Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Institut sur la gouvernance démocratique Session 2020 : Appel à candidatures de directeur, personnes-ressources et lauréats

Thème : Gouvernance de la société civile africaine dans un contexte de rétrécissement des espaces civiques

Dates limites d’inscription :
Directeur : 30 avril 2020
Personnes-ressources : 30 avril 2020
Lauréats : 15 mai 2020

Date de l’Institut : 13-24 juillet 2020
Lieu : Dar es Salam, Tanzanie

Nombre de visites : 0

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) invite les candidatures d’universitaires, d’acteurs de la société civile et de chercheurs dans les universités africaines, les organisations de la société civile et les institutions de recherche à la session 2020 de l’Institut sur la gouvernance démocratique, prévu du 13 au 24 juillet 2020 à Dar es Salam, Tanzanie. Un nombre limité d’universitaires et de chercheurs non africains de l’intérieur et de l’extérieur du continent dont les propositions seront acceptées et sélectionnés pourront, s’ils sont en mesure de financer leur participation, participer à l’Institut.

Le thème choisi pour la session 2020 de l’Institut sur la gouvernance démocratique est « Gouvernance de la société civile africaine dans un contexte de rétrécissement des espaces civiques  ». Le choix du thème est renseigné par le nécessaire examen intellectuel des tendances qui réduisent les espaces d’engagement civique sur le continent. L’idée de « gouvernance de la société civile africaine » telle qu’elle est formulée ici appelle ceux qui soumettent des propositions à aborder le thème sur trois fronts. Le premier front porte sur les actions officielles ou non officielles entreprises par les gouvernements pour exclure les espaces civiques et saper la légitimité des organisations de la société civile. Nous espérons que les candidats en exploreront la signification pour le travail de la société civile en particulier, et pour les citoyens démunis qui bénéficient des interventions de groupes de la société civile. Le deuxième front vient des organisations de la société civile elles-mêmes, quant à leurs structures internes et à leurs formes d’engagement qui pourraient saper leur crédibilité, et fournir des arguments aux gouvernements désireux de restreindre les espaces d’engagement civique. Le troisième front est prospectif et a pour objectif d’examiner les moyens d’une meilleure organisation de la société civile afin de protéger l’intégrité de ses engagements et élargir les espaces d’engagement civique.

Au cours des deux dernières décennies, les gouvernements africains, travaillant de manière indépendante ou profitant des tendances économiques dominantes tirées par des acteurs externes, se sont attelés à réduire les espaces d’engagement civique. Un rapport de Freedom House (2019) renseigne qu’au cours des 15 dernières années, 12 pays africains ont adopté des lois ou politiques qui « encadrent » les organisations de la société civile ; six pays ont des lois anti société civile en attente d’introduction, et six autres ont introduit des mesures qui ont été abandonnées par le pouvoir exécutif, rejetées par le législatif, ou invalidées par les tribunaux. En tous les cas, les lois et mesures visaient à habiliter les États à légalement contrôler le travail de la société civile, en particulier dans le domaine des droits de l’homme et de l’engagement civique. D’autres gouvernements ont eu recours à des actions extrajudiciaires, notamment la violence, le chantage, la cooptation et le soutien manifeste d’OSC contrôlées par le gouvernement, souvent financées par des sources externes ayant un intérêt à contrôler les gouvernements contre les intérêts plus larges des citoyens. Quelle que soit la stratégie, l’objectif général est de délégitimer la société civile et l’engagement civique comme espace citoyen légitime, et de décrédibiliser les sphères civiques autonomes qui peuvent activer et canaliser les intérêts et demandes des citoyens.

Cette situation n’est pas spécifique à l’Afrique. À l’échelle mondiale, les gouvernements adoptent de plus en plus de lois qui reprennent des espaces d’action civique jusque-là disponibles. La montée des populismes intolérants en Amérique du Nord et en Europe a contribué au constant déclin des valeurs démocratiques dans le monde entier, et menacé la survie des institutions libérales à l’avant-garde des mouvements de la société civile à l’échelle mondiale. Les gouvernements africains qui tentent de fermer les espaces d’activisme civique le font donc confortablement et sachant que globalement, leurs actions trouveront une résonance positive auprès des principaux acteurs qui, auparavant, soutenaient les actions de la société civile. Dans certains cas, des ambassadeurs de pays du Nord se sont déployés localement pour plaider pour des partenariats bilatéraux et multilatéraux pour la croissance économique, qu’ils jugent incompatibles avec les exigences de la société civile locale de libertés fondamentales de parole, de réunion et de circulation.

