Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Institut sur le genre du CODESRIA 2014 : Genre et Foncier

Date limite : 5 Avril 2014

Nombre de visites : 3941

Date : 16 au 27 juin 2014
Lieu : Dakar, Sénégal

Appel à candidatures

Le CODESRIA organise, depuis 1994, un institut sur le genre qui réunit, chaque année, entre 12 et 15 chercheurs pendant 3 semaines de débats intenses, de partage d’expériences et de construction de savoir. La durée de l’institut est de deux semaines maintenant. Visant à ses débuts la promotion d’une conscience généralisée du genre dans la communauté de recherche en sciences sociales, l’institut a, par la suite, été organisé autour de thèmes spécifiques destinés à renforcer l’intégration de l’analyse de genre dans la recherche en sciences sociales en Afrique et à favoriser l’émergence d’une communauté de chercheurs dans le domaine des études sur le genre.

Organisation

Les activités de tous les instituts du CODESRIA sont basées sur des présentations faites par des chercheurs africains, des personnes ressources du continent et de la diaspora et des participants dont les candidatures ont été sélectionnées. Les sessions sont dirigées par un directeur scientifique qui, avec le soutien de personnes ressources, s’assure qu’un large éventail de recherches et de questions politiques sont exposés aux lauréats. Chaque lauréat doit rédiger un article découlant d’un travail de recherche destiné à être présenté au cours de la session. La version révisée de l’article fera l’objet d’une évaluation par les pairs en vue d’une publication par le CODESRIA. Le Centre de documentation et d’information du CODESRIA (CODICE) mettra à la disposition des participants une bibliographie complète se rapportant au thème de l’institut. Les participants auront également la possibilité d’accéder à un certain nombre de centres de documentation situés à Dakar et dans ses environs. L’institut sur le genre du CODESRIA se tiendra en français et en anglais par le biais d’un système de traduction simultanée.

