Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le d
éveloppement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais na Àfrica
مؤتمر مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Accueil  |  Recherche  |  Bourses, Formation et Subventions  |  Publication et Dissemination  |  CODICE
Actualité  |  Liens  |  Contacts  |  English

Information sur la Revue

Abonnement

Numéro courrant
Numéros précédents
Délais de soumission
Autres revues
Éditeurs
Recherche
 
Revue de l’enseignement supérieur en Afrique (RESA) / Journal of Higher Education in Africa (JHEA)

Volume 4, Numéro 1, 2006


Global Trends in Higher Education Reform: What Lessons for Nigeria?
‘Jimi O. Adesina*

Résumé

La crise qui a mis à terre le secteur de l’enseignement supérieur dans un grand nombre de pays en développement dès le milieu des années 70, était le symbole d’une crise socio-économique et politique profonde. Dans la plupart des pays d’Afrique, la crise de la balance des paiements est venue aggraver les relations déjà houleuses entre les dirigeants et le corps académique. Toujours est-il que les solutions apportées à la crise des années 80 ont été définies par l’esprit néo-libéral émergent. Il s’agissait là d’une certaine position idéologique qui considérait le corps académique comme une « classe de gauche adepte du loisir », ayant besoin de s’imprégner de la discipline du marché (libre). L’éducation en tant que bien public céda ainsi la place à une logique marchande. Cependant, l’impact de l’orthodoxie néolibérale sur le secteur de l’enseignement supérieur variait selon les pays. Dans les pays où la politique d’éducation était passée sous le contrôle direct des institutions de Bretton Woods, l’orthodoxie de ces institutions a rapproché au maximum ces politiques d’éducation de l’idéologie libérale. Dans un grand nombre de pays en développement, la marchandisation de l’accès à l’enseignement a eu un sévère impact sur les activités de recherche du secteur de l’enseignement supérieur, bouleversant ainsi les réalisations antérieures tendant vers l’endogénéité. Dans certains pays tels que le Nigeria, l’anti-intellectualisme persistant des dirigeants a contribué à intensifier la crise en cours. J’avance que cela est en net contraste avec l’expérience interne des pays de l’OCDE en matière d’enseignement supérieur, mais également avec leur engagement public envers la recherche et le développement.  Quelles leçons peut-on en tirer en ce qui concerne la réforme de l’enseignement supérieur au Nigeria ? Cet article expose trois points principaux. Le premier est que malgré les revendications néolibérales, les pays développés ont engagé une politique considérant l’éducation comme un bien public, et ont tendance à investir lourdement dans le secteur de l’enseignement supérieur, particulièrement dans le secteur de la recherche endogène et du développement. Deuxièmement, l’approche de la marchandisation de l’enseignement s’est révélée contre-productive, aussi bien à travers son mode de recrutement de ressources humaines qu’à travers son système de relations internes. Troisièmement, dans une telle situation de déclin prolongé, il convient de reconstruire non pas uniquement les infrastructures, mais également l’ethos et l’éthique même du monde académique.

Principles and Policies Guiding Current Reforms in Nigerian Universities
Peter Okebukola*

Résumé

Cet article tente d’analyser les principes ainsi que la politique guidant les réformes en cours au niveau du sous-secteur de l’enseignement supérieur au Nigeria. Il se présente en trois grandes parties. La première est un aperçu du système universitaire nigérian, et met en exergue ses problèmes et ses défis. La seconde examine les politiques et réformes ayant été introduites, dans le but de surmonter les défis et les problèmes auxquels est confronté le système universitaire nigérian dans un contexte mondial ; elle s’intéresse également aux principes guidant ces politiques et ces réformes. La troisième partie est une première tentative d’évaluation succincte des réussites et de la durabilité de ces réformes. Tout en gardant à l’esprit qu’on se situe à un stade très précoce, et que ces réformes profondes mettront du temps à réaliser les objectifs visés, j’avance cependant que ces dernières s’avèrent prometteuses. Grâce au programme de réforme, le système universitaire nigérian est sur le chemin de la renaissance après toutes ces années de négligence.

 Institutional Transformations and Implications for Access and Quality in Public and Private Universities in Kenya: A Comparative Study
James E. Otiende*

Résumé

Cet article discute des implications en matière d’accès et de qualité, de la rapide expansion et des transformations survenues au sein des universités africaines. Il s’inspire de l’exemple du Kenya, et examine les transformations ayant eu lieu dans un certain nombre d’institutions de l’enseignement supérieur, mais également au niveau de la diversité structurelle des programmes et des inscriptions universitaires. Du fait que les universités publiques sont confrontées à de multiples défis économiques, le système d’enseignement supérieur financé par les fonds publics est de plus en plus perçu comme étant un gouffre économique et un système à l’accès restreint, donc contraire aux principes d’équité et de qualité, du fait de sa dépendance envers les finances gouvernementales en constante diminution. Cet article restitue ce changement de mentalité dans le contexte de l’émergence du néolibéralisme en Afrique dans les années 80 et 90. Il affirme que ces changements, ainsi que la crise fiscale des pays africains ont accéléré le développement des universités privées en Afrique. Cette situation constitue un sérieux défi à la qualité des connaissances produites, ainsi qu’à l’enseignement dans les universités privées aussi bien que publiques. Afin de résoudre les problèmes d’équité et d’accès, cet article suggère la nécessité d’instaurer la multidisciplinarité, ainsi que la diversification des cours, de même qu’une amélioration de la gestion institutionnelle, une plus grande équité, ainsi qu’un contrôle et une évaluation de la qualité. L’article prône également une plus grande responsabilité institutionnelle à travers l’institutionnalisation du contrôle externe de qualité, ainsi que la rationalisation et la facilitation de la recherche. Le gouvernement devrait également assister les universités privées à recueillir le capital nécessaire à leur développement futur. 

