Council for the Development of Social Science Research in Africa
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Africa Zamani - A journal of African History

Nos. 11 & 12, 2003–2004 
Abstracts

 

Use of the Term ‘Empire’ in Historical Research on Africa: A Comparative Approach
Michal Tymowski 

Abstract

This paper explores the use of the term ‘empire’ in historical research on Africa to illustrate the problem of ‘comparability’ and the requirement for measurement and appropriateness of the ‘measurement language’. Taking the reader through a review of the literature, beginning with Maurice Delafosse's popularisation of the concept in his essays on ancient Ghana, Mali and Songhai in 1912 and climaxing with pointers in the multi-volume UNESCO General History of Africa in the late twentieth century, the author exposes the essential inconsistency in African and Africanist use of the term, ‘empire’, which inevitably crept into the study of African history in the heydays of ‘conceptual Eurocentrism’. He maintains that the usage of the term ‘empire’ in African historiography was employed due to the need to name those African states which were extensive territorially and multi-ethnically; and states designated ‘empires’ were characterised by certain elements of an imperial organisation rather than by a fully formed imperial system. And for analogues and comparisons, the form of dependence between the centre and the subordinated tribes and early states that developed in Africa reminds us rather of the relations existing on the other continents in the early stages of large state formation. Hence, the term ‘early empire’ seems more justified to describe these states in research on the history of Africa. The author calls for the need to conduct discussion, with the help of a comparative method, on the specific features of those ‘early empires’.

Résumé

Cet article étudie l'utilisation du terme «empire» dans la recherche historique sur l'Afrique, afin d'illustrer le problème de la «comparabilité» ainsi que le besoin d'un système de mesure et d'opportunité du  «langage de mesure». En transportant le lecteur dans une revue de littérature, qui commence par la popularisation de ce concept par Maurice Delafosse, dans ses essais sur les anciens empires du Ghana, du Mali et l'empire Songhaï, et aboutit à des indications figurant dans l'ouvrage multivolume de l'Unesco intitulé Histoire générale de l'Afrique vers la fin du 20e siècle, l'auteur présente la principale incohérence contenue dans l'usage du terme «empire» par les Africains et les africanistes, qui s'est inévitablement faufilée dans l'étude de l'histoire africaine, durant l'apogée de l'«eurocentrisme conceptuel». Il affirme que l'usage du terme «empire» dans l'historiographie africaine s'explique par le besoin de trouver une qualification à ces États africains qui présentait une certaine envergure sur le plan territorial et multiethnique. Ainsi, les États qualifiés d' «empires» étaient caractérisés par quelques éléments relevant de l'organisation impériale, plutôt que par un système impérial complet. En termes d'analogie et de comparaison, le type de dépendance qui existait entre le centre, les tribus sous domination et les premiers États qui se sont développés en Afrique rappelle davantage les relations existant au niveau des autres continents au tout début du processus de formation des grands États. Ainsi, le terme de «pré-empire» semble plus adapté pour décrire ces États en questions, dans le cadre de la recherche sur l'histoire de l'Afrique. L'auteur estime qu'il est nécessaire d'engager une discussion, à travers la méthode comparative, sur les caractéristiques spécifiques de ces «pré-empires».

Slavery as a Human Institution
John Edward Philips

Abstract

Scholars of slavery have long been divided between those who define slaves primarily as human property and those who define slaves primarily as kinless outsiders. This article reconciles these competing definitions by using the new understanding of definitions popularized by George Lakoff in his book Women, Fire and Dangerous Things. The two formal definitions that have been offered are really two sides of the same coin. Slaves in Africa were property because they were kinless outsiders, while slaves in the United States were kinless outsiders because they were property. Slaves in other societies also had this dual character as both property and kinless outsiders. Slavery is a human institution that began in the psychological dependence caused by the shame of kinlessness experienced by isolated individuals. It was thus a mechanism for the incorporation of new members into a society. It spread and developed in human societies, coming to have various extensions in different societies, but always so recognizably similar that slaves could easily be transferred between cultures that had very different understandings of slavery.