Thème de l’édition 2014 de l’Institut du genre

Pour l’édition 2014, le CODESRIA a retenu la thématique « Genre et Foncier ». Le contexte international et l’intérêt que nombre d’acteurs (pays développés et puissances émergentes, institutions multilatérales et partenaires au développement) portent au continent africain donnent une résonnance particulière à l’ampleur et à la célérité de l’accaparement des terres qui est sans doute l’un des phénomènes les plus marquants de l’hégémonie néo-libérale en ce 21ème siècle. Les crises alimentaires, l’exploitation de ressources minières, forestières et pétrolières, le développement de l’agro-business, la variété des autres menaces sur les terres cultivables ont fini par fixer l’attention sur la terre qui fait vivre plus de 70% de la population africaine et revêt une importance capitale pour les économies africaines. Ce phénomène d’acquisition des terres à grande échelle (ATGE), légitimée par l’idée d’une grande disponibilité de surfaces cultivables (10 millions de surface de terres irrigables en Afrique de l’Ouest dont 10% seulement mis en valeur), est considéré par certains comme la troisième ruée vers la terre, après la première consécutive à la colonisation et la seconde liée à la libéralisation économique des années 80. La globalisation a eu un impact réel sur les sociétés africaines, surtout celles rurales, avec une exacerbation croissante des inégalités, des changements inédits impliquant la terre, ses acteurs, nouveaux et anciens, ses usagers et propriétaires, ainsi que l’économie et le mode de vie qui se construisent autour. Ressource centrale pour la vie et la survie des populations du fait de la nature essentiellement agraire des activités de subsistance, la terre demeure un espace de définition des identités, un lieu d’ancrage des coutumes et traditions, un vecteur pour la construction des rapports sociaux de sexe et de pouvoir pour des populations africaines de plus en plus intégrées dans l’économie mondiale.
Les femmes représentent un poids non négligeable de la main d’œuvre agricole et constituent une ressource plus que vitale au niveau de la production des cultures vivrières. Malgré tout, les procédures d’exclusion résultant de certaines formes de socialisation ont conforté l’idée d’une « fabrique sociale de l’exclusion des femmes de l’accès aux ressources foncières » à laquelle le pluralisme normatif n’a pas mis un terme. En effet, si dans certains pays africains l’égal accès à la terre est prôné parfois par les lois positives, voire par la constitution, les pratiques foncières coutumières et le système patriarcal de propriété foncière continuent encore à avoir un impact sur la gouvernance, et surtout à réguler l’usage, l’héritage et la propriété relatifs aux ressources foncières. L’effectivité de ce pluralisme normatif combinée à la crise sociale, économique, voire parfois politique à laquelle font face les sociétés africaines a, d’une certaine manière, contribué à amplifier la précarité et la vulnérabilité des communautés locales, des jeunes et surtout les femmes, avec la charge disproportionnée des activités de reproduction sociales ou du travail domestique qui reposent sur ces dernières.
Les politiques publiques initiées au niveau local avec des réformes structurelles très souvent liées au foncier et au code des investissements répondent plus à un besoin de mieux connecter les économies nationales au capital international. La volonté de capter les investissements directs étrangers au niveau des Etats africains a d’une certaine manière éroder leur propre souveraineté. La libéralisation et la privatisation qui en ont résulté ont impulsé à l’intérieur des sociétés africaines des mutations avec de nouvelles formes de socialisation ayant un impact direct sur les relations de genre, affectant de manière significative la vie des femmes, surtout celles rurales, tout en les initiant à des nouvelles formes d’adaptation et créativité dans leur vie de tous les jours. Différentes formes de combats et différents mécanismes politiques et juridiques ont été initiés par les femmes dans leur quête de citoyenneté pour des conditions de vie durables et décentes, pour l’équité de genre dans l’accès, le contrôle et la propriété de la terre.
La littérature atteste d’une attention des chercheurs pour la question foncière ; toutefois les dernières investigations montrent que cette question a été examinée séparément de celle du travail, ce qui n’a pas permis la prise en charge de leurs interconnexions. L’ambition de l’institut est d’aller dans le sens de ces interconnections pour bien appréhender les relations entre le foncier et le genre tout en intégrant les relations de travail. Comment les différentes contraintes qui ont pesé sur le foncier ont eu des répercussions sur les inégalités de genre dans l’accès, le contrôle et la propriété de la terre ; par ailleurs, comment cela a aussi affecté les relations de travail surtout dans la structuration des moyens de subsistance du point de vue du genre ? Quel a été l’impact des dynamiques globales, des politiques publiques et de décentralisation sur la gouvernance foncière et sur l’accès des femmes à la ressource foncière ? Ces politiques ont-elles été des mécanismes performants pour la justice sociale et l’équité de genre dans la distribution des ressources foncières ? Quels instruments juridiques ont été mis en place au niveau local, sous régional et régional pour faire face aux inégalités de genre liées à la terre et comment ces instruments ont été utilisés par les femmes dans leurs postures d’adaptation et dans les ripostes qu’elles initient pour plus d’équité ? Comment les questions relatives à la thématique genre et foncier participent-elles à la démocratisation du débat public en Afrique ? Quels éclairages les sciences sociales et les théories existantes apportent-elles à la relation entre genre et foncier ? Quels paradigmes, concepts et théories pour questionner les connexions entre genre et foncier en Afrique ?
L’institut sur le genre de 2014 s’est fixé un triple objectif.
1. L’institut vise à exposer les lauréats, d’une part, aux concepts et outils méthodologiques en études des femmes et du genre, aux méthodes de la critique féministe et de l’analyse de genre ;
2. d’autre part, aux débats dans une perspective du genre sur des questions relatives au thème de l’institut : Genre et Foncier ;
3. enfin à développer une perspective critique sur les rapports entre genre et foncier.

Le directeur de l’institut

L’institut du genre 2014 sera dirigé par Zenebework Tadesse Marcos, l’une des plus éminentes spécialistes africaines du genre. En tant que directrice de l’institut, Zenebework Tadesse Marcos aura à assurer les tâches suivantes :
• Participer à la sélection des lauréats ;
• Aider à identifier des personnes ressources appropriées ;
• Interagir avec les personnes ressources et les lauréats pour une bonne préparation de l’Institut ;
• Concevoir les cours de la session, y compris la spécification des sous-thèmes ;
• Faire une série de conférences et mener une analyse critique des articles présentés par les personnes ressources et les lauréats ;
• Rédiger et soumettre un rapport scientifique sur la session.

Le directeur devra (co-)éditer les versions révisées des communications présentées par les personnes ressources durant l’Institut en vue de les soumettre pour publication par le CODESRIA.