Au milieu des assauts gouvernementaux, les organisations de la société civile sont également confrontées à des défis de gouvernance interne qui atténuent leur capacité à faire face aux menaces des gouvernements. Cela a pris diverses formes. Dans certains pays, des organisations de la société civile favorables au gouvernement sont alimentées et encouragées. Ces organisations fonctionnent de manière à légitimer les positions du gouvernement et agissent comme une force pour le statu quo au lieu de le contester. Dans d’autres cas, apparaissent des schismes notables entre les organisations traditionnelles de la société civile et les groupes plus récents rompus aux médias sociaux, qui les utilisent comme nouveau moyen d’activisme civique. Dans d’autres, le fossé entre droits de l’homme, gouvernance de la société civile et développement de la société civile est encouragé. C’est une réalité que dans certains pays, des blogueurs financés par des politiciens utilisent les médias sociaux pour saper le travail d’autres institutions civiques. Dans de tels cas, les gouvernements déterminés à entraver le travail de la société civile utilisent ces stratagèmes pour désamorcer tout programme de transformation de l’activisme civique, créant ainsi des doutes sur les bénéfices que les communautés pourraient tirer des engagements civiques. Lorsque les institutions de la société civile commencent à avoir des défis internes de gouvernance et de responsabilité, elles sapent les idées libérales pour la protection desquelles elles ont été créées, et deviennent des proies faciles pour les politiciens.

L’Institut offrira aux candidats sélectionnés la possibilité de réfléchir plus largement à la signification du déclin des valeurs libérales pour l’engagement civique. L’accent est mis sur l’assaut naissant des gouvernements sur l’espace civique en général, et sur la société civile en particulier. L’Institut devrait fournir une cartographie des différentes stratégies déployées par les gouvernements pour fermer les espaces civiques, mais il sera tout aussi important que les propositions examinent les nouveaux outils dont ont besoin les organisations de la société civile pour réinventer l’activisme et le plaidoyer, en particulier dans la lutte contre les inégalités de toutes les formes qui perpétuent la non autonomisation des personnes et des communautés. Plus précisément, l’Institut reliera ces préoccupations sur l’engagement civique aux questions de genre, en se concentrant plus spécifiquement sur la situation des femmes et des filles, et sur leurs manières différentes de vivre la restriction des espaces civiques et la limitation de leur engagement. Il est reconnu que l’engagement dans les espaces civiques est avant tout sexospécifique et le rétrécissement de cet espace a une forte propension à accroître la marginalisation des filles, des femmes, des minorités sexuelles et des personnes exclues des droits économiques. Enfin, les propositions devront étudier la question de comment les organisations de la société civile doivent traiter les questions relatives à leurs structures de gouvernance interne afin de renforcer leur légitimité et de créer des coalitions solides pour sauvegarder leur valeur auprès des citoyens, surmonter les restrictions mises en place par des gouvernements intransigeants, et élargir l’espace et la légitimité de l’engagement civique local.

Les candidatures de directeur, personnes-ressources et lauréats sont encouragées à interroger plus largement le thème tel que formulé dans la discussion précédente, en mettant l’accent sur l’approfondissement des connaissances théoriques et des données empiriques disponibles.

Organisation

Les activités de tous les instituts du CODESRIA sont organisées autour des présentations de chercheurs africains, des personnes-ressources et les participants dont les candidatures ont été sélectionnées. Les sessions sont dirigées par un Directeur qui, avec l’aide des personnes-ressources, veille que les lauréats sont exposés à un large éventail de documents de recherche et de pensée politique. Chaque lauréat est tenu de préparer un document de recherche qui sera présenté au cours de l’Institut. La version révisée de ce document de recherche sera soumise à l’évaluation par les pairs pour éventuelle publication par le CODESRIA. Le Centre de documentation et d’information du CODESRIA (CODICE) mettra à la disposition des participants une bibliographie exhaustive sur le thème de l’Institut. L’Institut se tiendra en anglais et en français grâce à l’interprétation simultanée.