Résumé

Un clivage existe depuis longtemps chez les universitaires spécialisés dans l'étude  de l'esclavage, entre ceux qui définissent fondamentalement l'esclave comme une propriété humaine et ceux qui le considèrent essentiellement comme un être sans attaches familiales. Cet article réconcilie ces deux définitions concurrentes en recourant à la nouvelle conception de définitions popularisée par George Lakoff dans son ouvrage Women, Fire and Dangerous Things. Ces deux définitions proposées sont comme bonnet blanc et blanc bonnet. En Afrique, les esclaves étaient considérés comme une propriété, parce qu'il s'agissait d'individus sans attaches familiales, tandis qu'aux Etats-Unis, les esclaves étaient des individus sans attaches familiales, justement parce qu'ils étaient la propriété d'autres personnes. De même, dans d'autres sociétés, les esclaves présentaient également cette double caractéristique d'être à la fois propriété et personnes sans attaches familiales. L'esclavage est une institution humaine née de la dépendance psychologique provenant du sentiment de honte d'être dépourvu d'attaches familiales, honte ressentie par certains individus. Il représentait ainsi un mécanisme d'intégration de nouveaux membres au sein de la société. Il s'est étendu et s'est développé au sein des sociétés humaines, à travers diverses ramifications, qui présentaient cependant de fortes similitudes, à tel point que les esclaves étaient aisément transférables d'une culture à l'autre, cultures qui présentaient pourtant des conceptions très différentes de l'esclavage.

Embattled Identity in Northeast Africa: A Comparative Essay
Bahru Zewde

 Abstract

The Northeast African sub-region has been ridden with inter-state and intra-state conflicts since the beginning of the second half of the last century. And most of those conflicts have their roots in the clash of identities. In the pre-colonial period, language and religion constituted the major expressions of identity. While Ethiopia and the Sudan evolved as a mosaic of diverse linguistic and religious groups, Somalia was characterized by relative homogeneity. Colonial rule created sharply defined international boundaries and partitioned some populations among two or more states. This state of affairs gave rise to irredentist movements, the most prominent two manifesting themselves in Eritrea and Somalia. Irredentism was abetted by the British policy of Greater Somalia, which led to a period of armed confrontation between Ethiopia and Somalia. Conversely, in the Sudan, the British followed a deliberate policy of separating the South from the North; this was one of the factors behind the eruption of the civil war in the Sudan. While colonial rule might have sown the seeds for the numerous conflicts that have plagued the sub-region in the post-colonial period, the situation was aggravated by the assimilationist and integrationist ambitions of hegemonic regimes and the inability of liberation movements to aspire beyond the narrow confines of self-determination. The future salvation of the sub-region seems to lie in the fostering of genuinely pluralistic societies that recognize the merits of multiple identities and aspire for a sub-regional confederation rather than the continued veneration of the nation-state.

Résumé

La sous-région du Nord-Est africain est accablée par les conflits inter- et intra étatiques depuis le début de la seconde moitié du siècle passé. La plupart des conflits trouvent leurs origines dans le clash des cultures. Au cours de la période pré-coloniale, la langue et la religion constituaient les principaux moyens d'expression identitaires. Tandis que l'Ethiopie et le Soudan se présentaient comme une mosaïque de groupes linguistiques et religieux, la Somalie, elle, était caractérisée par une relative homogénéité. Le gouvernement colonial a ensuite créé des frontières internationales précises et réparti certaines populations entre deux ou plusieurs états. Cette situation a donné naissance à des mouvements irrédentistes, dont les deux plus visibles se manifestent en Érythrée ainsi qu'en Somalie. L'irrédentisme a été soutenu par la politique britannique autour de la Grande Somalie, qui a conduit à une période de confrontation armée entre l'Érythrée et la Somalie. Au Soudan, les Britanniques ont délibérément mené une politique de séparation du Nord et du Sud, ce qui représente aujourd'hui un des facteurs de déclenchement de la guerre civile au Soudan. Le système colonial a certes semé les graines de la multitude de conflits qui ont accablé cette sous-région durant la période post coloniale, mais cette situation a également été aggravée par les ambitions assimilationnistes et intégrationnistes de régimes hégémoniques, et par les mouvements de libération qui n'aspirent à rien d'autre qu'à l'autodétermination. Le salut de cette sous-région semble se trouver dans le développement de sociétés véritablement pluralistes, reconnaissant les valeurs de la multi-identité et aspirant à une confédération sous-régionale, plutôt qu'à une vénération continuelle de l'État-nation.

