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12 June 2012
Cheikhna Aliou Diagana

Distress at the University of Mauritania

Title in original language: Malaise au sein de l’université mauritanienne

The University of Mauritania has been going through repetitive academic and social crises for several years now. Undoubtedly, such types of crises have wider implications not only for the university but also for the Mauritanian communities al large. What happened on January 30, 2012 testified the continuity of malpractices and serious violations of academic freedom. When Union activists demonstrated by demanding increments in grants and clarification on the conditions for access of the LMD system that was implemented recently and that they believe was detrimental to graduates of the old system, they were severely repressed by riot police. The university authorities ordered the police to use whatever means necessary to disperse the people who occupy the place. Many targeted arrests have also been recorded. The militarization of the university and the many arrests that followed suit were further escalated when the students demonstrated further, demanding the release of their imprisoned comrades. They were deeply saddened by the reactions of the university administration that used various means of exclusion and encouraged arrests, torture and militarization of the university. The disappearance of the Secretary-General of the University Union, Mr. Bakary Bathily, about four months ago has further aggravated the already tense situation in the university campus.

Depuis plusieurs années maintenant, l’université mauritanienne nage dans des eaux troubles avec la multiplication des crises aux contours politiques. L’année 2012 a cependant été le point d’orgue et le paroxysme de ces graves atteintes aux libertés académiques. Nombreux sont les syndicats d’obédiences différentes a avoir exprimé leur ire lors de manifestations qui ont souvent été réprimées dans la violence par la police anti-émeute avec des moyens pas du tout orthodoxes pour des étudiants qui ne demandent autre que leurs droits les plus élémentaires, à savoir l’augmentation de leurs bourses et la clarification des conditions d’accès du système LMD mis en vigueur depuis peu et qui portait préjudice aux diplômés de l’ancien système. Il y’a prés de 6 mois, les grognes ont commencé à monter crescendo et les étudiants ont commencé à adopter le même langage. L’on assistait à presque toutes les semaines à des manifestations et des boycotts de cours qui ont contribué largement à la paralysie du système universitaire. Certains syndicats pointent du doigt l’administration académique et le ministère de l’enseignement d’avoir, en connivence avec l’Etat, de vouloir politiser la question en soutenant des syndicats qui leur seraient idéologiquement proches au détriment d’autres. Créant par la suite un climat délétère entre les principaux syndicats qui a à son tour favorisé parfis un terreau fertile aux antagonismes les plus fous au sein des étudiants.

Cependant, tous les efforts consentis par les autorités impliquées pour « désamorcer la bombe » n’ont pu empêcher l’explosion de ce feu couvé depuis fort longtemps. La manifestation du 30 janvier dernier a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Un simple groupement d’étudiants brandissant des pancartes à coups de slogans revendicatifs, comme on en voit presque toutes les semaines, s’est vu grossir au moment de son évolution, bloquant toutes grandes artères reliant l’université. La police entre en jeu, à coups de gaz lacrymogènes et de tirs de balles en caoutchouc pour essayer de disperser la foule. La guerre se poursuit dans la présidence de l’université, dans laquelle les étudiants avaient déjà érigé une tente pour la circonstance. Acculés, ils changeront de stratégies et décideront d’y rester et de continuer leurs combats. C’est sans compter sur le cynisme des autorités étatiques qui ordonnèrent les policiers d’investir les lieux et de sortir les étudiants par la force. Après quelques heures de combats, les policiers réussirent à neutraliser le mouvement dans la plus violente des manières. De nombreuses arrestations ciblées furent constatées. Cette militarisation de l’université ainsi que les nombreuses arrestations ont donné une ampleur telle que les jours qui ont suivi furent plus houleux avec des manifestations d’étudiants réclamant la libération de leurs camarades et condisciples arrêtés dont certains déjà en prison. Les étudiants arrêtés au nombre de 16 personnes, dont 6 filles ont subi tous les moyens coercitifs de la police pour leur faire porter le chapeau des soulèvements universitaires. Après plusieurs semaines de tracasseries, certains d’entre eux furent libérés et d’autres ont été exclus soit provisoirement, soit définitivement de l’université par le Conseil de discipline. Ce qui continue d’alimenter les milieux politiques et universitaires à la veille des assises générales de l’éducation qui se profilent à l’horizon.

Dans un communiqué paru aujourd’hui même à alakhbar.info, un site en ligne, la SNEM(Syndicat National des Etudiants Mauritaniens) la décision « illégitime et illégale » du Conseil de discipline de l’université de Nouakchott « d’avoir exclu et refusé d’intégrer l’ensemble des étudiants. Et se dit « profondément attristés eu égard aux réactions de l’administration universitaire qui, face aux revendications syndicales estudiantines n’a comme moyen de communication avec les syndicats que l’exclusion, les arrestations, les tortures et la militarisation de l’université ! » Le syndicat des étudiants se dit surtout inquiet de la « disparition de Bakary Bathily », son secrétaire général, depuis quatre mois et l’indifférence des autorités face à ce problème. Ils tiennent enfin l’administration universitaire comme « seule responsable des anomalies et échecs qui pourraient résulter des examens de fin d’année en préparation dans les différentes facultés ».

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