Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Migrations et tensions sociales dans le sud du Mali

Bakary Camara, Bakary F. Traoré, Bréma E. Dicko et Moro Sidibé. Migrations et tensions sociales dans le sud du Mali. Dakar, CODESRIA, 2011, rapports de recherche n° 9, 99 p.

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Suite au phénomène de l’appauvrissement des populations, la rareté des terres
cultivables et la manipulation des élites politiques et intellectuelles, la crise
ivoirienne a éclaté le 19 septembre 2002. Malgré le ralentissement du flux
migratoire par la crise économique des années 1980 et 1990, le nombre de
maliens en Côte d’Ivoire au début des hostilités est évalué à près de 2 000
000. Une partie de ces migrants revenaient souvent au Mali pour y investir ou
pour rendre visite à des parents restés au village. Suite à la conjoncture
économique depuis les années 1980 et à l’exacerbation des hostilités contre
la communauté dioula, la communauté malienne en Côte d’Ivoire n’était plus
la bienvenue. Après l’éclatement du conflit ivoirien, les ressortissants maliens
ont été victimes de xénophobie, d’arrestations arbitraires, d’exécutions sommaires et de spoliation de leurs biens à Abidjan, Daloa, Bouaké et d’autres
localités de la Côte d’Ivoire, provoquant ainsi le déplacement de milliers de
rapatriés vers le Mali. Cette situation constitue une nouvelle forme de
« migration » ou de mobilité au Mali. Par ailleurs, depuis bien avant le conflit
ivoirien, les conflits libérien et sierra-léonais avaient provoqué un important
mouvement migratoire de réfugiés vers le Mali qui a contribué à la prolifération
des armes légères et créé une situation d’insécurité dans ce pays.

La présente étude ne s’intéresse pas spécialement au conflit ivoirien, elle étudie
plutôt ses conséquences socioéconomiques sur le Mali. Elle analyse uniquement
le rapatriement en masse des immigrés maliens de Côte d’Ivoire suite au conflit
ivoirien et la problématique de leur réinsertion dans le tissu économique malien.
Bakary Camara est enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences juridiques et
politiques de l’Université de Bamako. Il est affilié à « Point Sud—Centre de Recherche sur le Savoir Local » à Bamako depuis 2005. Ses recherches récentes sont essentiellement basées sur la gestion des conflits, les politiques foncières, la démocratie, la décentralisation et le pluralisme juridique en Afrique de l’Ouest.

Cette publication est un rapport de recherche produit pour le Consortium for Development Partnerships (CDP) conjointement coordonné par la Northwestern University (USA) et le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), pendant sa première phase (2004-2008). La deuxième phase (2009-2012) est coordonnée par le CODESRIA et le Centre d’Études africaines de Leiden (Pays-Bas). Le Secrétariat et la gestion du programme CDP sont actuellement assurés par le CODESRIA.

Les auteurs

Bakary F. Traoré est socio–anthropologue. Il est inscrit en DEA (Master II) en Sciences juridique et politiques à l’Université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal.

Bréma E. Dicko est anthropologue. Il travaille sur sa thèse de Doctorat en Anthropologie à l’Université Paris VII (France).

Moro Sidibé est sociologue. Il est chercheur à l’Institut d’Economie Rurale (IER) du Ministère de l’Agriculture du Mali.

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