De la question nationale en Afrique noire
Pierre Kipré

Résumé

Je tente de montrer ici, à travers le cas de l'Afrique de l'Ouest, les principales phases d'un processus et d'une problématique de la formation des nations en Afrique. Trois phases apparaissent : la phase des «mondes nationaux» (de la fin du XVIIIe siècle aux années 1870–1880), puis celle de la construction des États-nations (de 1870–1880 à 1980) selon un schéma introduit par la colonisation européenne, soit par classification ethnique (ère coloniale) soit par «homogénéisation»  volontariste et autoritaire des populations, sans participation du citoyen; enfin, depuis la fin des années 1980, on a probablement une nouvelle phase, celle des «nations emboîtées», avec la permanence de l'idéal panafricain que voudrait traduire l'idée d'intégration régionale.

Abstract

I am trying to show, through a case study of West Africa, the major phases of the nation building process and problematic in Africa. There are three distinct phases: that of the ‘national worlds’ (from the late 18th century to the 1880s–1980s), that of the building of nation states (from 1870–1880 to 1980), based on a pattern that was introduced by the European colonisation, focusing, either on ethnic classification (colonial era), or on a voluntarist and authoritarian ‘homogenisation’ of people, without any citizen participation. Finally, from the late 1980s on, a new phase, that of the ‘interlocked nations’, appeared with the permanence of the Pan African ideal, expressed through regional integration.

Anglo-Saxonism and Gallicism in Nation Building in Africa: The Case of Bilingual Cameroon and the Senegambia Confederation in Historical and Contemporary Perspective
Nicodemus Fru Awasom

Abstract

This article is a comparative study of the impact of the colonial presence in nation building in Africa. The author argues that the colonial presence created identity markers and mindsets which sometimes facilitated but most of the time complicated the nation-building endeavours of African statesmen. The inherited Anglo-Saxon values and Gallic legacies in bilingual Cameroon on the one hand, and Senegal and The Gambia, which is located inside its belly, on the other hand, pose problems in different ways. In the case of Cameroon, the Anglo-French partition of the territory, which was originally a German protectorate, was transcended by the political elite of the two territories to achieve a reunified sovereign state in 1961 owing to a common German colonial past that generated a historical memory of one Cameroon. But Anglophone-Francophone differences in postcolonial Cameroon pose nation-building problems. In the case of Senegal and The Gambia, the British recommended close union between the two states for purposes of economic viability. But the colonially inherited values of the two states supplanted their common African ethnic bonds and militated against political integration. Thus, in both Cameroon and the Sene-Gambia, English and French colonial values constitute identity markers that pose a great challenge to nation building.

Résumé

Cet article est une étude comparative sur l'impact de la présence coloniale dans le processus de construction de la nation en Afrique. L'auteur affirme que la présence coloniale a contribué à la création de marqueurs identitaires et de mentalités spécifiques qui ont parfois facilité, mais également le plus souvent, compliqué les efforts de construction de la nation par les hommes d'État africains. Les valeurs anglo-saxonnes et gauloises héritées par les populations de l'État bilingue du Cameroun, d'une part, et d'autre part, par celles du Sénégal et de la Gambie, une enclave du Sénégal, posent des problèmes à divers niveaux. Dans le cas du Cameroun, la division anglo-française du territoire, qui était à l'origine un protectorat allemand, a été transcendée par l'élite politique de ces deux territoires, qui ont ainsi été fusionnés en un seul état souverain en 1961, du fait d'un passé colonial allemand commun, ce qui a permis de constituer la mémoire historique commune du Cameroun ainsi réunifié. Cependant, les différences entre Anglophones et Francophones, dans le Cameroun postcolonial posent diverses questions liées à la construction de la nation. Dans les cas du Sénégal et de la Gambie, les Britanniques avaient recommandé une étroite union entre les deux états pour atteindre une certaine viabilité économique. Toutefois, les valeurs coloniales héritées par ces deux pays ont vite supplanté les liens ethniques communs entre ces deux états et constitué un frein à l'intégration politique. Ainsi, aussi bien au Cameroun qu'en Sénégambie, les valeurs coloniales anglaises et françaises constituent des marqueurs identitaires solides posant un réel défi à la construction de la nation.

The Taiping and the Aladura: A Comparative Study of Charismatically Based Christian Movements
David Lindenfeld

Abstract

The paper utilizes the comparative method to work towards an understanding of cross-cultural religious interactions that eschews the distinction between so-called traditional and world religions. It highlights the importance of charismatic authority based on prophetic vision in two disparate geographical and cultural contexts. Both the Taiping Rebellion (1851–64) and the Aladura churches in southwestern Nigeria in the early twentieth century represented adaptations of Christianity to local circumstances. Although the Aladura churches did not have the politically subversive impact of the famous Chinese rebellion, their popularity as movements of prayer and healing reveal a similar dynamic: of leadership based on visions and extraordinary states of consciousness; rivalries for power based on competing visions; and strategies of routinizing charisma through institutions and Biblical texts. Both movements exhibited a concentration of spirituality, expressed in anti-idolatry and a quest for purity, that mobilized energies and led to dramatic change. Jung's theory of withdrawal of projections may better describe this process than Weber's theory of disenchantment.