Eligibilité et sélection

Le Directeur

Le Directeur de l’Institut devra être un universitaire senior et apporter le leadership scientifique de l’Institut. Le Directeur devra également avoir une expertise prouvée, une profondeur intellectuelle et une réflexion originale sur le thème de l’Institut telles que démontrées par ses recherches et publications. Dans le cadre du processus de candidature, les personnes intéressées devront fournir une proposition de 15 pages abordant généralement le thème de l’Institut et un plan de cours sur dix jours indiquant les principaux sujets à couvrir avec les lauréats de l’Institut.

Les candidatures au poste de directeur sont composées comme suit :

  • une lettre de candidature ;
  • une proposition d’au plus 15 pages, contenant le plan du cours et expliquant en quoi le cours est original et adapté aux besoins des futurs lauréats, en mettant spécifiquement l’accent sur les questions conceptuelles et méthodologiques à traiter, un examen critique de la littérature et de l’éventail des questions soulevées par le thème de l’Institut ;
  • un curriculum vitae détaillé et à jour ; et
  • trois échantillons d’écrits en rapport avec le thème de l’Institut.

Le Directeur coéditera les versions révisées des articles présentés par les personnes-ressources et les lauréats avec pour objectif de les soumettre au CODESRIA pour publication.

Les Personnes-ressources

Les cours dispensés par les personnes-ressources pendant la session auront pour objectif d’offrir aux lauréats l’opportunité de faire évoluer leurs réflexions sur le thème de l’Institut et sur leur propre recherche. Les personnes-ressources doivent donc être des chercheurs séniors ou à mi-carrière ayant largement publié sur le thème de l’Institut, et ayant une importante contribution à apporter aux débats. Ils devront produire des supports de cours qui serviront de sujets de réflexion et inciteront les lauréats à participer aux discussions et aux débats autour des conférences et de la littérature générale disponible sur le thème. Ils contribueront également à la bibliographie exhaustive développée par le CODICE.

Une fois sélectionnées, les personnes-ressources devront :

  • soumettre une copie de leurs exposés pour reproduction et distribution aux participants au plus tard une semaine avant la date de début du cours ;
  • leurs cours, participer aux débats et commenter les propositions de recherche des lauréats ;
  • et soumettre une version révisée de leurs documents de recherche pour évaluation par le CODESRIA aux fins de publication au plus tard deux mois après leur présentation.

Les candidatures de personne-ressource comprendront :

  • une lettre de candidature ;
  • deux échantillons d’écriture en rapport avec le thème de la session ;
  • un curriculum vitae ; et
  • une proposition d’au plus cinq (5) pages, décrivant les questions traitées par l’exposé proposé.

Les Lauréats

Les candidats doivent être des chercheurs africains ayant terminé leur formation universitaire et/ou professionnelle et ayant une capacité prouvée de mener des recherches sur le thème de l’Institut. Les candidatures d’intellectuels impliqués dans le processus politique et/ou dans les mouvements sociaux/organisations civiques sont également encouragées. Le nombre de places offertes par chaque session des instituts du CODESRIA est limité à quinze (15). Les chercheurs non africains en mesure de réunir les fonds nécessaires à leur participation peuvent également candidater pour un nombre limité de places.

Les candidatures de lauréats comprendront :

  • une lettre de candidature ;
  • une lettre indiquant leur affiliation institutionnelle ou organisationnelle ;
  • un curriculum vitae ;
  • une proposition de recherche, comprenant une analyse descriptive du travail entrepris par le candidat, un aperçu de l’intérêt théorique du sujet choisi par le candidat, ainsi que le lien entre ce sujet et la problématique et les préoccupations du thème de l’Institut ; et
  • deux lettres de référence provenant d’universitaires et/ou de chercheurs reconnus pour leur compétence et leur expertise dans le domaine (géographique et disciplinaire) de recherche du candidat, avec leurs noms, adresses et numéros de téléphone, de courriel.

Un comité indépendant composé d’universitaires dans le domaine thématique sélectionnera les candidats qui seront admis à l’Institut.

Tous les éléments des candidatures (de directeur, personnes ressources et lauréats) devront être postés sur la plateforme de soumission à l’adresse https://codesria.org/submission/?lang=fr




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