Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Institut sur la Justice Economique 2017 . Justice économique en Afrique : changement climatique, inégalités et développement

Date limite de candidature : 10 avril 2017

Nombre de visites : 2676

Date : 15 Juin – 25 Juin 2017
Lieu : Maputo, Mozambique

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) lance un appel à candidatures pour son institut « Justice économique et changement climatique en Afrique » qui se tiendra à Maputo, Mozambique du 15 au 25 juin 2017 sur le thème général : « Justice économique en Afrique : changement climatique, inégalités et développement ». Cet appel s’adresse aux universitaires et chercheurs des universités et centres de recherche africains ainsi qu’aux acteurs et activistes de la société civile travaillant dans les domaines du changement climatique, de la justice sociale et économique, de la gouvernance des ressources, des droits de propriété, de la marchandisation et de l’extension des marchés, de la justice climatique, de l’agriculture et autres questions liées au développement durable. Cette session fait suite à celle tenue du 7 au 18 septembre 2015 à Durban (Afrique du Sud), en partenariat avec OSISA sur le thème « Justice économique en Afrique : mondialisation, État et société civile ».

Le CODESRIA est une organisation de recherche panafricaine créée en 1973 dont l’objectif général est la promotion des travaux des chercheurs africains en sciences sociales. Le principal mandat du CODESRIA est de promouvoir la recherche en sciences sociales en Afrique en vue de produire des connaissances qui améliorent la compréhension des dynamiques sociales et des transformations structurelles en Afrique et dans le monde qui nous entoure, et informent les politiques et l’action sociale. Le CODESRIA y procède par l’appui à la recherche menée par les individus et les réseaux sur des priorités thématiques identifiées et l’organisation des instituts et ateliers méthodologiques. Le thème de cet institut s’inscrit dans le plan stratégique 2017-2021 du CODESRIA intitulé « Vers de nouvelles frontières dans la recherche sociale et la production des connaissances pour la transformation et le développement de l’Afrique ».

Les turbulences susceptibles d’être déclenchées par les effets négatifs du changement climatique, en particulier dans les communautés pauvres, font actuellement l’objet d’un vaste débat. L’on néglige souvent l’assertion que ces communautés pauvres doivent, dans les politiques d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, résister aux intérêts du capital sur leurs droits de survie. Il est admis que le changement climatique est une question cruciale pour l’Afrique et constitue, en effet, une menace majeure pour les économies africaines au XXIème siècle. Cependant, comme les autres débats sur les dimensions du développement du continent, les réponses proposées en matière d’adaptation au changement climatique et d’atténuation masquent souvent de plus grands déséquilibres de pouvoir entre pays développés et pays en voie de développement, centre et périphérie, et que l’intérêt du capital prime souvent sur celui des communautés rurales pauvres, même lorsque ces intérêts s’inscrivent dans le cadre de politiques nationales de développement.

L’Accord de Paris, conclu le 12 décembre 2015 et adopté par toutes les 196 parties signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, engage tous les pays à œuvrer à limiter la hausse de la température mondiale. Cet Accord exige de toutes les parties la mise en œuvre des meilleures politiques d’atténuation et d’adaptation, à travers des « contributions déterminées au niveau national » (CDN), et qu’elles renforcent ces mesures dans les années à venir. Cependant, trois questions controversées demeurent peu claires. La première concerne la stratégie des « responsabilités communes mais différenciées » sans laquelle la Convention n’aurait jamais été adoptée par les pays nouvellement industrialisés comme la Chine et l’Inde. Dans le cadre de cette stratégie, ces pays, classés comme étant en développement, bénéficient d’une autorisation explicite d’accorder la priorité à la croissance économique sur la réduction des émissions.

La deuxième question concerne le financement dudit accord. Le principe des « responsabilités communes mais différenciées et de capacités respectives » exige des pays développés la mise à disponibilité de ressources financières pour aider les pays en développement à mettre en œuvre les objectifs de l’Accord. Cependant, en vertu du « texte décisionnel », cet aspect de l’Accord n’est pas juridiquement contraignant.