Résumé

Cet article utilise la méthode comparative pour une meilleure compréhension des interactions religieuses interculturelles contournant la classique distinction entre les religions traditionnelles et les religions du monde. Il met en lumière l'importance de l'autorité charismatique basée sur une vision prophétique, dans deux différents contextes géographiques et culturels. La rébellion de Taiping (1851–64) et les églises Aladura du sud-ouest du Nigeria, au début du vingtième siècle symbolisaient l'adaptation de la religion chrétienne aux réalités locales. Bien que les églises Aladura n'aient pas eu le même impact politique subversif que la célèbre rébellion chinoise, leur popularité en tant que mouvements de prière et de guérison révèle une dynamique similaire : celle d'un leadership basé sur des visions et un état de conscience extraordinaire, mais également sur des rivalités de pouvoir basées sur des visions opposées. Ces deux mouvements ont fait preuve d'une certaine concentration de spiritualité, qui s'est manifestée à travers l'anti-idolâtrie et la quête de pureté, qui a mobilisé les énergies et conduit à des changements profonds. La théorie du retrait de la projection, formulée par Jung, décrit mieux ce processus, que la théorie du désenchantement de Weber.

Pentecostal Challenges in Africa and Latin America: A Comparative Focus on Nigeria and Brazil
Olufunke Adeboye

Abstract

Latin America and Africa are among the continents that have experienced a Pentecostal explosion within the last half century. In fact, each of the case studies for this paper, Nigeria and Brazil, has a very vibrant and visible, though small, Pentecostal component in its population. This paper compares the contemporary challenges faced by Pentecostals in both countries, and argues that these challenges, to a large extent, are reflective of wider socio-political and economic issues faced by the nations as they grapple with the realities of nation building and related economic issues. A visible impact of this on the Pentecostal movement in both nations is a gradual reduction in the 'other-worldly' focus that had characterized earlier manifestations of Pentecostalism; and a corresponding rise in the engagement with temporal or 'this-worldly' concerns. It is in this sense that the shift from classical or traditional Pentecostalism characterized by the holiness doctrine, to what has been dubbed 'neo-Pentecostalism', characterized, among other things, by the 'prosperity gospel' becomes understandable. In these two countries, there also appears to be an unrelenting negotiation between Pentecostals, who espouse the biblical position of spiritual warfare and deliverance on the one hand, and their respective traditional cosmologies, which emphasize the role of spiritual agents on the other hand. Despite the differences in the socio-political contexts and historical backgrounds of the two countries, it is remarkable that similar processes are discernible in the transformation of the Pentecostal movement and the reaction it has engendered in the larger society.

Résumé

L'Amérique Latine et l'Afrique font partie des continents ayant connu une véritable explosion pentecôtiste au cours de la dernière moitié du siècle. En réalité, chacune des études de cas de cette contribution, en l'occurrence le Nigeria et le Brésil, dispose d'une communauté pentecôtiste très dynamique et très visible au sein de sa population. Cet article compare les défis contemporains auxquels sont confrontés les Pentecôtistes dans ces deux pays, et soutient que dans une large mesure, ces défis reflètent des questions sociopolitiques et économiques plus vastes surgissant en même temps que le processus de construction de la nation et d'autres questions économiques connexes, comme en attestent, la réduction progressive de l’«intemporel» qui caractérisait les premiers temps du pentecôtisme, et l'engagement croissant pour les choses temporelles ou «de ce monde». C'est dans ce contexte que l'on doit situer l'évolution du pentecôtisme classique ou traditionnel caractérisé par la doctrine de la sainteté, à ce que l'on a surnommé le «néo-pentecôtisme», caractérisé, entre autres, par le «prosperity gospel» (l'évangile de la prospérité ). Dans ces deux pays, il semble également y avoir une négociation acharnée chez les Pentecôtistes, qui épousent la position biblique relative à la guerre et à la délivrance spirituelles, d'une part, et les cosmologies traditionnelles respectives de ces derniers, qui mettent l'accent sur le rôle des agents spirituels, d'autre part. Malgré les différences de contexte sociopolitique et historique de ces deux pays, il est impressionnant d'observer que des processus similaires sont en train de s'y dérouler, au niveau de la transformation du mouvement pentecôtiste et de la réaction que ce dernier a engendrée au sein de la société.

