Volume
4,
Numéro
2, 2006
On
Student Access and Equity in a Reforming University:
Makerere in the 1990s and Beyond
Joy C. Kwesiga & Josephine Ahikire
Résumé
L’article analyse
les questions d’accès et d’équité dans un contexte de profondes
réformes, à l’Université de Makerere, en particulier, et dans le
système de l’enseignement supérieur ougandais, en générale,
depuis les années 90. Cette analyse essaie de définir
l’évolution de l’accès des étudiants dans le temps, en
établissant les éventuelles failles au niveau de la diversité de
condition des étudiants, incluant les éléments suivants :
l’emplacement, la classe, le genre. L’étude essaie également de
définir la réponse de l’État (université) face à cette diversité,
dans le contexte de réformes basées sur le marché. Le cœur de ce
programme de réforme est la réduction de l’engagement financier
de l’État envers l’enseignement supérieur et la mise en œuvre de
stratégies financières alternatives, notamment celles liées à
l’introduction du programme de sponsorat privé en 1992. Le
système du sponsorat privé a considérablement augmenté
l’admission d’étudiants payant leurs frais d’étude, et le nombre
total d’étudiants dans l’enseignement supérieur ougandais s’est
donc considérablement accrû. Cependant, ces acquis apparents en
termes d’accès à l’enseignement supérieur ont été obscurcis par
le faible niveau d’investissements utiles au niveau des
infrastructures, provoquant ainsi des problèmes de sureffectifs,
de charges d’enseignement excessives, de salles de cours
démesurées et de faible niveau général. L’étude examine
également la façon dont la dynamique gouvernementale/privée
intervient dans le contexte d’un système d’éducation extrêmement
fragile, dominé par des écoles urbaines, particulièrement celles
du sud du pays ; elle vise également à montrer comment les
différentes mesures de discrimination positive ont dans un
certain sens reproduit les privilèges sociaux et ceux de classe.
The University
as a Site of Knowledge: The Role of Basic Research
Chachage Seithy L. Chachage
Résumé
Cet article
procède à une extrapolation des tensions entre University of Dar
es Salaam Academic Staff Assembly (UDASA) et l’administration de
cette même université, afin de plaider pour la liberté
académique en Tanzanie en particulier et en Afrique, en général.
Il s’inspire également de deux déclarations clés concernant les
libertés académiques en Afrique : la Déclaration de Dar es
Salaam sur les libertés académiques et la responsabilité sociale
des universitaires (1990) ainsi que la Déclaration de Kampala
sur les libertés intellectuelles et la responsabilité sociale
(1991), dans le but d’évoquer le rôle de la recherche
fondamentale au sein de l’université, en tant que lieu de
production de la connaissance. L’auteur affirme que la quête
d’une certaine liberté académique ne conserve tout son sens que
si les universités renouvellent leur engagement envers le bien
public. Ce n’est qu’en méritant la confiance publique, en leur
qualité de tisserands de la toile sociale et de garantes des
grandes valeurs éthiques de l’humain que les universités
pourront réclamer leur position au sein de la société et du
monde, de façon plus large.
Academic Freedom, the Autonomy of
Institutions of Higher Education and the Social Responsibility
of Academics
Josaphat L. Kanywanyi
Résumé
L’article jette
un regard critique sur la « Déclaration de Dar es Salaam sur les
Libertés Académiques et la Responsabilité Sociale des
universitaires » (1990), afin de susciter un certain intérêt de
même qu’une discussion autour des dispositions de ladite
Déclaration. Pour que cette Déclaration puisse atteindre son
objectif, elle doit faire davantage que susciter simple débat
sur les libertés académiques et la responsabilité sociale des
intellectuels de façon générale, et sur un comportement
juridique permettant de cristalliser les perspectives politico-démocratiques,
en particulier. Pour être plus crédibles, les universitaires
doivent mener des actions plus concrètes dans l’intérêt des
libertés académiques et de la responsabilité sociale des
intellectuels.
Gender and Research Attainment in Nigerian
Agricultural Universities
Abayomi Oloruntoba & Michael Tunde Ajayi
Résumé
L’étude exploite
les résultats de recherche de 219 universitaires provenant de
trois universités agricoles nigérianes, afin de comparer le
genre et la réussite au niveau de la recherche. Les résultats
montrent que le niveau de réussite en termes de recherche est
légèrement plus élevé pour les chercheurs de sexe masculin que
pour ceux de sexe féminin. Les qualifications et le grade
académiques sont considérablement associés au genre et bien
qu’il n’y ait pas d’association significative entre le temps de
promotion et le genre, il a été constaté que les universitaires
de sexe masculin bénéficient d’un plus haut taux de publication
dans les revues et écrits de renommée. Il existerait également
une forte corrélation entre le genre et l’âge, la durée de
service et la représentation au niveau des instances dirigeantes.
Il existe davantage de membres des facultés de sexe masculin à
des postes élevés de direction, tandis que les femmes membres
des facultés occupent les positions intermédiaires ou
inférieures. Une politique de rationalisation de la répartition
de genre permettant d’assurer un certain équilibre de genre au
niveau du recrutement, de la formation et des opportunités de
recherche pourrait permettre aux femmes d’avoir un plus grand
accès aux postes jusque-là réservés à leurs collègues de sexe
masculin.
La dynamique de
l’enseignement supérieur privé au Cameroun
Roger Tsafack Nanfosso
Résumé
L’objectif de cet
article est d’analyser la dynamique de l’enseignement supérieur
privé au Cameroun, pour tenter de mettre en évidence ces
principales caractéristiques. Pour ce faire, j’analyse
l’évolution du fonctionnement des institutions d’enseignement
supérieur privées officiellement reconnues, et j’utilise la
statistique descriptive par le recours aux données officielles
disponibles. Le résultat obtenu permet de caractériser
l’enseignement supérieur privé au Cameroun par six traits
principaux, ayant successivement un rapport avec sa
structuration, son apport dans l’offre nationale de formation
supérieure, la création d’emplois, son mode de financement, les
taux d’encadrement des étudiants, et la question du partenariat
comme solution à l’essentiel de ses problèmes.