Les personnes ressources

Les exposés présentés dans le cadre de l’Institut devront offrir aux lauréats l’occasion d’approfondir leurs réflexions sur le thème retenu. Les personnes ressources doivent, par conséquent, être des universitaires ou des chercheurs confirmés qui ont beaucoup publié sur le sujet, et qui ont une contribution importante à apporter aux débats. Elles devront produire des supports écrits qui inciteront les lauréats à engager la discussion et le débat sur leur exposé ainsi que toute la documentation disponible sur le thème.
Une fois sélectionnées, les personnes ressources doivent :
- Interagir avec le Directeur de l’Institut et les lauréats afin d’aider ces derniers à réajuster leurs questions de recherche et leur approche méthodologique ;
- Soumettre un exemplaire de leurs supports de cours pour reproduction et distribution aux participants au plus tard une semaine avant la présentation de leurs exposés ;
- Présenter leurs exposés, participer aux débats et commenter les propositions de recherche et les articles des lauréats ;
- Revoir et soumettre la version révisée de leurs notes de cours ou leurs articles de recherche pour publication par le CODESRIA au plus tard deux mois après leur présentation dans le cadre de l’Institut.

Les lauréats

Les candidats doivent être des étudiants déjà inscrits en thèse et travaillant sur cette thématique ou des universitaires en début de carrière, ayant une capacité prouvée à faire de la recherche sur le thème de l’Institut. Les intellectuels actifs dans le processus politique et/ou dans les mouvements sociaux et les organisations de la société civile sont également encouragés à se porter candidats. Le nombre de places offertes par le CODESRIA pour chaque session est limité à quinze (15). Les chercheurs non-africains qui peuvent financer leur participation peuvent également faire acte de candidature sous réserve des places disponibles.

Les dossiers de candidature

Les dossiers de candidature des personnes ressources doivent comprendre :
1. Une demande de candidature ;
2. Un curriculum vitae ;
3. Deux (2) textes publiés sur la thématique ;
4. Une proposition de cinq (5) pages au plus, décrivant les questions qui seront couvertes dans leurs trois (3) exposés dont un portant sur les questions de méthodologie.

Les dossiers de candidatures des lauréats doivent comprendre :
1. Un formulaire de candidature dûment rempli ;
2. Une lettre de motivation ;
3. Une lettre attestant de l’affiliation institutionnelle ou organisationnelle ;
4. Un curriculum vitae ;
5. Une proposition de recherche de dix (10) pages, comprenant une analyse descriptive du travail que le candidat veut entreprendre, un résumé exposant l’intérêt théorique du thème choisi par le candidat, ainsi que les relations entre le sujet et la problématique et les centres d’intérêt pris en compte par le thème de l’Institut 2014 ;
6. Deux (2) lettres de référence provenant d’universitaires ou de chercheurs connus pour leur compétence et leur expertise dans le domaine de recherche du candidat (du point de vue géographique et concernant la discipline), avec leurs noms, adresses, numéros de téléphone et/ou de fax et adresse électronique.

Date limite de soumission

La date limite de soumission des candidatures est fixée au 5 avril 2014. Les lauréats seront informés du résultat du processus de sélection au plus tard à la fin du mois d’avril 2014. Le mois de mai pourra ainsi être utilisé pour mener à bien un travail de terrain et/ou recueillir de l’information pour les projets de document de recherche à présenter lors de l’Institut. Chaque projet de document de recherche devra être soumis au CODESRIA au plus tard le 1er juin 2014. Les lauréats seront appelés à travailler sur ce document (et non sur le résumé de la proposition) et le préparer pour publication au cours de l’Institut.
Veuillez noter que toute candidature déposée sans le formulaire de candidature sus-indiqué sera automatiquement disqualifiée.

Date et lieu

L’institut se déroulera du 16 au 27 juin 2014 à Dakar (Sénégal). Toutes les candidatures devront être envoyées à l’adresse suivante :

CODESRIA
Institut sur le Genre
Avenue Cheikh Anta Diop X Canal IV
B.P. 3304, CP 18524, Dakar, Sénégal
Tél. (221) 33 825 98 21/22/23 - Fax : (221) 33 824 12 89
E-mail : gender.institute@codesria.sn or gender.institute@codesria.org
Site web : http://www.codesria.org

février 17 2014



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