La troisième question concerne le degré de mise en œuvre de l’accord aux niveaux mondial et local de manière à respecter « les principes de justice et d’équité ». Dans son préambule, l’accord stipule que les changements climatiques étant un sujet de préoccupation pour l’humanité toute entière, les Parties, lorsqu’elles prennent des mesures face à ces changements, devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives en matière de droits de l’Homme, de droit à la santé, de droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable et le droit au développement, ainsi que l’égalité des genres, l’autonomisation des femmes et l’équité entre les générations. Cependant, les mécanismes d’application ne sont pas clairs. Du point de vue de la différenciation sociale, les pauvres du monde entier, en particulier les femmes et les enfants, sont particulièrement vulnérables au changement climatique, mais sont moins à même de faire face à ses impacts, qu’ils vivent dans des pays en développement ou développés.

Pour cet institut, le CODESRIA sollicite des propositions fondées sur une approche ethnographique et une approche d’économie politique permettant de disséquer les rencontres mondiales et locales des discours et conceptions des politiques sur le changement climatique et ce que cela représente pour les populations pauvres marginalisées en Afrique.

Les notes conceptuelles ou les propositions soumises devront transcender les discussions générales sur le changement climatique pour examiner comment les « économies » du changement climatique englobent les inégalités économiques et environnementales ; et explorer les liens entre les politiques climatiques et les questions de pauvreté, de santé et de justice sociale. L’objectif général de cet institut est de favoriser « une compréhension commune des approches alternatives de développement durable et de fournir des outils analytiques permettant aux chercheurs, aux acteurs et activistes de la justice sociale et économique d’interpréter les conditions réelles d’une manière rigoureuse ». Les objectifs spécifiques sont les suivants :

• Soutenir le développement des connaissances et des compétences nécessaires pour faciliter le changement et le développement durable inclusif en Afrique et approfondir la réflexion critique des acteurs, activistes et principaux décideurs politiques autour des questions d’actualité sur le changement climatique, la justice sociale et les inégalités ;
• Renforcer l’interaction et l’engagement entre les universitaires et les réseaux de base travaillant dans le domaine du changement climatique, de la justice sociale et des questions liées aux inégalités en Afrique.

Les procédures de candidature

Les dossiers de candidature doivent comprendre :
1. Une lettre indiquant votre affiliation institutionnelle ou organisationnelle ;
2. Un curriculum vitae ;
3. Une note conceptuelle de cinq pages comprenant le titre, un bref aperçu de la relation entre le domaine de recherche du/de la candidat(e) et, la problématique et les préoccupations soulevées par le thème de l’Institut sur la Justice économique ; un aperçu de l’article que le/la candidat(e) a l’intention de développer après l’institut pour publication et une indication de la façon dont les questions soulevées dans le concept se croisent avec le sort des communautés marginales dans les « programmes d’adaptation et d’atténuation du changement climatique ».
4. Deux (2) lettres de référence provenant de chercheurs ou de militants connus pour leur compétence et leur expertise dans le domaine de recherche du/de la candidat(e), y compris leurs noms, adresses et adresses électroniques.

Date limite de candidature

Le dernier délai pour la soumission des dossiers de candidature est le 10 avril 2017. Les candidats sélectionnés seront informés avant le 28 avril 2017.

Soumission des candidatures

Toutes les demandes de candidature devront être envoyées uniquement par courrier électronique en format Word, à l’adresse suivante :
economic.justice@codesria.sn

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Economic Justice Institute
CODESRIA
Avenue Cheikh Anta Diop x Canal IV
BP 3304, CP 18524, Dakar, Senegal
Tel. : (221) 33 825 98 21/22/23
E-mail : economic.justice@codesria.sn




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