enseignants, les
déterminants de la rémunération, l'objectif des programmes de
développement du personnel, ainsi que le processus de prise de
décision au sein des départements. Il étudie la façon dont la
recherche, l'enseignement, l'administration et les services sont
chacun sous l'influence de l'élément genre, mais également le
rapport de genre qui existe entre chacun de ces éléments. Les
résultats suggèrent qu'il existe de flagrantes différences entre
les femmes et les hommes par rapport à leurs opinions et leurs
perceptions du travail académique. Les femmes ont tendance à
émettre des réponses plus conditionnelles. Les résultats
révèlent cependant quelques incohérences et remettent en
question les attentes formulées par la littérature existante.
Par exemple, les femmes ne font pas état d'une discrimination
étendue concernant le processus de prise de décision au sein des
départements. Le but de cette recherche est de savoir si la
recherche par l'enquête parvient réellement à «puiser» les
informations révélées par la recherche qualitative.
New Frontiers of Exclusion: Private Higher Education and Women’s
Opportunities in Kenya
Ibrahim Ogachi Oanda*
Résumé
Au
cours de la décennie passée, l’enseignement supérieur kenyan a
été affecté par deux éléments majeurs : la semi-privatisation
des universités publiques et l’essor des universités privées.
Cette tendance à la privatisation de l’éducation universitaire
est dans la logique des politiques globales néo-libérales menées
par le Kenya dès 1986. Les politiques ont été vantées, entre
autres, pour leur capacité potentielle à offrir davantage
d’opportunités aux groupes jusque-là exclus. Au niveau de
l’enseignement supérieur, les universités et programmes privés
prétendent proposer davantage d’opportunités aux femmes ainsi
qu’une meilleure transition de l’université au monde du travail.
En effectuant une analyse précise, l’on réalise que ces
affirmations sont d’une validité restreinte. Au lieu d’agrandir
le champ d’opportunités des femmes, les universités privées
kenyanes ont tendance à créer de nouveaux et subtils domaines
d’exclusion. Cet article analyse la façon dont la logique ainsi
que le fonctionnement pratique des universités privées accentue
la marginalisation des femmes, en termes de politiques d’accès,
de culture académique et d’orientations disciplinaires.
Music Scholarship at Universities and the Relevance of the
Industrial Training Scheme in Nigeria
Emurobome Idolor
Résumé
Le
besoin d’un encadrement universitaire de meilleure qualité,
favorable au développement national, est l’aspiration de tout
individu et de toute société. Du fait des ressources économiques
de plus en plus maigres ou des priorités mal réparties, le
secteur de l’éducation des pays africains se retrouve
sous-financé et sous-équipé, y compris les départements de
musique. La conséquence en est que les efforts des
universitaires et étudiants des départements de musique se
retrouvent menacés par cet état de fait. Pourtant, l’industrie
musicale, à qui est destinée cette main-d’œuvre, se targue de
disposer d’infrastructures de pointe pour la composition, la
production, l’éducation, la diffusion, la publicité, la
performance et la technologie musicales. Ces ressources
matérielles constituent un énorme avantage pour le monde
académique musical, particulièrement si le Students Industrial
Work Experience Scheme (SIWES) est intégré au programme d’études
au niveau de toutes les universités africaines. L’expérience
adopté depuis 1996 par
la Delta State University,
Abraka-Nigeria, consistant à envoyer sur le terrain des élèves
du département de musique, lors des grandes vacances, à les
superviser et à leur permettre d’effectuer des comptes-rendus de
leur expérience, a permis entre autres de constituer un système
de feedback pour la recherche et la planification en matière de
programme, et amélioré la coopération entre le monde réel et le
monde universitaire dans le domaine de la pratique musicale.
Cela leur a également permis d’engranger des connaissances ainsi
qu’un savoir-faire d’actualité, qui leur manquaient jusque-là,
du fait des infrastructures inadaptées de leur département.