Science and Education in Mexico: Lessons for Africa from the Transition from National Capitalism to the Crisis of Globalisation
Hugo Aboites

Résumé

Presque deux décennies se sont écoulées depuis que les gouvernements des pays latino-américains, africains et asiatiques ont été dupés par le capitalisme, en cherchant à conduire leurs populations vers la modernisation et la mondialisation. Le cas du Mexique est illustrateur de la façon et de la manière dont cette transition a eu lieu, des raisons de son échec et des perspectives alternatives émergentes. Cet article décrit la façon dont la science et l’éducation, y compris la recherche et les écoles, ont été mises à contribution, afin de jouer leur partition dans l’expérience du capitalisme national ; il décrit également la façon dont, lorsqu’elles ne comportent plus de mandant social clair, la science et l’éducation se mettent à flotter sans but sur les flots du marché, tels des sujets sociaux indépendants résultant des contradictions d’un modèle globalisant du développement capitaliste. J’ajoute plus loin que de récentes évolutions telles que le soulèvement zapatiste, dans l’état du Ciapas, au Sud, et ses implications, la création de nouvelles réponses à la mondialisation et la naissance de nouvelles organisations d’universitaires, d’étudiants et de travailleurs, contribuent à créer des espaces d’autonomie autrefois inconcevables. Je conclus en affirmant que la résistance aux forces néolibérales peut être soutenue de façon décisive par les forces sociales issues de la science et de l’éducation.

La crise de l’enseignement supérieur en Afrique francophone: une analyse pour les cas du Burkina Faso, du Cameroun, du Congo, et de la Côte d’Ivoire
Bethuel Makosso*

Résumé 

L’objet de cet article est de contribuer à la réflexion que nécessitent les nouvelles formes d’exigences qui remettent en cause les performances des universités africaines dès lors que celles-ci influencent autant le marché du travail que l’évolution des connaissances. En effet, la crise multiforme que connaît l’université africaine et qui concerne à la fois la pertinence, la qualité, la gestion et le financement de l’enseignement supérieur a engendré ces deux dernières décennies la dégradation des infrastructures et du milieu d’apprentissage, l’exode continu des cerveaux, le déclin de la recherche et l’amplification des conflits entre étudiants, syndicats des personnels et l’administration de l’enseignement supérieur. Cet article qui présente autant les caractéristiques que les causes de cette crise propose une esquisse de programme de refondation de l’université africaine qui devrait s’articuler autour des questions de l’intégration, de la pertinence et de la qualité.

L’Efficacité externe et l’équité d’accomplissement des diplômés sénégalais de l’enseignement technique supérieur Maïmouna Fadiga & Jean-Marie De Ketele

Résumé

La présente recherche est une étude portant sur l’évaluation de l’efficacité externe et de l’équité d’accomplissement des diplômés sénégalais sortis de l’École Normale Supérieure d’Enseignement Technique et Professionnel (ENSETP) de 1981 à 1994. Malgré de nombreux dysfonctionnements notés au niveau des systèmes éducatifs de la plupart des pays d’Afrique, l’enseignement technique et la formation professionnelle semblaient y constituer des voies de salut dans la dynamique de leur développement socio-économique. C’est à cet effet que l’ENSETP de Dakar a été mise sur pied dès octobre 1976 en vue d’assurer la formation des formateurs de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Toutefois, le contexte des programmes d’ajustement structurel (PAS) et de libéralisation est venu atténuer cet élan puisque les sortants de l’ENSETP (à l’instar de ceux de nombre d’écoles de formation) qui étaient embauchés dans la fonction publique ne le sont plus depuis 1995. L’objectif de cette étude vise donc, à travers une étude longitudinale et rétrospective, à fournir une réflexion approfondie sur les relations de causalité entre les formations dispensées à l’ENSETP et leur influence sur l’environnement socio-économique du Sénégal. Il s’agit de voir si les formations dispensées à l’ENSETP (et par conséquent les diplômes qu’elles délivrent) permettent à leurs titulaires de tirer des bénéfices cognitifs, sociaux, professionnels, personnels de nature à influencer le développement économique et social du pays. L’intérêt non moins important de ce travail est d’avoir consisté en une approche qualitative ; elle a ainsi permis de déceler des indicateurs qualitatifs permettant d’évaluer la qualité des ressources humaines et pouvant aider à une meilleure prise de décision.

  © Codesria.org. All rights reserved.