Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Rapport de la conférence : jeunesse, mouvements sociaux et réseaux sociaux en Afrique

Tunisie – Tunis, 4-5 août 2014

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RÉSUMÉ

En partenariat avec la Faculté des sciences sociales de l’Université de Tunis, le
CODESRIA a organisé les 4 et 5 août 2014 à Tunis une conférence internationale sur le thème : Jeunesse, réseaux sociaux et mouvements sociaux en Afrique. Cette conférence a réuni des chercheurs, des universitaires et des personnes issues de la société civile en provenance de divers pays africains pour réfléchir sur les enjeux et les défis qui interpellent la jeunesse africaine d’aujourd’hui. Ces enjeux et défis portent notamment sur le rapport de la jeunesse africaine à l’usage des TICs, son implication dans les mouvements et réseaux sociaux, sa dynamique d’action citoyenne et de participation politique, son processus de réinvention identitaire, sa prise de position dans les débats publics. Les communications présentées ont ainsi permis de faire ressortir le profil diversifié de cette jeunesse, de même que d’aborder d’autres questionnements liés à la sexualité et à l’intimité.

INTRODUCTION

Dans le cadre de son Programme sur les Études sur l’Enfance et la Jeunesse, le
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) a organisé du 4 au 5 août 2014 à l’Hôtel Belvédère de Tunis, une conférence internationale sur Jeunesse, mouvements sociaux et réseaux sociaux en Afrique. Cette conférence s’inscrit dans le cadre des efforts du CODESRIA pour outiller les chercheurs et les intellectuels africains intéressés par les études sur l’enfance et la jeunesse d’une plate-forme de création, de discussion et de diffusion des travaux théoriquement innovants et empiriquement bien informés sur les enfants et les jeunes du continent.

En effet, depuis la fin de la guerre froide qui a consacré le triomphe de la démocratie
libérale et de l’économie de marché capitaliste, l’Afrique est le théâtre de grands remous et d’importants bouleversements qui ont un impact considérable sur la jeunesse. La démocratisation, la décentralisation, les privatisations et les libéralisations tous azimuts, inaugurées ou imposées et, souvent imparfaitement maîtrisées, ont eu pour effet de reconfigurer le paysage sociopolitique, économique et culturel dans l’État postcolonial. Il s’en est suivi la montée fulgurante de nouveaux espaces d’expression et de contestation à caractère national, transnational voire infranational.

Dans cette perspective, les jeunes, à travers les réseaux et les mouvements associatifs, ont influencé bon nombre de ces processus. Ceux-ci, comme un effet boomerang, ont à leur tour un impact sur la façon dont ils redéfinissent leur trajectoire existentielle pour (re)donner sens à leur vie. Ces processus de redéploiements massifs de la jeunesse africaine en quête d’une nouvelle façon d’être, de se comprendre, de se regarder, ainsi que sa manière d’interagir avec elle-même et la société qui l’entoure, se sont accrus avec l’avènement des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Dès lors, il est démontré que la vie associative des jeunes, l’activisme et les modes de représentation de soi sur le continent africain sont particulièrement influencés par la révolution mondiale des TICs. Une telle révolution aurait accru l’arsenal que la jeunesse déploie pour créer des espaces pour son auto-actualisation et la gouvernementalité de soi. Cette idée semble se renforcer par le fait que, outre les dangers auxquels elles exposent les jeunes africains (activités criminelles nationales et transnationales, cybercriminalité, cyberpornographie, etc.), les technologies de l’information et de la communication sont des outils modernes de véhicule des informations, de communication, de propagande et de mobilisation inédits que la jeunesse africaine explore et exploite avec succès. Loin d’être une consommatrice passive des TICs et autres médias sociaux, la jeunesse africaine contribue, de
façon active, aux innovations matérielles et logicielles, le but étant de créer de nouveaux modes d’organisation et de regroupement associatifs en réseaux qui réunissent différents éléments issus des dynamiques locales, nationales, transnationales, infranationales ou globales.

Ce sont ces réseaux et mouvements sociaux jeunes que le CODESRIA, avec la
conférence de Tunis, a entrepris de mettre en étude. L’objectif est de parvenir à leur
intelligibilité à travers un espace de problématisations multidisciplinaires qui se démarquent des approches substantivistes et fixistes pour mettre en avant les processus, la dynamique de la jeunesse, son ouverture et son exploitation imaginative de plusieurs courants et de multiples façons de se représenter le monde. En privilégiant l’approche comparative et l’exploitation des données empiriques, elles-mêmes encadrées par une théorisation pertinente, il s’agit de parvenir à une meilleure lisibilité de ce groupe social qui reconfigure nos sociétés et les rapports intergénérationnels.

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janvier 14 2015



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