Maritime Policy and Economic Development: A Comparison of Nigerian and Japanese Experiences since the Second World War
Ayodeji Olukoju

Abstract

It is now generally recognized that the maritime sector could, if properly harnessed, play a critical role in the development of regional, national and global economies. This is in view of the growth-pole potentials of ports and ancillary industries. Although a comparison of Japan, a leading global power, and Nigeria, a vastly underachieving African country, might sound far-fetched, the effort is rewarding, as shown in this article, for its implications for public policy formulation and implementation. This paper attempts a comparison of the evolution and implementation of policies relating to the development of ports, the mercantile marine and port industries in both countries. Focusing on the roles of the government and the private sector, it locates the discussion in a wider, global comparative context. The prospects and challenges of regional development through the agency of the maritime sector in both Nigeria and Japan are considered in the light of such concepts as 'maritime industrial development areas (MIDAs)' and 'developer ports'. Pertinent lessons in comparative history and public policy analysis are highlighted in the paper, which has benefited from primary research in both countries.

Résumé

Il est à présent largement reconnu que s'il était bien exploité, le secteur maritime pourrait jouer un rôle crucial dans le développement des économies régionales, nationales et globales, au vu du riche potentiel que représentent les ports et les industries secondaires. Même si la tentative de comparaison entre le Japon, une grande puissance mondiale, et le Nigeria, un pays africain qui a grand peine à se développer, semble pour le moins exagérée, l'effort en reste tout de même gratifiant, comme le montre cet article, du fait de ses implications sur le plan de la formulation et de l'application de politiques publiques. Cet article tente de mener une comparaison de l'évolution et de l'application de politiques liées au développement portuaire, ainsi qu'à la marine marchande et aux industries portuaires de ces deux pays. En se basant sur le rôle du gouvernement et du secteur privé, cette contribution situe le débat dans un contexte international et comparatif plus large. Les perspectives et les défis de développement régional par l'intermédiaire du secteur maritime, au Nigeria et au Japon, sont considérés à travers ces concepts comme correspondant aux «zones maritimes de développement industriel» et aux «ports de développement». Cet article formule des leçons pertinentes en matière d'histoire comparative et d'analyse de politique publique, et s'est inspiré de la recherche fondamentale dans ces deux pays.

Commentary: A Comparison of Comparisons
Patrick Manning


Abstract

This commentary on the articles collected in this issue confirms that they illustrate effectively the main approaches to historical comparison for Africa in recent centuries. The essay reaffirms A.I. Asiwaju's introductory statement of the crucial importance of comparative work in advancing studies of African history, and amplifies this argument by asserting that comparative and global frameworks each have their place, and that each can be employed as a tactic or strategy in historical analysis. The discussion continues with exploration of three articles that explore the rules for and results of historical comparison; three articles comparing cases that overlap and interact with each other; and three articles comparing discrete cases. The essay concludes by summarizing the ways that the comparisons, in the various studies, have clarified narratives and have documented historical processes. Overall, it appears, the articles are effective in showing how comparisons can advance understanding of what Professor Asiwaju has called 'the history of man in Africa'.

Résumé

Ce commentaire des articles contenus dans ce numéro spécial confirme qu'ils illustrent bien les principales approches aux comparaisons historiques en Afrique, ces derniers siècles. Cette contribution réaffirme les propos de A.I. Asiwaju sur l'importance critique du travail comparatif pour les études de l'histoire africaine, et développe cet argument en suggérant que les cadres comparatif et global jouent chacun leur rôle analytique, et que chacun peut être employé comme tactique ou stratégie d'analyse historique. La discussion continue avec l'exploration de trois articles qui concernent les règles et les résultats de la comparaison historique ; trois articles comparant des cas empiétant l'un sur l'autre, et interagissant l'un avec l'autre ; et enfin, trois articles comparant des cas distincts. L'essai conclut en résumant la façon dont les comparaisons de ces études ont permis de clarifier des récits et documenté des processus historiques. Enfin, les articles montrent bien la façon dont les comparaisons permettent d'avoir une meilleure compréhension de ce que le professeur Asiwaju appelle «l'histoire de l'homme en Afrique».

 

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